Accueil  |   Aide spirituelle  |   Archives  |   Emmaüs  |   Jardin  |   Liens  |   Prière  |   Notre équipe  |   Nous écrire  |   Nous aider

SERVICE CATÉCHÉTIQUE EMMAÜS

8 septembre 2005

L'Église est le Temple de Dieu dans le Saint-Esprit

Le temple signifiait pour le monde antique le lieu de la présence agissante de Dieu dans le monde. Il faut remarquer que pendant longtemps, Israël ne posséda aucun temple fixe en un lieu déterminé; Dieu était présent au milieu de son peuple qui cheminait à travers le désert. C'est ainsi que le Nouveau Testament peut, lui aussi, désigner l'Eglise entière ou la communauté locale comme temple et lieu de la présence de Dieu et de Jésus-Christ. Car, là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux (Mt 18,20). L'Eglise ne signifie donc pas d'abord un bâtiment de pierres mortes, mais un édifice spirituel, fait de pierres vivantes, dont la pierre d'angle est Jésus-Christ (cf. l P 2,4-5).

La présence de Dieu et de Jésus-Christ se réalise dans le Saint-Esprit. Par le Saint-Esprit, nous devenons le peuple de Dieu de la nouvelle alliance (cf. Jr 31,31-33; Ez 11,19-20; 36,26-27). Par l'unique Esprit, nous devenons aussi un seul corps dans le Christ (cf. l Co 12,13-14). C'est ainsi que Paul peut dire:

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est saint et ce temple, c'est vous (l Cor 3,16-17; cf. 2 Cor 6,16; Ep 2,21).

Si la structure extérieure de l'Eglise est le temple et la demeure du Saint-Esprit, on peut dire aussi que le Saint-Esprit est pour l'Eglise ce qu'est l'âme pour le corps humain, c'est-à-dire qu'il constitue le principe de vie de l'Eglise (Augustin; cf. LG 7). Celle- ci doit vivre du Saint-Esprit et se renouveler constamment en lui. C'est lui qui la rajeunit en permanence et lui confère sans cesse une nouvelle fécondité et une nouvelle force de vie. Il la garde dans la vérité (cf. Jn 14,26; 16,13-14; DV 7-9); il la conduit sur le chemin de la mission (cf. AG 4); il la sanctifie, elle et tous ses membres (cf. LG 39-40).

En particulier, le Saint-Esprit est le principe qui réalise l'unité de l'Eglise à travers la diversité de ses dons (cf. l Co 12,4-31 a; Ep 4,3, etc.; LG 12; UR 2). L'abondance et la richesse des dons de l'Esprit font partie de l'essence de l'Eglise. Car l'Eglise vit de la plénitude de l'Esprit, qui souffle où il veut (cf. Jn 3,8). Cela montre qu'on ne peut pas fabriquer de toutes pièces l'Eglise et le renouveau ecclésial; on ne peut pas non plus les programmer ni les organiser systématiquement.

Ce qui est décisif dans l'Eglise est ce dont l'homme ne peut disposer à sa guise. C'est pourquoi l'Eglise doit sans cesse demander dans la prière l'Esprit qui la vivifie, la rajeunit et lui fait porter des fruits.Sur la nature et l'effet des dons de l'Esprit (ou charismes) circulent bien des idées erronées. Beaucoup pensent qu'il s'agit avant tout de dons extraordinaires comme des extases, des visions, des miracles, des prophéties, des discours en langues, etc. Mais Paul cite aussi parmi les charismes le discours de sagesse ou de science (cf. l Co 12,8), ainsi que l'activité des apôtres, des prophètes, des catéchistes et encore d'autres tâches de direction, d'enseignement et d'assistance (cf. l Co 12,28).

A un autre endroit, Paul cite également le célibat parmi les dons de l'Esprit, et ajoute; Mais chacun reçoit de Dieu un don particulier, l'un celui-ci, l'autre celui-là (l Co 7,7). Ce qui importe finalement, c'est que les dons spirituels, tant ordinaires qu'extraordinaires, servent à l'édification de la communauté (cf. l Co 12,7; 14,5.12.26) et s'inscrivent dans la cohérence profonde de la foi commune de l'Eglise (cf. Rm 12,6).

Certains pensent que les dons extraordinaires auraient été réservés aux premiers temps de l'Eglise. Ils oublient qu'en tout temps, les saints ont reçu des dons extraordinaires, par lesquels ils étaient appelés à témoigner publiquement, au nom des autres, de la puissance et de la force vivifiante de l'Esprit dans l'Eglise.

De nos jours, le renouveau charismatique a contribué à réveiller la conscience de la permanence des dons de l'Esprit. D'autre part, tout en respectant le voeu de Paul: N'éteignez pas l'Esprit (l Th 5,19), il ne faut pas surestimer les charismes. Aux Corinthiens comblés de dons par l'Esprit, l'Apôtre indique une voie supérieure qui dépasse tous les charismes: la charité, qu'il célèbre avec une éloquence presque lyrique (cf. l Co 13). La charité est le premier et le plus grand des fruits de l'Esprit (cf. Ga 5,22).

Charismes et ministères ne s'opposent pas les uns aux autres; ils peuvent et doivent se compléter mutuellement. Les ministres de l'Eglise ne doivent pas revendiquer pour eux seuls le privilège des charismes, mais les charismes qui surgissent spontanément ne sauraient s'opposer, s'ils sont authentiques, aux ministères permanents.

L'Eglise primitive a inséré les ministères fondamentaux et indispensables des apôtres, des prophètes et des enseignants dans la série des charismes (cf. l Co 12,28); elle a considéré l'activité des apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs comme des dons du Seigneur glorifié à son Eglise (cf. Ep 4,11), D'après les épîtres pastorales, un don de Dieu est conféré au candidat au ministère lors de l'imposition des mains (cf. 2 Tm 1,6; l 1m 4,14).

Les ministères ne sont cependant pas les seuls charismes. C'est pourquoi ils sont invités à coopérer avec tous les autres charismes, tandis que ceux-ci dépendent du ministère institué et doivent s'exercer en communion avec lui. Le devoir du ministère ecclésial est de ne pas éteindre l'Esprit, mais de tout examiner et de retenir ce qui est bon (cf. l Th 5,19-21), La nature charismatique de l'Eglise serait donc mal comprise si on voyait en celle-ci un rassemblement d'exaltés ou si on en tirait argument contre l'ordre dans l'Eglise. Dans les passages où Paul parle le plus longuement des charismes, il cherche avant tout à mettre en relief l'idée d'unité et d'ordre (cf. l Co 12; 14). Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix (l Co 14,33)

Les groupes charismatiques et les structures institutionnelles de l'Eglise ont besoin les uns des autres. Pour éviter de se scléroser, l'Eglise a constamment besoin de renouvellement; mais les forces de renouveau ont besoin, pour ne pas s'égarer, de la tradition ecclésiale qui porte la foi à travers les siècles, jusqu'au jour où la flamme se ranime.

L'Esprit de Dieu agit aux deux niveaux, et l'Esprit de Dieu ne se contredit pas lui-même. Cela n'exclut pas des tensions salutaires ni des conflits éclairants; mais la parole de l'apôtre s'impose toujours: Appliquez- vous à garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix (Ep 4,3).Fin de l'article

Lgne de séparation

(Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'Église, Centurion / Cerf, 1987)

|
Jésus par Maître de Flémalle
Service de formation à la foi chrétienne dans la tradition de l'Église catholique

«Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.»