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DIEU EN FAMILLELa Chronique | Ressources | La foire aux questions
La joie d’être « amis »!Élaine Champagne
Il y a quelques mois, des enfants et des jeunes de 8 à 13 ans me partageaient un peu de leur réflexion. Ils témoignaient un peu d’eux-mêmes. À un moment, ils ont tenté de me décrire ce qu’était pour eux un ami. Selon eux, un ami, c’est «quelqu’un avec qui tu peux jouer.» Mais il y a aussi les bons amis : «Quelqu’un à qui tu peux parler.» «Tu peux faire confiance à tes amis.» Il y a encore les «meilleurs» amis. Le meilleur ami, c’est celui ou celle «à qui tu peux dire tes secrets», «qui peut te comprendre», «qui a le même langage que toi», qui partage les mêmes expériences. Les amis sont souvent à la même école, dans les mêmes classes. Ils partagent les situations difficiles ou agréables du quotidien. Ils n’ont pas la même perspective que les parents.Il arrive aussi que les parents agissent en amis : «Quand genre, tu as un problème… Quand tes parents essaient de te consoler, ça, c’est gentil! C’est comme avec tes amis parce que tes autres amis, ils font ça aussi. C’est agir en amis…»Un autre raconte : «Parfois, je joue avec mon père au soccer.» Dans le jeu, l’amusement, les parents deviennent parfois des amis. Une autre renchérit : «Les parents sont parfois nos amis quand ils quittent le monde des adultes toujours sévères, en train de regarder si tout va bien et que tout à coup, ils deviennent comme des enfants.» Elle cherche à préciser sa pensée : «C’est une mentalité… Quand les parents redeviennent « normaux », quand ils font comme les jeunes… Quand ils retrouvent leur sourire d’enfance», alors ils sont comme des amis. Pas facile d’être parent. Il y a d’abord les aléas des relations quotidiennes avec tous les membres de la famille. Ces relations interpersonnelles, à elles seules, portent tout un potentiel de richesses et de défis suscités par les différences des uns et des autres, selon les tempéraments, les manières de faire, les manières de voir! L’être-ensemble ne va pas toujours de soi! Or la relation des parents avec leurs enfants, comme relation interpersonnelle, est en plus colorée par ce rôle de protecteur et d’éducateur que les parents cherchent à assumer à la fois avec bienveillance et autorité. Il en va de leur responsabilité. Quelle place alors pour être l’ami de son enfant? Dans quelle mesure est-ce possible? Les enfants le savent : «Parfois, c’est dur de nous endurer, mais des fois, c’est vraiment le fun!» «Les enfants, ça apporte du bonheur à leurs parents!» Les enfants ont sûrement raison! Comme parent, cultiver son cœur d’enfant rend possible le jeu, le rire, la confiance, l’écoute et la complicité qui disent l’affection, construisent la relation et contribuent à l’éducation. Pour tout cela, il faut d’abord être disponible à l’autre comme à soi! Garder ouvert l’espace intérieur! Accueillir l’intrusion de l’inattendu! Être ami, être à certains moments l’ami de son enfant, c’est savoir se montrer à la fois «grand» et vulnérable, d’une manière qui sache consoler dans la peine et rendre à l’autre la joie reçue… C’est aussi se laisser transformer de l’intérieur. Jouer! Rire! Perdre du temps pour l’autre! Pour partager la joie, pour se taquiner, pour rire ensemble, il faut aussi pouvoir se faire confiance. Dans la confiance, le rire nous ouvre à des espaces de complicité. Nous sommes alliés. Un moment magique où tout semble possible!Je me redis cette phrase de Jésus, selon l’évangile de Jean : «Je vous appelle amis.» (Jn 15, 15) Peut-être faut-il un cœur d’enfant pour redécouvrir ce qu’elle porte de bonheur!
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![]() Ressources, réflexions et soutien pour les personnes attentives à l’émergence et à la croissance de la foi des enfants, petits et grands.Responsable : Élaine Champagne Institut de Pastorale
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