
Tenir
un blogue
? Pourquoi pas ! C’est actuel, c’est nouveau,
c’est créateur. Prêtre et religieux, je
suis avant tout un chrétien pour qui la foi au Dieu de
Jésus-Christ fonde le sens même de mon existence.
frère Thomas
*
Vous pouvez faire parvenir vos commentaires au Webmestre
qui les transmettra au frère Thomas
dimanche,
le 27 mai 2007
Journal (23)
SI DIEU EXISTAIT...
Ma surprise fut grande quand je découvris, dans mon journal d'adolescent, cette phrase, écrite alors que j'avais dix-sept ans : « Si Dieu existait, je ferais un missionnaire. » Déjà à cet âge-là, je portais en moi cette conviction que si Dieu existait, alors, lui seul, Dieu, importait. Dieu seul, en ce sens où ma vision de la vie m'amenait à la conclusion que l'on ne pouvait que se donner entièrement à ce qui fait le pourquoi de cette vie. Déjà, adolescent, j'avais un très grand sens de l'absolu et du sérieux de la vie. Il y avait cette conviction en moi que s'il y avait un sens à la vie, il ne pouvait qu'être extraordinaire, et Dieu, m'ayant créé très idéaliste et un peu poète, viendrait m'appeler, en temps voulu, à partir de ce que j'étais et de ce qui m'habitait comme aspiration.
Quand je relis cette phrase, « si Dieu existait, je ferais un missionnaire », je ne puis qu'en conclure que la vocation religieuse est quelques chose qui s'inscrit très tôt dans la trame d'une vie humaine. Non pas en terme d'une fatalité inéluctable, à laquelle on est obligé de répondre, mais plutôt comme un dynamisme propre à un être humain en particulier, une manière d'être et d'engagement au monde, qui, s'il est choisi par cette personne, ne pourra qu'entraîner son plein épanouissement, ne pourra que lui donner son véritable bonheur. « Dès le sein de ta mère, je t'ai appelé.» La réalisation d'une vie humaine sur terre ne serait-elle pas cette capacité de chacun et chacune à répondre à l'appel de Dieu, tel qu'il retentit au coeur de nos forces, de nos faiblesses et de nos aspirations les plus profondes. Un appel qui peut prendre des formes multiples, infinies!
Un évêque allemand, que j'ai eu la chance d'entendre prêcher à l'église Santa Maria in Trastevere à Rome, proclamait bien fort dans son homélie : « Je suis fils de Dieu! Avant même que le monde soit créé, Dieu pensait à moi. Il m'aimait déjà et il voulait me créer. Et ce monde avec ses galaxies a été créé pour MOI, car JE suis fils de Dieu. Et il me demande de m'y engager avec tout cet amour qu'il a mis en moi, car JE suis fils de Dieu! » Ce fut une homélie à la fin de laquelle j'aurais voulu applaudir tellement l'enthousiasme de cet évêque était communicatif.
En rappelant ici cette homélie, je désire simplement souligner que notre vocation personnelle, mystérieusement, s'inscrit déjà dans le coeur de Dieu, avant même que nous ne soyons nés. Il ne s'agit pas ici de déterminisme, où nous n'aurions pas le choix de l'orientation de nos vies. Mais Dieu, dans sa prescience, voyait déjà chacun et chacune de nous, avant même la création du monde. Il se penchait déjà, avec amour, sur le rêve en devenir que nous étions, posant son regard bienveillant sur chacun de ses enfants en devenir, encore à l'état de rêve, posant son regard d'amour sur la fibre la plus intime de notre être et mettant en chacun et chacune un dynamisme de vie capable de regarder vers l'infini, capable de le reconnaître pour qui il est: Dieu, notre Père. 
mercredi,
le 23 mai 2007
Le noyau de la foi selon Benoît XVI
"Il faut se rappeler que depuis les tout premiers temps du christianisme apparaît un "noyau" permanent et irréductible de la catéchèse, donc de la formation à la foi... Tout l'exposé sur la foi est organisé autour de quatre éléments fondamentaux : le Credo, le Pater noster, le Décalogue et les Sacrements. Telle est la base de la vie du chrétien, telle est la synthèse de l'enseignement de l'Église fondé sur l'Écriture et la Tradition.
Le chrétien y trouve ce qu'il doit croire (le Symbole ou le Credo), espérer (le Pater noster), faire (le décalogue), et l'espace vital dans lequel tout cela doit s'accomplir (les Sacrements). Or, dans trop de catéchèses actuelles, cette structure fondamentale est abandonnée avec les résultats que l'on sait : une désagrégation du sensus fidei chez les nouvelles générations, souvent incapables d'une vision d'ensemble de leur religion."
Source : Ratzinger, J. Messori, V. Entretien sur la foi. Fayard, 1985. p. 83-84. 
lundi,
le 21 mai 2007
Journal (22)
MA VOCATION DE PRÊTRE
Mon retour à l'Église m'amena à constater un écart considérable entre l'expérience spirituelle que je vivais et, ce qu'il faut bien appeler l'Institution, semblait offrir aux fidèles. Je découvrais une Église très préoccupée par les enfants, mais n'offrant à peu près rien aux adultes en terme de formation ou d'accompagnement spirituel. De plus, cette Église du Québec, profitait bien d'un système scolaire étatique qui, tout en payant pour la catéchèse des enfants, avait le droit de regard sur ceux et celles qui pouvaient dispenser cette catéchèse. Dans bien des cas, puisque je travaillais en milieu scolaire, je constatais que ces postes étaient offerts à des non-croyants. Le Seigneur nous façonne à partir des expériences, des contextes sociaux, familiaux et des épreuves qui marquent nos vies. Cette situation de l'Église, que je découvrais à 27 ans, marquerait profondément la nature même de ma soif d'engagement dans cette Église.
Par ailleurs, je faisais l'expérience extraordinaire de l'entrée dans la foi chrétienne, de la suite de Jésus comme disciple. Oh oui, comme je voulais être disciple, apôtre! Car je découvrais que cette expérience spirituelle dépassait mes attentes. Je le disais à mes amis, « la foi en Jésus-Christ, la foi en Dieu c'est quelque chose de vivant en nous! » Je l'avais bien pressenti avant de croire, que la foi ne pouvait pas être simplement l'adhésion à des vérités abstraites ou à une philosophie de vie. Ma conversion me le confirmait avec puissance. Les mois passaient et je sentais bien une vie qui grandissait en moi. Je comprenais les choses de l'intérieur. Souvent mes lectures sur les sacrements, le salut, la Vierge Marie, le Pape, ne venaient que confirmer ce que déjà Dieu me donnait d'intuitionner de ses mystères. Et cela me renversait à chaque fois, comme s'il y avait en moi un maître intérieur qui m'enseignait. Combien m'habitait cette parole de Jésus : « Je vous enverrai l'Esprit Saint et lui vous enseignera toutes choses! » Je faisais l'expérience de la vérité de cette promesse et ma foi n'en était qu'affermie.
J'étais donc habité par un très grand désir, parfois excessif, comme jeune croyant, de communiquer mon expérience, de faire connaître le Christ et son Évangile, de faire aimer l'Église, cette servante du Seigneur. Comme je l'ai expliqué plus haut, mon désir d'assumer ma relation avec une ancienne compagne me fit renoncer à ce projet, et entraîna un long délai par la suite dans mon cheminement vers le sacerdoce et la vie religieuse. Mon directeur spirituel d'alors, ne voyait pas d'un bon oeil que je sorte à peine de cette relation pour m'orienter vers le sacerdoce. Il me conseilla d'attendre quatre ou cinq ans, alors que j'en avais déjà 29 à ce moment-là. Je dus suivre cette consigne et mettre de côté mes projets, ce qui me découragea complètement d'espérer poursuivre dans cette voie. Mais Dieu trouva bien le moyen de ranimer en moi cette flamme, en me faisant voir que cet appel, je le portais profondément inscrit en moi et depuis longtemps. 
mercredi,
le 16 mai 2007
Le mystère "Église"
Pour vivre en chrétien, il ne suffit pas de croire en Dieu, ni de croire que Jésus est le Fils de Dieu. Bien sûr, c'est déjà extraordinaire, mais la foi nous entraîne encore plus loin, sur des terrains encore plus exigeants où la foi se vit dans la rencontre des autres. C'est comme l'amour. Pour vivre l'amour, il ne suffit pas d'y tomber, « de tomber en amour », mais il faut savoir y rester! C'est pourquoi l'expérience de la foi s'enracine dans le temps, dans la durée, dans la persévérance avec les autres.
La foi chrétienne nous engage dans une longue suite de témoins, dans une communion qui traverse le temps et qui nous unit dans ce qu'on appelle l'Église, qui est l'assemblée des croyants en Jésus-Christ. Et cet aspect de la foi n'est pas facile à vivre, car souvent l'Église donne l'image d'une sorte de vaisseau amiral lourd et malhabile, avec son cortège de dogmes, de traditions, de structures d'autorité, de morale...
Au début de ma démarche de foi, je puis dire que j'ai livré un combat avec l'Église, un combat qui refait surface à l'occasion, car elle me séduisait en même temps qu'elle me faisait peur. J'étais fasciné par son histoire, par ses récits héroïques d'hommes et de femmes donnant des témoignages de vie et d'engagements des plus impressionnants. Ces témoins m'ont profondément marqué, et avec eux j'ai mieux compris la grandeur de cette vie en Église. J'étais émerveillé aussi, et je le suis toujours, par l'universalité de l'Église.
C'était toujours une fête pour moi que de rencontrer des chrétiens et des chrétiennes venus d'ailleurs, de d'autres continents, et portant en eux-mêmes cette même joie de croire au Christ que moi. Je trouvais là une confirmation que la vie spirituelle dépasse les questions de langues, de cultures, de races et de frontières. Dieu se donne à tous, de la même manière que le soleil brille pour tout le monde où que l'on soit sur la planète. Par ailleurs, dans mon expérience de l'Église, j'ai été surpris, parfois déçu, par son côté plus souvent humain que spirituel. J'ai connu à la fois des pasteurs et des évêques admirables, d'une simplicité et d'une sainteté désarmantes.
J'ai connu et je connais des chrétiens et des chrétiennes dont j'envie le don de soi et la générosité à toute épreuve. Et tout comme vous, j'ai été blessé, scandalisé parfois par les mesquineries qui peuvent exister entre chrétiens, par des comportements qui ne sont pas dignes de l'Évangile. Souvent, ceux et celles qu'il faut bien appeler nos frères et soeurs dans la foi, d'ici ou d'ailleurs, nous font souffrir. Comme vous, les scandales qui parfois ébranlent l'Église me blessent.
Je n'aime pas que l'on défigure le Christ, que des hommes et encore moins des gens qui se disent chrétiens, exploitent les pauvres et les opprimés; que des dictatures se revêtent de la bénédiction d'autorités ecclésiales dans certains pays; que des chrétiens prônent le racisme, la purification ethnique, qu'ils mènent des guerres de conquête… Et ce n'est que la pointe de l'iceberg des forces du mal avec lesquelles sans cesse l'Église est aux prises dans son combat pour faire triompher l'amour de Dieu.
Elle ne gagne pas toujours puisque ce sont des hommes comme vous et moi qui la composent. Bien sûr, il serait tentant de vouloir séparer le bon grain de l'ivraie, faire de l'Église un refuge de purs, mais le Christ lui-même y a renoncé… C'est pourquoi en dépit de ses forces et de ses faiblesses, mon expérience de foi m'a amené à aimer l'Église, à voir au-delà des apparences. Car j'aime cette communion des disciples du Christ qui, avec leurs forces et leurs pauvretés, veulent vivre de la bonne nouvelle de Jésus Christ.
C'est Paul VI qui disait que celui qui n'aime pas l'Église n'aime pas le Christ, car le Christ s'est livré pour elle. Il a voulu qu'elle soit, avec Lui, donnée pour le monde, qu'elle soit la servante du monde, elle qui est bien plus que la somme de nos forces, de nos talents et de nos faiblesses. 
mardi,
le 15 mai 2007
Un chrétien ne croit pas en n'importe quel Dieu
Jacques Couture, prêtre et ancien ministre du travail pour le gouvenement du Québec, exprime ainsi sa foi en Dieu :
"Je ne connais pas ce Dieu qui trône dans les cieux, au milieu des archanges, des chérubins et des puissances... Le Dieu que je connais est impuissant, silencieux et terriblement gênant. Il m'empêche de dormir tranquille. Il hante mes nuits paisibles. Il dit qu'il a faim, qu'il a soif, qu'il est nu, qu'il est étranger, qu'il est prisonnier. Il crie sur le bord de la route. Il gémit abandonné, rejeté, il étale sans pudeur ses os décharnés, son corps meurtri.. Le Dieu que je connais s'appelle Jésus-Christ. Il se tient à l'ombre de chez moi..."
(Extrait de Aux frontières de la foi. Entre l'athéisme et le mystère, de Jean-Guy Saint-Arnaud. Médiaspaul, Montréal, 2007, 200 pages.) 
lundi,
le 14 mai 2007
Journal (21)
LES SUITES ET LES CONSÉQUENCES
Afin d'abréger un peu mon récit, je vais résumer ici les six premiers mois qui suivirent ma conversion. Tout d'abord, dès le début, je voulus devenir pasteur. Ma découverte était tellement extraordinaire que le psychologue que j'étais, et qui avait voulu consacrer sa vie au bien-être affectif des humains, découvrait qu'il y avait un bien-être encore plus important, plus fondamental, le bien-être spirituel. Il me fallait donc intégrer cette dimension, trop longtemps négligée, dans ma conception de l'être humain. Pour moi, c'était en devenant missionnaire. Cet appel je le porterais jusqu'à son accomplissement, neuf ans plus tard, en entrant au noviciat des Dominicains. Un long cheminement, car il y aurait bien des obstacles sur ma route.
Une conséquence de cette conversion fit une malheureuse. Remettant en question ma relation avec Hélène, je lui ai annoncé la nouvelle, croyant qu'elle comprendrait. J'avais tendance à tout spiritualiser. Sa réaction fut très vive, violente même, et la rupture fut très pénible. Je pense qu'elle ne me pardonna jamais. Mais je n'avais pas le choix. Ma nouvelle vie m'imposait de nouvelles normes au plan moral et je ne pouvais dévier les interpellations de l'Évangile fusse par amour pour Hélène.
Par ailleurs, cette rupture avec Hélène, me rendait impossible ma fréquentation de la petite communauté pentecôtiste où j'allais. Je ne voulais pas imposer ma présence. J'allais donc dans d'autres églises et, en même temps, je faisais un cheminement avec les charismatiques catholiques. Ma fréquentation des catholiques, mes discussions avec des prêtres et des amis-ies, surtout avec Clovis le père de Pierre, en plus de mes lectures et de la prière intense, tout cela m'amena à renouer avec l'Église catholique et après six mois chez les pentecôtistes, j'allais voir mon pasteur pour l'aviser que je retournais à l'Église catholique. Sa déception fut très grande et il me mit en garde du risque de perdre mon âme. Nous nous sommes laissés sans qu'il m'invite à entrer chez lui. Mais j'étais heureux. J'avais fait le bon choix, j'en étais certain et une grande paix m'habitait. 
jeudi,
le 10 mai 2007
À la suite d'un deuil Anick me partage sa colère
Je te remercie de ta confiance et de me partager ce que tu portes. Je trouve ta colère très saine, tout particulièrement celle qui tu manifeste face à l'Église. Et tu as le droit de vouloir cesser d'y aller. Mais tu sais que les textes les plus violents dans la Bible sont les psaumes, textes de prières, et que parmi ces textes s'exprime parfois une très grande colère à l'endroit de Dieu. Bien sûr, le psalmiste finit toujours par revenir vers Dieu et lui confier sa vie, mais avec un ami on n'a pas peur de la franchise, ni de ses sentiments.
Dans certaines situations de la vie, le mal nous fait crier notre douleur. Et alors qui peut-on blâmer, si ce n'est Dieu? C'est lui notre bouc-émissaire. On aimerait bien qu'en un tour de main il renverse les situations.
Sans nous en rendre compte, ce Dieu qui nous laisse libres, même dans notre lutte avec le mal, nous embête, et on aimerait alors le troquer pour un Dieu où l'on n'a plus à penser, ni à souffrir. C'est le grand mystère de la vie qui bat en nous et qui, parfois, est tellement souffrante et injuste. On n'a pas assez de notre petite tête et de notre petit coeur pour comprendre tout ce qui nous arrive.
Mais le Christ est venu porter avec nous cette souffrance. Comme le dit Catherine de Sienne : « ce ne sont pas les clous qui retiennent le Christ sur la croix, mais l'amour. » Et quand je le considère ainsi crucifié, poussant l'amour jusque-là, je me dis alors que mon ennemi ce n'est pas Dieu, ce n'est pas le Christ, mais le mal qu'il est venu dénoncer, affronter et vaincre. Le mal en moi et chez les autres, la faiblesse en moi et chez les autres. Mais il faut du temps pour voir les premières pousses de la résurrection en nos vies. Et pourtant, elles sont là.
« Time is gentleman », dit un proverbe anglais. Et le temps du deuil et de la perte que tu vis, est un temps qui est souffrant, car ta perte est grande ainsi que ta peine. Seulement le temps, je dirais la caresse de Dieu sur ton existence, peut cicatriser la douleur, sans qu'on ne l'oublie. Vient un jour où elle ne fait plus vraiment mal, mais où le souvenir lui ne meurt jamais.
L'on deviendrait inhumains si l'on pensait pouvoir un jour se débarrasser du souvenir d'un être cher. Mais avec ce souvenir douloureux, l'on apprend à grandir. Il nous pousse vers l'avant et nous rend capables de dépassement, même capables de soutenir ceux et celles qui vivent une épreuve semblable à la nôtre. Mais tu as le droit de râler, de chialer, de blasphémer! Tu as le droit de dire : « je n'avance plus ». Tu seras toujours respectée dans tes choix. Sache que Lui il t'attend toujours, il ne te juge pas et, surtout, il comprend et accepte ta colère puisqu'il t'aime. 
lundi,
le 7 mai 2007
Journal (20)
DIEU EST QUELQU'UN
C'est là l'autre point, à mon avis, qui joue un rôle déterminant dans l'agnosticisme ou l'athéisme : je réalisais soudainement que Dieu est quelqu'un. Comment avais-je pu ne jamais réaliser cette chose, en dépit de mon éducation chrétienne à la maison et à l'école. Je ne savais pas que Dieu était quelqu'un! Qu'il était en quelque sorte une personne, bien que plus qu'une personne, car il pouvait se faire proche de nous, tout proche, habiter en en nous. Je n'avais jamais pensé que Dieu pouvait nous parler secrètement, de mille et une manières, qui son amour pouvait nous soulever comme aucun autre amour en ce monde.
Je découvrais que le Dieu des chrétiens voulait tellement se faire proche de nous qu'il était même venu parmi nous. En même temps, je prenais conscience de son extraordinaire grandeur, de sa manière à lui de nous parler à travers sa création, par chacun et chacune de nous. Je découvrais Dieu au coeur même de la vie et je réalisais en même temps qu'il en était à la fois la source et le but ultime de la vie. J'étais en amour avec Dieu, lui qui venait de faire irruption dans ma vie, sans violence, mais avec tellement de puissance. Sans s'imposer, respectueux de moi, mais présent maintenant au plus profond de moi, parce que je l'avais appelé, je l'avais supplié et qu'il avait entendu ma voix.
Nous n'affirmerons jamais assez en Église à quel point Dieu est quelqu'un, et qu'il est présent à chacun de nous. Il est un Dieu personnel, qui nous connaît mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes. Il est un Dieu de relation qui nous aime d'un amour tellement fort, qu'aucune créature ne saura jamais nous aimer comme lui. Il est un Dieu vivant! Plus proche de nous que nous ne le sommes de nous-mêmes, car il est à la source même de notre vie. Il est le souffle en nous, la vie qui circule en nos veines. Il est à la source même de tout signe de tendresse ou de toute bonté que nous posons. Il inspire le rire des enfants, il essuie nos pleurs, il nous donne d'entrer dans sa compassion pour le monde. Il suscite nos élans d'amour gratuits, désintéressés. Il appelle nos pardons et il nous apprend à aimer.
Voilà le Dieu que je découvrais et qui me parlait de lui comme l'on ne m'en avait jamais parlé auparavant. Cette expérience de Dieu m'amena, dans les mois qui suivirent, à fréquenter régulièrement la chapelle des pentecôtistes, à prier sans cesse et à lire avec passion tous les livres de spiritualité qui me tombaient sous la main. Naturellement, j'apprenais à me familiariser avec la Bible, mais mon premier livre de chevet fut le livre d'un missionnaire protestant, Watchman Nee, « La vie chrétienne normale ». Un livre portant sur rien de moins que l'épître de saint Paul aux Romains! L'auteur y décortiquait l'épître et j'étais émerveillé de ce que saint Paul disait sur Dieu et sur le salut accompli en Jésus Christ. J'ai encore ce livre à la maison et j'y revois encore tous ces passages soulignés par ma ferveur et mon émerveillement de jeune chrétien. 
mardi,
le 1 mai 2007
Saint Joseph travailleur
La foi n'est pas quelque chose de désincarnée, elle se fraie un chemin à travers notre quotidien, un quotidien qui est béni, voulu par Dieu et qui est le lieu de tous nos engagements et de tous nos amours. C'est ce que vient nous rappeler cette fête de saint Joseph travailleur.
Jésus lui-même a vécu notre réalité humaine à l'école de Joseph et de Marie. On l'appelait le fils du charpentier, celui qui oeuvrait avec son père Joseph. On le voit à travers les paraboles de Jésus et ses enseignements combien il avait appris à fouler la terre et à se salir les mains.
Il savait qu'une maison ne pouvait se construire que sur une base solide, sur le roc; qu'une vigne avait besoin d'être émondée et entourée de fumier pour porter du fruit; qu'une semence devait être jetée sur une bonne terre; que le bon vin était fait pour la fête; que le pain rassasiait la faim des hommes; que l'on pouvait prévoir le temps qu'il ferait demain en regardant l'horizon. Jésus savait aussi jeter le filet pour la pêche, il savait jeter son regard dans les coeurs meurtris, il savait combien la peine pouvait nous peser, combien le pardon et l'amitié pouvaient être bienfaisants dans nos vies. Il savait surtout combien nous avions besoin de nous ouvrir à l'amour de Dieu.
C'est tout cela que Jésus a vécu et appris à l'école de Joseph et de Marie, dans l'apprentissage de son humanité. Et c'est à cette école du travail, de la famille et de la solidarité humaine que le Fils de l'Homme nous invite à marcher avec lui. 
lundi,
le 30 avril 2007
Journal (19)
DEUXIÈME PARTIE - Le risque de croire (2)
Sans le savoir, j'étais engagé dans cette démarche de foi, mais Dieu répondrait-il? C'était là le risque énorme de ma démarche, car je me sentais comme un homme que l'on place sur le haut d'une haute falaise, dans la nuit noire, et à qui l'on dit de sauter, en ayant confiance qu'il y a quelqu'un qui va le saisir dans sa chute. Comme s'il n'y avait pas d'autres moyens pour passer de la nuit à la lumière que ce saut dans le vide, un saut dans la foi.
Pour le psychologue que j'étais, c'était là une démarche des plus « irrationnelle » et dangereuse, car qu'arriverait-il s'il n'y avait personne pour m'attraper? Comment, après une telle déception, une telle duperie, revenir en arrière et vivre comme s'il ne s'était rien passé? Car en ayant pleuré ma détresse et mon angoisse existentielle, n'avais-je pas reconnu que cette vie, telle que je la vivais, était finalement décevante, profondément décevante Serais-je capable de continuer à vivre? Mon monde ne s'écroulerait-il pas? Ce sont ces questions qui plus ou moins consciemment m'habitaient, ce que j'ai pu mieux reconnaître par la suite. Je touchais là aux craintes et aux défenses de l'incroyant. Une carapace bien rigide, mais bien fragile.
En allant l'animateur de pastorale, j'avais besoin d'être rassuré ou plutôt qu'il me dise que ce que j'avais vécu était normal au plan spirituel. Je commençai timidement mon entretien avec Luc, qui avait à peu près mon âge. Ma première question, la plus importante pour moi, fut celle-ci : « Est-il possible que Dieu nous parle dans la prière? » Je me souviens de sa surprise, suivie d'un moment de silence, bref moment, mais quand même, un silence, après lequel il me répondit : « Bien sûr, c'est possible. » Sa réponse me soulagea énormément, il va sans dire, puisque je m'adressais à un « spécialiste » dans ces questions.
Plus tard, alors nous étions alors devenus amis, Luc m'avouera que lorsque je lui avais posé cette question, il m'avait répondu selon ce qu'il avait lui-même entendu, car il vivait alors une crise spirituelle! Mais sa réponse me mit en confiance et je lui racontai ce qui m'était arrivé. Il semblait vraiment heureux pour moi et lorsque l'on s'est laissé, après deux heures d'échanges, il me remercia d'être allé le voir et m'a assura de sa prière. Ma joie était grande quand j'ai quitté son bureau. Mon coeur était à l'action de grâce, je remerciais Dieu, et je réalisais peu à peu ce que je n'avais jamais compris. 