Spiritualité 2000 le webzine des chercheurs de Dieu
Accueil | Aide spirituelle | Archives | Emmaüs | Jardin | Liens | Prière | Notre équipe | Nous écrire | Nous aider

LE BLOGUE DU MOINE RUMINANT

Blogue d'un moine qui rumine devant la vie qui passe

Vache dans un pré en Pologne

Tenir un blogue ? Pourquoi pas ! C’est actuel, c’est nouveau, c’est créateur. Prêtre et religieux, je suis avant tout un chrétien pour qui la foi au Dieu de Jésus-Christ fonde le sens même de mon existence.

frère Thomas

* Vous pouvez faire parvenir vos commentaires au Webmestre qui les transmettra au frère Thomas

 

 


lundi, le 26 février 2007

Journal (9)

(Cliquez ici pour aller au début du journal)

LES ÉTUDES

Avant d'aller à l'université, j'avais toujours rêvé de faire mon « collège classique » (c.-à-d. les études qui menaient au baccalauréat ès arts) et, à plusieurs reprises, j'avais demandé à mes parents de « faire mon classique » comme certains de mes copains. Je rêvais d’être pensionnaire tout comme eux. Mes notes à l'école étaient très pauvres et je ne fus pas admis lorsque, enfin, mes parents acceptèrent de me laisser y aller.

D'ailleurs, pendant mes études primaires, et pendant presque tout mon secondaire, mes notes étaient très faibles, j'étais souvent un dernier de classe. J'avais même doublé ma cinquième année. Il faut dire que je n'avais pas d'intérêt pour les études ou pour l'école. Mes meilleures matières étaient la religion, l’histoire, la géographie, l’Anglais et la composition française. En effet, malgré ma grande faiblesse en grammaire et en dictée, j'étais l'un des meilleurs élèves en composition française. J'aimais écrire. J’aimais beaucoup la littérature, et je lisais parfois deux à trois livres par semaine.

C'est ainsi que peu à peu se dessina mon projet de devenir, soit professeur de littérature ou même écrivain. Peu à peu je prenais goût à l’étude, car j’avais un objectif précis devant moi, qui nourrissais mon goût de la découverte. À travers mes lectures, je découvris aussi le monde de la psychanalyse et je compris combien mon intérêt pour la littérature se rapprochait de cet univers de la psychologie et des personnages des romans. Vers la fin du secondaire, et surtout au collégial, mes notes commencèrent à remonter de façon significative. Plus j'approchais de mes champs d'intérêt, plus j'étais motivé à étudier. C'est ainsi que je fus admis à l'université en psychologie. Soixante étudiants furent choisis parmi les quatre cents qui avaient fait une demande d’admission, et je faisais partie des soixante! Ce fut comme mon premier vrai succès académique et à partir de ce moment là, le monde des études s'ouvrit devant moi comme une terre inexplorée à découvrir.

À l'université, le contexte était très laïc et surtout très anticlérical. Nous nous voyions, nous les futurs psychologues, comme des missionnaires ayant pour mission d'apporter un peu d'éclairage rationnel sur les pratiques superstitieuses des personnes religieuses. Nous nous voyions alors comme les nouveaux confesseurs! L’avenir s’ouvrait devant nous et tout semblait nous sourire, mais la réalité eût tôt fait de me ramener sur le terreau du poids des jours et de ses conséquences implacables. Fin du texte

 


jeudi le 22 février 2007

Le Carême : la victoire du désert

Le Carême est un appel à la conversion. Mais avons-nous besoin de conversion? Nous convertir de quoi? Tant que nous n'aurons pas saisi l'enjeu de cette conversion, nos prières, nos célébrations, nos eucharisties demeureront stériles. Si la grâce de Dieu nous est donnée, il faut savoir coopérer à la grâce afin d'être des signes lumineux dans le monde. Un incroyant disait à l'abbé Pierre : « Monsieur le curé, je ne sais pas si le bon Dieu existe, mais je suis certain que s'il existe il est ce que vous faites. »

Mais l'on se sent tellement démuni devant ce monde qui constamment nous glisse entre les mains, comme un enfant turbulent que l'on voudrait retenir, mais qui nous échappe trop souvent, et qui est capable du meilleur et du pire. Non pas que l'homme soit mauvais, mais « il y a la contagion du mal, comme il y a la contagion de l'amour » (abbé Pierre).

S'il nous est difficile de nous situer dans notre vie comme ayant besoin de conversion, c'est que l'on oublie trop souvent le lien qui existe entre les drames humains internationaux, à l'échelle de la planète et notre petit quotidien et nos façons de faire. Le drame de l’Irak en est un exemple éloquent. L’on s'imagine, lorsque l'on entend les récits d'atrocités qui se commettent là-bas, que nous avons à faire à des barbares de la pire espèce, « des choses que l'on ne verrait jamais ici », pense-t-on… Et pourtant, le Mercredi des Cendres, le jour d'entrée en Carême, j'entendais de bons chrétiens se dire qu'il faudrait tout simplement bombarder les réserves indiennes afin de régler une fois pour toutes ce problème au Canada. Bagdad, ce n'est pas bien loin d'ici. Il suffit de regarder en nous-mêmes, et c’est là Bagdad, Kigali ou Sarajevo. Et l'on n’a pas besoin de conversion?...

Je pense qu'il est normal de porter en soi, comme dominicains, comme chrétiens engagés dans le monde, une certaine blessure qui correspond à une aspiration à faire plus pour Dieu. C'est pourquoi, en commencant ce Carême, il ne faut pas avoir peur de prendre la route du désert avec Jésus, car ta vie c'est celle de Jésus en toi, ta victoire c'est sa victoire.Fin du texte

 


lundi, le 19 février 2007

Journal (8)

(Cliquez ici pour aller au début du journal)

L'ADOLESCENCE

Comme la plupart des adolescents, cette ferveur religieuse était déjà loin derrière quand j’ai atteint l’âge de 13 ans. Déjà, je me faisais tirer l'oreille pour aller à la messe et quand j'avais la chance d'y aller sans mes parents, je faisais semblant de me diriger vers l'église et je bifurquais vers le bois ou vers le petit restaurant du coin. Parfois, ma mère me demandait ce que le curé avait dit et alors j'inventais une histoire. Déjà mes premières armes comme prédicateurs...

Un événement important survint alors dans notre famille. Tout d'abord, mon père laissa son emploi à Postes-Canada pour aller travailler dans l'assurance-vie. Un métier qui lui permettrait de gagner parfois d'excellents salaires, pendant les cinq années qu'il l'exercerait, mais qui nous amèneraient bien des difficultés à cause du genre de vie qu'impliquait ce métier.

Toujours est-il qu'un dimanche, à la messe, le curé s'en prit aux vendeurs d'assurances dans son sermon. C'est ainsi que l'on appelait les homélies à l'époque. Mon père se rendit au presbytère, le lundi matin, afin d'y engueuler le curé. Ce qui fut dit, fut fait, et à partir de ce jour mon père cesse d'aller à la messe. Il n'y retournerait que 24 ans plus tard! La dynamique religieuse de la famille venait donc de prendre un nouveau tournant. Je commençai peu à peu à manquer la messe le dimanche, ma mère ne pouvant plus invoquer l'autorité paternelle pour m'obliger à y aller. Bientôt, c'est ma soeur qui commença à m'imiter, et après quelque temps plus personne à la maison n'allait à la messe, ma mère y comprise. Comme quoi cette pratique religieuse n'était pas très enracinée!

La question ne m'occupa pas l'esprit pendant mon adolescence. Je n'en ai aucun souvenir, sinon qu'à 17 ans, mon meilleur ami vint me voir un jour, l'air anxieux, me confiant, d'un air sérieux : « Tu ne sais pas ce qui m'arrive?» « Non,» lui dis-je. Il me dit alors : « Je crois que j'ai perdu la foi. » Je me souviens m'être mis à rire en l’entendant, lui disant que je croyais qu'il avait quelque chose d'important à me dire. Pour moi, c'était vraiment une étrange préoccupation qu'il avait là et qui ne me semblait pas sérieuse du tout. Toujours est-il que nous avons commencé à échanger sur le sujet et, un soir où j'étais resté à coucher chez lui, nous avons échangé jusqu'à trois heures du matin sur cette question. Le sujet commençait à me passionner, mais je réalisais qu'il était impossible de savoir si Dieu existait ou non. Nous avons alors pris la résolution de commencer une vaste recherche : lire la Bible, d'interroger des prêtres afin de découvrir si Dieu existait ou non. Après quelques semaines, impuissant devant l'ampleur de la tâche, j'en arrivai à une prise de position agnostique qui serait la mienne jusqu'à l'âge de 27 ans, et qui se durcirait même, au fil des années, en un athéisme militant.

À 17 ans donc, j'en arrivais à la conclusion que l'on ne peut savoir s'il y a un Dieu ou non. Vivons donc notre vie de notre mieux et l'on verra après notre mort, me disais-je. En attendant, inutile de perdre son temps avec ces questions. Si Dieu existait, je le concevais comme une sorte d'énergie, une force vers laquelle nos vies retourneraient après la mort, une force impersonnelle. Mais ce n'était pas une foi qui m'animait dans ma réflexion, mais simplement la raison humaine. Je n'avais plus la foi. Pourtant, j'étais conscient de l'importance de cet enjeu de la foi en Dieu pour l'homme, car à la même époque j'écrivais dans mon journal personnel : « Si Dieu existait, je me ferais missionnaire ». Quel ne fut pas mon étonnement de relire cette phrase 10 ans plus tard!Fin du texte

 


dimanche, le 18 février 2007

Il est midi à Rome

Il est midi à Rome. Les cloches sonnent un peu partout au-dessus de la ville. C'est l'heure de l'Angelus. L'Église se souvient à midi de la rencontre de l'ange Gabriel avec Marie, la mère du Seigneur : « L'Ange du Seigneur annonça à Marie, et elle conçue du Saint Esprit. »

Je rentre à peine de ma promenade dans le jardin ensoleillé avec un vieux sage dominicain. Je voulais lui partager mes préoccupations au sujet la vie dominicaine, mes pistes de recherche, et je voulais, surtout, l'entendre parler de son espérance en tant que dominicain. Une rencontre très riche, marquée par la grâce, par cette paix et cette joie qui ne peuvent venir que de Dieu.

"Jusqu'à la mort!" C'est ainsi que se termine notre formule de profession religieuse dans l'Ordre des Prêcheurs. Nous nous engageons jusqu'à la mort à être obéissants à Dieu, à saint Dominique et à ses successeurs. Personnellement, je n'ai jamais eu l'ombre d'une volonté de quitter la vie religieuse depuis ma première profession il y a 15 ans maintenant. Des lassitudes liées à l'état de la vie religieuse, oui! Des découragements occasionnels, certainement! Des luttes, des combats, rien ne m'a été épargné, et c'est normal. Mais j'ai toujours été heureux dans mon engagement de religieux et de prêtre. Je n'ai jamais regretté mon choix de vie.

Ma reconnaissance a toujours été vive et enthousiaste, car j'ai vraiment trouvé dans la vie religieuse ma vocation. Et quand je regarde mon cheminement, quand je pense à tous ceux et celles que le Seigneur a mis sur ma route depuis mon engagement dans l'Ordre, c'est un immense cri de reconnaissance qui monte en moi. Je me sens un peu comme une mère qui regarde ses enfants quand ils dorment et qui ne peut que désirer être la mère de ses enfants. C'est ainsi que je vis ma mission de pasteur et de prêcheur en Église. Cette grâce, je la vis de différentes manières. Je dirais de mille et une façons. Et plus j'y réfléchis, plus je prends conscience à quel point cette grâce qui m'habite est dominicaine.

Aujourd’hui, dernier dimanche avant le Carême, c'est vraiment la fête des enfants à Rome. Je vous avais dit ma joie de rencontrer, les dimanches précédents, des familles avec leurs enfants costumés, se lançant des confettis dans la rue. Mais je n'avais rien vu encore! Aujourd’hui, la circulation était interdite au centre de Rome. Toutes les familles et tous les enfants semblaient s'être donné le mot pour envahir les rues de Rome, déambulant sous le soleil, se lançant des serpentins et des confettis. Sur la Via Nationale, près du couvent, sur près d'un kilomètre, on aurait dit qu'il avait neigé, tellement il y avait de confettis sur le sol. J'en étais ému de joie. Et ce que je vivais, en me promenant seul au milieu de la foule joyeuse et animée, c'était un immense bonheur comme je n'avais pas connu depuis longtemps. Je dirais que j'éprouvais la joie de Dieu devant ses enfants qui s'amusent et qui rient. Je goûtais le bonheur de Dieu devant ces parents qui adorent leurs enfants, qui les caressent, qui s'émerveillent de les voir vivre et s'animer, qui se réjouissent tout simplement de leur joie. Il y avait tellement de gratuité dans cette fête que je me disais : comme Dieu doit être heureux!

Ce n'est qu'en réfléchissant, après coup, à cette expérience, que je prenais davantage conscience du Dominicain en moi. Car au milieu de cette foule, où je rendais grâce à Dieu pour sa vie, où je le priais et le louais, j'avais le sentiment de vivre à la foi une communion parfaite avec Dieu et avec les hommes. Il y avait dans cette expérience une véritable rencontre des deux. Et en montant à la basilique de Sainte-Sabine, me dirigeant vers la chapelle de saint Dominique pour une eucharistie, je réalisais que s'accomplissait en moi la consigne de saint Dominique à ses frères : que le frère prêcheur doit en tout temps, parler à Dieu ou parler de Dieu. Soit prêcher quand l'occasion se présente, sinon s'unir à Dieu par la prière et l'étude contemplative.

Il s'agit d'une attitude de tout l'être, en communion avec le Seigneur lui-même, et qui exprime son infinie tendresse pour les hommes, les femmes et les enfants de ce monde. Nous l'appelons un charisme de compassion et de solidarité qui fait monter en nous comme un immense désir pour le bonheur de l'humanité. Et nous savons que ce bonheur ne peut véritablement se réaliser que dans la rencontre du Christ ressuscité, lui qui marchait aujourd’hui sous cette pluie de confettis. Je suis sûr même de l'avoir vu!Fin du texte

 


vendredi, le 16 février 2007

Journal - Méditation

Heureuse celle qui a cru!

Marie, la mère de Jésus, occupe une place centrale dans la foi de l'Église. Elle est celle qui a cru. Mais quand on dit de Marie qu'elle est celle qui a cru l'on ne veut pas dire par là qu'elle fait simplement partie d'une longue lignée de témoins de la foi, bien que cela soit vrai. Mais l'on veut plutôt affirmer que toute l'expérience de la foi chrétienne, qui consiste à croire que le Fils de Dieu s'est incarné, a comme point de départ la foi de Marie. Elle est celle qui a cru non seulement à la réalisation des promesses de Dieu, à sa venue en notre monde, mais à son incarnation dans sa chair même. Marie accomplit ainsi la première et la plus grande des béatitudes, celle qui requiert une confiance absolue en Dieu, celle de la foi: "Heureuse celle qui a cru!"

C'est par la foi de Marie, par son oui à Dieu, que l'on entre dans l'Alliance nouvelle que Dieu vient sceller avec l'humanité. Par son oui à Dieu, Marie devient la mère de l'Église, c.-à-d. la mère des croyants et des croyantes, le modèle du disciple. Il y a donc là, en Marie, dans ce personnage effacé du Nouveau Testament, la présence d'un mystère extraordinaire que l'on n’aura jamais fini de contempler.

Tout d'abord, en elle, l'on peut déjà entendre Dieu dire à son peuple : "Je suis présent dans votre attente. Vous tous qui peinez et souffrez, qui cherchez un sens à cette vie, je suis là au coeur de vos vies, avec vous. " Cette présence de Dieu en Marie devient physique. C'est le Fils de Dieu qui prend chair de notre chair, qui assume tout de notre humanité, afin d'affirmer de manière irrévocable, que Dieu est engagé avec nous dans notre lutte contre le mal, le péché, la mort.

Mais le mystère qui se joue en Marie est bien plus que le signe d'une présence de Dieu à nos vies, à nos côtés. Regardez les récits de l'enfance dans les Évangiles. Dès que l'action de Dieu se fait sentir, les personnages se mettent en mouvement. Visitation de l'Ange à Marie, à Joseph, à Zacharie le père de Jean-Baptiste. Visitation de Marie à Élizabeth. Visitation des bergers, des anges et des Mages à la crèche. Même les étoiles semblent se déplacer. Car plus qu'une présence à nos vies, le mystère qui se joue en Marie demande non seulement à être reçu, mais aussi à être annoncé et donné au monde. Cette Bonne Nouvelle qui habite littéralement le sein de Marie prendra tout son sens quand, après l'avoir annoncée, elle accouchera de cette Bonne Nouvelle qu'est le Christ Jésus; qu'elle ne le gardera plus en elle-même, mais qu'elle le donnera au monde. Voilà la vocation du disciple, et c'est pourquoi Marie est la mère des disciples de son fils. "Femme voici ton fils, fils voici ta mère".

Heureuse celle qui a cru à la Bonne Nouvelle, car non seulement elle l'accueille en son sein, mais elle court l'annoncer avec empressement, elle la partage avec le monde, elle la donne au monde sans rien garder pour elle-même. Ce modèle de foi que Dieu nous propose en Marie, est une invitation pour nous à l'imiter, à donner à notre tour le Christ au monde, comme Marie elle-même l'a fait. Mais comment donner le Christ au monde aujourd'hui?

Donner le Christ au monde ce sera tout d'abord croire comme Marie a cru; de poser cet acte de foi qui fait confiance à Dieu et qui croit qu'il est au coeur de toutes nos attentes. Qu'il est au coeur de tout ce que nous pouvons porter comme projets, comme épreuves, comme engagements, comme relations aux autres. De croire que Dieu est capable, non pas de nous donner tout ce que nous désirons, comme des enfants qui attendent tout du Père Noël, mais qu'il est capable de réaliser en nous toutes ses promesses; qu'il est capable de nous donner de vivre de sa vie dans la foi et la confiance; qu'il est capable de nous faire suivre le Christ, courageusement, sur les routes du monde, où qu'elles nous conduisent! C'est cela croire comme Marie.

Donner le Christ au monde, ce sera aussi croire que Dieu est déjà à l'oeuvre en ce monde. Ce sera d'aller vers ce monde avec empressement, comme le fait Marie en allant visiter sa cousine Élisabeth. Ce sera de croire que Dieu est déjà présent dans le coeur de tous ceux et celles qui parfois, sans connaître Dieu, le cherchent et cherchent à donner un sens à leur vie, toutes ces personnes qui donnent d'elles-mêmes sans compter et qui sont souvent des témoins extraordinaires de l'amour et du don de soi, des témoins de Dieu.

Donner le Christ au monde ce sera marcher avec tous les compagnons et compagnes de route que la vie nous donne. De marcher avec eux avec joie, de partager leurs recherches, leurs luttes et leurs peines, mais aussi leur bonheur de construire un monde meilleur, car sans qu'ils partagent tous notre foi, beaucoup d'entre eux croient en ce monde et Dieu croit en eux, car il aime tous ses enfants et sa bonne nouvelle est pour tous les hommes et les femmes de bonne volonté. C'est cela croire comme Marie. Fin du texte

 


lundi, le 12 février 2007

Journal (7)

(Cliquez ici pour aller au début du journal)

MA PREMIÈRE EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

Ma première expérience religieuse significative remonte alors que j'avais environ huit ans, à l'époque de ma ferveur éphémère pour le chapelet sans doute. Il faut dire que je fréquentais l'école Saint-Pie X, juste à côté de l'école des filles, Notre-Dame-de-Fatima. Entre nos deux écoles, il y avait une statue de la Vierge avec les trois enfants de Fatima, où nous allions dire le chapelet à l'occasion, et naturellement, pendant le mois de mai, le mois de Marie.

Un soir, mes parents m'avaient laissé écouter un film à la télévision qui racontait l'histoire des apparitions de la Vierge à Fatima. Je me souviens qu'on la voyait dans un arbre en train de parler aux enfants. Je me souviens que je la trouvais très belle et d'une grande douceur. Après le film, ma mère, ne me trouvant pas au salon, me chercha dans la maison et me trouva dans la chambre de mes parents en pleurs. J'étais allongé sur le lit de mes parents et j'avais un peu honte d'être surpris en train de pleurer. Alors, ma mère me demanda, en riant un peu, « mais voyons qu'est-ce que tu as »? Car elle voyait bien que je ne m'étais pas fait mal. La raison de mes pleurs semblait incompréhensible. Et je me revois avouant "ma peine ", avec sanglots et hoquets, en lui disant : « la Sainte Vierge est belle!» Je m'en souviens encore comme si c'était hier. J'étais complètement émerveillé par cette histoire, touché au plus profond de mon petit coeur d'enfant par cette belle Dame.

Notre école, comme tout notre développement urbain, était dans une région de cultivateurs et gagnait peu à peu sur la nature. Mais à cette époque, c'est la nature qui dominait. Et je me souviens que les jours qui suivirent mon visionnement du film, j'en étais tellement habité par le souvenir, qu'après la classe, au lieu de partir avec mes petits compagnons, je passais par le verger à côté de l'école, espérant y voir dans les pommiers la Sainte Vierge! Je voulais tellement la voir moi aussi, qu'elle me fasse ce bonheur de m'apparaître! Mais ce rêve d'enfant ne se réalisa pas, du moins pas à cette époque et pas de cette manière-là... Fin du texte

 


lundi, le 5 février 2007

Journal (6)

(Cliquez ici pour aller au début du journal)

UNE FAMILLE CATHOLIQUE

Comme la plupart des Québécois de l'époque, je suis né dans une famille catholique, baptisé à la chapelle de l'hôpital le lendemain de ma naissance, en l'absence de ma mère. C'était la façon de faire, afin d'éviter les décès sans baptême qui envoyaient alors les enfants aux limbes de saint Augustin! Je n'ai pas de souvenir d'une éducation religieuse à la maison. Tout se faisait à l'école, mais ma famille était "pratiquante ". C'était là le signe d'une bonne famille chrétienne, et tous les dimanches nous nous retrouvions à la messe. C'était ce qui était socialement bien. Il faut dire toutefois que la nouvelle banlieue que j'habitais annonçait déjà la sécularisation, déjà commencée avec la fin de la guerre et le retour des soldats. Ils avaient vu autre chose, d'autres pays et d'autres cultures. Cette ouverture au monde rendait plus intolérable le contrôle des consciences par l'Église, et ses normes n'étaient plus vues comme les seules manières de vivre. Le ressac ne faisait que commencer.

À la maison l'on ne parlait pas de Dieu ou de religion. Non par défi ou refus, mais c'était là chose réservée au dimanche et à l'église. La prière n'était pas une pratique familiale non plus. Je me souviens, inspiré sans doute par les conseils du curé qui venait visiter nos classes à l'occasion, d'avoir invité ma soeur et mes parents à dire le chapelet en famille avec le Cardinal Léger à la radio. Ma mère s'est dite occupée, mon père, fatigué de sa journée de travail, m'a tout simplement invité à prier pour la famille. Ma soeur, qui n'avait que quatre ans, me suivit au salon où l'on s'agenouilla devant la radio comme devant un tabernacle! Après deux ou trois "Je vous salue Marie" elle s'en retourna à la cuisine avec mes parents, ce jeu manquant décidément d'intérêt. Par orgueil, je pense avoir persévéré jusqu'à la fin, mais je ne soulevai plus le sujet les autres jours et ce fut la fin du chapelet en famille et de mes premières ferveurs spirituelles!

Néanmoins, j'avais une âme sensible, je crois, à toutes ces questions de ciel et de Bon Dieu. Pourtant, je fréquentais une école laïque, bien que catholique, car aucun religieux ou religieuse n'y enseignait. C'était sûrement révolutionnaire pour l'époque. Naturellement, les missionnaires ou le curé venaient nous voir régulièrement, soit pour nous parler de vocation religieuse ou encore pour nous vendre des "petits Chinois ". Une communauté de soeurs (je ne me souviens plus laquelle, mais sans doute des Missionnaires de l'Immaculée Conception) envoyait assez régulièrement de ses soeurs pour nous parler de leur mission en Chine et nous inviter (c.-à-d. nos parents) à donner des sous pour leur mission. Ainsi, si l'on donnait un sou, on avait droit de colorier une brique sur le mur de la future école à construire en Chine, 25 sous une fenêtre, un dollar une porte, etc. On pouvait même acheter un petit Chinois si l'on y mettait le prix. Je revois toujours la "joie " de mes parents quand je revenais de l'école, tout feu tout flamme, leur demandant de l'argent pour acheter un "petit Chinois ", comme s'il s'était agi d'un caniche à l'animalerie!

J'ai un souvenir très agréable de ma vie familiale quand j'étais petit. On riait beaucoup à la maison, car mon père a toujours été un blagueur. L'éducation était ferme, mais sans excès, bien que mon père se plaisait bien à affirmer, surtout quand il avait bu un peu trop, de qui relevait l'autorité à la maison. Il aimait toujours dire sur un ton solennel, en anglais: "I am the king and this is my castel..., et si çà ne fait pas votre affaire vous n'avez qu'à aller ailleurs!" Naturellement, c'était dit sans malice. Mais c'était la mentalité de l'époque où le père était le maître de la maison, du moins dans certaines familles! Et c'était le cas chez moi. Ma mère a toujours été d'un naturel discret, mais aimante, d'une patience d'ange. Je me souviens que ma grand-mère paternelle disait de ma mère : "Une vraie Sainte Vierge! " Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire alors. Ce n'est qu'à l'adolescence, quand mon père est devenu de plus en plus insupportable à cause de l'alcool, que j'ai compris.

À l'école, la religion était très présente. Je faisais partie des croisés, comme tous les enfants. A tous les jours, il y avait la prière, le catéchisme. En plus des fêtes mariales, des journées de confessions, du mois de Marie, des processions au Saint-Sacrement. Les garçons avaient aussi la possibilité d'être servants de messe et je me souviens que c'était là pour moi un idéal extraordinaire. Je m'exercais à ma chambre à servir la messe, me faisant un petit autel. Mais je ne suis jamais arrivé à me rappeler les prières latines et donc je n'ai jamais été promu au grade de servant de messe. Je n'ai servi ma première messe qu'à l'âge de 28 ans. Vous voyez que le latin et moi c'est une très vieille histoire! Fin du texte

 


dimanche, le 4 février 2007

Les disciples de Jésus

C'est Jean Galot qui disait : "Le Christ est venu sur la terre pour provoquer un attachement à sa personne, pour attirer à lui l'humanité et l'univers. Mais avant de réclamer cette adhésion, et pour l'obtenir, il s'attache lui-même aux hommes ".

J'ajouterais qu'il s'attache aussi à des hommes et des femmes qui deviennent solidaires du mystère qui l'habite et qui, à leur tour, s'attachent à leurs frères et sœurs en humanité, à l'exemple du Christ. C'est déjà là le mystère de l'Église qui s'exprime dans cette mission des disicples dont nous parle l'évangile de ce dimanche. Fin du texte

 


Champ de tournesols

ARCHIVES DU BLOGUE
  • Année 2006
  • Janvier 2007
  • Février 2007
  • Mars 2007
  • Avril 2007
  • Mai 2007
  • Juin 2007
  • Été 2007
  • Année 2008