Spiritualité 2000 le webzine des chercheurs de Dieu
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LE BLOGUE DU MOINE RUMINANT

Blogue d'un moine qui rumine devant la vie qui passe



Vache dans un pré en Pologne Tenir un blogue ? Pourquoi pas ! C’est actuel, c’est nouveau, c’est créateur. Prêtre et religieux, je suis avant tout un chrétien pour qui la foi au Dieu de Jésus-Christ fonde le sens même de mon existence.

frère Thomas

 

* Vous pouvez faire parvenir vos commentaires au Webmestre qui les transmettra au frère Thomas.


mercredi, le 28 juin 2006

La prière et les larmes

Je connais des personnes qui pleurent facilement lorsqu'elles entendent dire de belles choses sur Dieu, ou lorsqu'elles partagent leur foi dans l'intimité d'une rencontre avec un ami croyant, ou qui pleurent parfois lorsqu'elles prient. C'est un don! On l'appelle "le don des larmes". Parfois ce sont des larmes plus proche de la peine que de la joie, mais la peine que l'on éprouve quand l'on constate combien l'on est encore loin de Dieu ou du prochain, combien la perfection nous échappe. Pas des larmes de culpabilité, mais des larmes où se manifeste le désir de la perfection spirituelle. Des larmes porteuses d'un certain désir de l'infini, de la grâce, et qui demandent à Dieu la force d'aimer davantage. Ce sont des larmes où la joie spirituelle n'est jamais absente malgré le sentiment de manque.

D'autres fois, ce sont des larmes où l'amour de Dieu pour nous et l'amour que l'on ressent pour Dieu, est tellement grand qu'on en pleure de joie. On pleure de joie devant ce sentiment d'être tellement aimé, tellement chanceux de connaître Dieu et de vivre cette intimité en lui. Et l'on pleure. Pleurs de joie, pleurs de reconnaissance, pleurs devant la soif d'infini qui est en nous et que Dieu vient rassasier en son Fils Jésus Christ, en nous donnant à boire l'eau vive. Et pourtant cette soif se renouvelle à chaque fois et devient encore plus profonde, plus sainte!

Voici un petit passage du Dialogue où Catherine parle justement des larmes:

"Maintenant je t'ai dit comment la larme procède du coeur; le coeur la tend à l'oeil, l'ayant récoltée de l'ardent désir, comme le bois vert qui est dans le feu, qui par la chaleur de l'eau gémit, parce qu'il est vert - s'il était sec, non, il ne gémirait pas - ainsi le coeur, reverdi par le renouvellement de la grâce, en ayant retiré la sécheresse de l'amour propre qui dessèche l'âme. De sorte que sont unis feu et larmes, c'est-à-dire désir embrasé. Et comme le désir ne finit, jamais il ne se rassasie en cette vie, mais plus il aime, moins il lui semble aimer, et ainsi s'exerce le saint désir qui est fondé en charité, et avec ce désir l'oeil pleure."

Un texte extraordinaire sur le "saint désir" qui fait pleurer, comme le bois vert dans le feu qui distille son eau. C'est un processus de communion à Dieu, mais aussi un processus de purification. Et quand nous nous serons laissés brûler par ce feu d'amour, nous en arriverons à ne plus faire qu'un avec le feu, avec le Dieu trois fois Saint. Sans nous confondre, sans perdre notre personnalité, sans perdre même ce corps qui est le nôtre et qui nous suivra dans l'éternité. Fin du texte

 


dimanche, le 25 juin 2006

Journal de la Trappe (6)

(janvier 9 - suite) Parlant de l'expérience de l'amour dans une vie humaine, Steiner rappel une expérience de sa jeunesse où, à la dérobée il cherchait à voir passer la jeune fille qu'il aimait, sans toutefois oser l'approcher. C'était la nuit, il pleuvait et il était complètement trempé. Tout à coup, il l'a vue passer subrepticement, sans être complètement certain si c'était elle, mais il était comblé de bonheur, car son attente avait été récompensée. Il termine en disant : « Dieu ait pitié de ceux qui n'ont jamais connu l'hallucination de la lumière qui remplit la nuit pendant une telle vigile. » p.170

Cette manifestation de l'amour dans la vie des hommes, qui côtoie autant d'horreurs, lui fait dire que « Dieu n'est pas encore ». Qu'il ne sera accessible, perceptible aux hommes, que lorsque l'amour triomphera de la haine. Que chaque crime, chaque acte de cruauté ou d'injustice empêche sa venue, sa manifestation aux hommes.

Voilà cette réflexion étonnante de Steiner. L'agnostique attend, même si parfois il n'espère plus ou ne cherche plus. Mais chez Steiner, on retrouve plutôt le désir de celui qui souhaite que le voile se déchire afin que Dieu se révèle. Cette notion de Dieu qui « n'est pas encore », Steiner emploie quasiment l'expression « qui n'est pas encore né », nous plonge au cœur du mystère de l'Incarnation, celui où Dieu naît parmi nous. Ce mystère répond au plus hautes attentes de ce philosophe, bien que le Fils de Dieu n'ait pas attendu que le mal soit vaincu pour venir. Au contraire, il est venu vaincre le mal et la mort. Croire en lui, c'est s'engager avec lui dans ce combat.

Pourquoi encore autant d'horreurs? Où est l'efficacité de son salut devant la déchéance humaine? Devant ces questions il n'y a pas de réponse qui peut satisfaire l'incroyant. Il n'y a pas de preuve incontestable à fournir, si ce n'est que de proposer de regarder la vie de ceux et celles qui s'engagent véritablement dans la suite du Christ. Il trouvera là, la puissance de l'amour à l'œuvre. Il trouvera là des personnes qui croient, contrairement à Steiner, que « Dieu est », qu'il est venu en notre monde, et qu'il l'habite désormais à travers ceux et celles qui croient en lui, à travers le sacrement de sa présence qu'est l'Église. Alors que le dieu de Steiner attend dans les coulisses, laissant aux hommes le soin de faire le ménage avant qu'il ne daigne se présenter, notre Dieu et Père s'engage lui-même dans cette lutte qui marque notre humanité en nous faisant le don de son Fils unique. Fin du texte

 


jeudi, le 22 juin 2006

S'ouvrir au mystère

"Et si la perfection de l'oeil n'est pas dans sa propre géométrie,
mais dans la lumière qu'il voit et chaque objet qu'il montre.

Et la perfection de la main non pas dans ses doigts,
mais dans l'ouvrage qu'elle génère.

Pourquoi aussi la perfection de notre être
et de notre noyau substantiel
serait-elle toujours associée à l'opacité et à la résistance,
Et non pas l'adoration
et le désir et la préférence d'autre chose

et de livrer sa lie pour l'or
et de céder son temps pour l'éternité
et de se présenter à la transparence
et de se fendre enfin
et de s'ouvrir enfin
dans un état de dissolution ineffable?"

(Claudel, Paul. Le soulier de satin. Troisième journée. p. 331 . Édition Folio.) Fin du texte

 


mardi, le 20 juin 2006

La foi en Dieu est-elle nécessaire?

Une amie avec qui je corresponds se demande si la foi est vraiment nécessaire, puisqu'elle a une amie non-croyante qui est bien meilleure et dévouée que bien des chrétiens qu'elle connaît.

Ce que je réponds à cette objection: Imaginons ce qui arriverait si cette personne découvrait Jésus Christ et son Évangile? Si elle goûtait à la vie spirituelle que nous donnent la prière, les sacrements, notre appartenance à l'Église et à une communauté chrétienne? La foi en Jésus est pleine de grâces de toutes sortes à cause de son Esprit qui habite en nous. C'est cela le plus (+) que les incroyants ignorent. Eux aussi sont appelés à connaître Dieu, car cela fait une différence fondamentale dans une vie. D'ailleurs, c'est là le but ultime de la vie.

Dieu nous a créés bons, sans même que nous croyions en lui, puisque nous sommes faits non seulement par amour, mais d'amour. C'est Catherine de Sienne dans son Dialogue, au chapitre 51, qui écrit : "L'âme ne peut vivre sans amour, mais toujours veut aimer quelque chose, parce qu'elle est faite d'amour, car par amour je l'ai créée". Et l'ultime expérience de l'amour c'est de connaître Dieu.

Une personne serait-elle bonne, même sans avoir la foi, elle ne peut en rester là. Elle est appelée à devenir encore meilleure, à réaliser pleinement sa vocation humaine, qui est de nous ouvrir à la présence de Dieu en nous, de le connaître comme Jésus l'a connu. Pour vivre cela, il faut la foi! Qu'importe qu'une personne soit déjà bonne, elle ne pourra qu'être meilleure avec la foi. Elle aura en elle une joie et une paix beaucoup plus grande que ce qu'elle pourrait connaître maintenant. C'est même incomparable! La vie aura alors un véritable sens, une véritable direction.

Surtout, je dirais que cette personne ne sera plus orpheline. Elle saura enfin que le créateur de ce monde est Dieu, qu'il est son Père, et qu'il est venu parmi nous en la personne de son Fils Jésus Christ, qui lui, nous a laissé ses enseignements et le don de son Esprit Saint. C'est là le grand cadeau de la foi. La foi ne peut que nous transformer et nous rendre meilleurs et fondamentalement heureux. Fin du texte

 


lundi, le 19 juin 2006

Journal de la Trappe (5)

(janvier 9) Je termine à l'instant la lecture d'un livre du philosophe George Steiner intitulé : Errata : An examined life ( Phoenix, 1997). C'est le dominicain Paul Murray qui m'a fait découvrir cet auteur. George Steiner est né en Autriche avant la Deuxième guerre mondiale. Ses origines sont juives, bien qu'il se définisse comme un agnostique. Il a vécu en France, aux États-Unis et en Angleterre où il a enseigné la philosophie. Un esprit brillant, complexe, qui me sort de mon univers où la philosophie académique a toujours été absente. Son livre se veut autobiographique, bien que les références à sa vie soient plutôt parcimonieuses. Il en profite surtout pour développer certains thèmes qui lui sont chers tels la littérature, les arts, le langage, la science et la question de Dieu.

Cet homme maîtrise parfaitement l'anglais, le français et l'allemand, ainsi que les œuvres littéraires et philosophiques de ces cultures. La littérature, de toute évidence le passionne et il définit un « classique » comme étant une œuvre qui peut « nous lire ». Selon lui, aucune herméneutique n'est équivalente à son objet et l'analyste ne parviendra jamais à comprendre l'intégralité d'une œuvre, sa signification profonde. Il y a une « autonomie inviolable » autour d'une œuvre. Quant à l'artiste, il lui voue une admiration sans borne et il a cette belle expression : « Le dictionnaire est le bréviaire du poète; la grammaire son missel, surtout lorsqu'il s'en écarte par hérésie ». p.29

Parmi les réflexions stimulantes, parfois étonnantes, de ce philosophe, je retiens l'expression de son Credo à la fin du livre. Steiner se définit comme un agnostique, i.e. quelqu'un qui ne sait pas. Il n'en a pas contre l'idée de Dieu mais, selon lui, les religions ne sont que des constructions humaines, marquées d'un anthropomorphisme évident. Dieu, s'il existe dit-il, ne peut se dire ou se définir, l'être humain étant trop limité pour saisir un soupçon de ce que peut être la déité. S'il avait à choisir, il opterait pour les théologies de la négativité où Dieu ne peut être conçu que comme le « Tout-Autre ». Il reconnaît, à l'exemple de tous les agnostiques du monde, qu'il a parfois laissé monter une prière spontanée dans un moment de détresse vers ce Tout-Autre, mais que cela ne fait pas de lui un homme de foi.

Là où la réflexion de Steiner devient originale et stimulante pour un croyant, c'est lorsqu'il aborde la question du mal dans le monde, et sa réaction personnelle. Cette réalité de la souffrance des enfants, des tortures et des atrocités commises à tous les siècles, soulève en lui une répulsion, une révolte qui dépasse l'entendement et qui évoque même comme un appel. Il parlera en anglais d'un « counter-echo ». Comme si, dit-il, il y avait rupture dans le contrat de l'existence devant l'horreur et la déchéance humaine. La réalité pouvant se rapprocher le plus de ce bris de contrat est, dit-il, la notion de péché originel. « Mis en présence de l'enfant battu, violé, du cheval ou de la mule que l'on fouette sur les yeux, je suis possédé comme par une lucidité nocturne (midnight clarity), par l'intuition de la Chute » p.169.

Steiner constate que nous sommes enfermé dans un monde cruel et égoïste, alors qu'il aurait pu en être autrement, se demandant si le monde, tel qu'il est, n'est pas tout simplement le cauchemar d'un dieu qui dort. Et dans cette lutte qui secoue l'univers, il y a l'amour, l'opposé de la haine. Steiner note à quel point l'amour conduit aux plus grands excès, tellement son emprise est fort sur l'homme. Que l'on en arrive à identifier l'amour avec le divin c'est, selon Steiner, participer au plus commun et inexplicable sacrement dans la vie humaine. C'est toucher là  la maturité de l'esprit humain. Fin du texte

 


lundi, le 12 juin 2006

Journal de la Trappe (4)

Il y a quelques années, à l'occasion d'une année sabbatique, j'ai fait un séjour d'un mois chez des trappistes. En voici un extrait. Pour tout lire depuis le début allez dans les archives à "mai 2006".

(8 janvier) Comme je goûte ce silence de la Trappe. J'en suis à ma troisième journée et cette paix ne se dément pas. Cette quiétude que l'on retrouve dans le monastère nous échappe lorsque l'on est à l'hôtellerie. A cet endroit il y a beaucoup de va-et-vient, de bruits et de conversations à la dérobée. Mais dans le monastère, c'est le silence parfait ou presque. Plus je le goûte et plus je m'attriste de la situation de nos couvents dominicains. Pourtant, notre tradition était reconnue pour sa rigueur, pour sa qualité monastique. Il y a de çà plus de quarante ans maintenant, bien sûr, mais mon séjour à la Trappe ne fait que me confirmer que l'on a peut-être trafiqué le charisme dominicain pour en faire un erzast à la mode du jour, au goût de l'individualisme, avec ce que cela implique comme perte de ferveur spirituelle. Mon couvent, quand je le compare au monastère d'Oka, ressemble davantage à un bloc appartement mal isolé ou, pour certains, à un hôtel. Nous sommes à cent mille lieux des exigences spirituelles de la vie monastique. Comme me le répétait un frère, il y a quelques jours : « Nous ne sommes pas des cisterciens ». Phrase passe-partout pour justifier parfois un certain laisser-faire qui ne trompe personne.

Cela ne veut pas dire que les dominicains ne font pas du beau travail ou encore qu'ils ne soient pas appréciés, au contraire. Mais cela illustre bien le gaspillage éhonté de la vie spirituelle quand on considère la qualité des personnes mises en cause. Ce laxisme dans notre vie religieuse est entrain de nous tuer à petit feu.

Pour faire face au XXIe  siècle, la vie religieuse devra faire preuve d'un radicalisme à toute épreuve. Peu de jeunes viendront frapper à la porte des communautés religieuse dans un avenir prévisible. Il en est ainsi depuis les années soixante. Les jeunes qui viendront auront besoin de trouver un cadre de vie véritablement alternatif à ce que leurs proposent d'autres possibilités d'engagement. Déjà, c'est ce qui m'habitait quand je suis entré dans l'Ordre des Prêcheurs. J'ai toujours espéré le "grand soir" d'une réforme ou, à tout le moins, d'un projet communautaire qui saurait relancer la vie religieuse dans notre Province. Mais je n'ai jamais trouvé de frères vraiment prêts à vivre cette expérience et je ne me vois pas partir un projet tout seul. D'où l'hypothèse qu'évoque un milieu comme la Trappe. Devenir moine?

Ma réponse première, malgré la tentation subliminale, est de dire non. Malgré mon admiration pour cette vie, je porte cette prétention que mon engagement actif dans l'Église est nécessaire. Que Dieu a besoin de moi! Un peu gros n'est-ce pas! Mais c'est ce qui m'habite.

Je ne puis m'empêcher d'éprouver une certaine incompréhension face à ce mode de vie. Comme si être moine n'avait pas vraiment une grande utilité pour le monde et pour l'Église. Bien sûr, je connais très bien le bien-fondé théologique et spirituel de cette vie, mais pour moi, devenir moine, ce serait comme une fuite, car j'ai le sentiment que j'y serais trop bien. Que j'y retrouverais trop de chose que j'aime personnellement, d'où le risque d'un choix égoïste! De plus je m'y sentirais sûrement coupable d'abandonner les chrétiens qui ont besoin de prédicateurs et de pasteurs, qui ont besoin de frères-prêcheurs! M…!!! Fin du texte

Je serai de retour le 19 juin. Bonne semaine!

 


samedi, le 10 juin 2006

Soeur Élizabeth de la Trinité

Soeur élizabeth de la Trinité, du Carmel de Dijon, disait: "C'est toute la Trinité qui repose en nous, tout ce mystère qui sera notre vision dans le ciel. Que ce soit notre joie!" Fin du texte

 


vendredi, le 9 juin 2006

La Sainte Trinité

La Trinité, c'est Dieu en trois personnes, en trois modes d'être et d'agir. Prenons l'exemple de saint Grégoire de Nazianze : "Le Père est la source, son Verbe est le fleuve, l'Esprit est le courant du fleuve".

En Dieu, il y a tout d'abord Dieu Créateur qui se révèle comme Père. Il faut prendre ce mot avec toute la charge affective et culturelle qu'il comporte dans le milieu sémitique. Le père est celui qui engendre, qui donne la vie, qui protège et qui veille sur les siens. Le Dieu trinitaire est un père pour ses enfants. Saint Augustin emploi l’image suivante : le Père est le feu, le Fils est la lumière et l’Esprit Saint est la chaleur du feu. Maître Eckhart, dominicain allemand du XIVe siècle, disait: "Le Père rit au Fils et le Fils rit au Père et le rire fait naître le plaisir, et le plaisir fait naître la joie, et la joie fait naître l’amour." (Sermon 18).

Le Dieu trinitaire est aussi un Dieu qui parle, qui est Parole, Verbe, car une parole dite par Dieu est porteuse de sa toute-puissance, elle accomplit ce qu'elle dit. Dieu dit: "Qu'il y ait des étoiles dans le firmament", et cela fut. Dieu crée par sa Parole et cette parole est Dieu. Elle est vivante. Elle accomplit ce que le Père désir. Elle lui est liée comme un Fils à son Père, un Fils qui est la parole éternellement engendrée par le Père, comme le fleuve par la source. Une Parole éternellement créatrice puisqu'elle vient du Père. Tout se fait et tout se crée par elle et rien ne se fait sans elle. Et elle ne fait qu'un avec le Père, car elle fait toujours sa volonté: "Je suis venu pour faire la volonté de mon Père". C'est cette parole vivante, le Fils du Père, qui deviendra parole faite chair: "car Dieu a tellement aimé le monde qu'Il lui a donné son Fils unique". Ce mystère est tellement inouï dans ce qu'il nous révèle de ce Dieu qui veut se faire connaître de nous. C'est comme si nos mots d'amour étaient capables de prendre forme, de devenir vivants pour exprimer à l'être aimé toute la charge affective dont ils sont porteurs. Comme ce serait extraordinaire pour les amoureux et les grandes amitiés. Pourtant c'est ce qui se réalise par le Fils, le Verbe de Dieu: "Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous." (1 Jn 1-4).

Enfin il y a l'Esprit Saint. Si la Parole est attachée à Dieu comme un Père à son Fils, et qu'elle est capable de se dire et de s'écrire dans une chair humaine, l'amour qui jaillit de cette union du Père au Fils et du Fils au Père s'incarne à son tour pourrait-on dire. Cette communion entre le Père et le Fils, est comme un feu brûlant qui jaillit en création, qui embrase tout l'univers et qui est l'expression même de l'amour qui est en Dieu, et qui unit et le Père et le Fils. Ce feu c'est l'Esprit Saint qui est déposé dans le coeur des disciples: "Notre coeur n'était-il pas tout brûlant au dedans de nous..." (Luc 24, 13 et ss. Actes chap. 2). Fin du texte

 


mercredi, le 7 juin 2006

Vie chrétienne et pauvreté évangélique

Une amie s'interroge quant à la manière de vivre la pauvreté évangélique lorsque l'on est marié. Voici ce que j'ai partagé avec elle.

Je pense bien que celui ou celle qui veut être disciple du Christ n'en fini jamais de creuser cet appel qui l'habite, comme une soif qu'il ne parvient jamais à étancher. Pourtant, le Seigneur nous a promis une eau vive qui enlèverait à tout jamais la soif. Et c'est bien cela que le baptême nous procure, quand cette grâce est accueillie dans une foi engagée et un amour du Seigneur. La soif pour les choses terrestres s'amenuise peu à peu, au point de disparaître, quand on se met à la suite du Seigneur. C'est notre péché personnel, nos duretés, qui laissent parfois de ces espaces en nous qui lorgnent encore du côté des soi-disant "biens", des choses qui ne rassasient pas vraiment.


Pour moi, la pauvreté s'insère ici et elle est un signe de l'Évangile à l'oeuvre dans nos vies. La suite de Jésus nous dépouille peu à peu et il existe dans l'Église certains appels à un dépouillement radical afin d'être entièrement disponible aux autres et à la mission. Afin de témoigner ainsi, par l'action de la grâce en nous, et non par volontarisme, que nous sommes vraiment saisi par cet amour pour le Christ qui nous fait dire: "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant; tu as les Paroles de la vie éternelle; vers qui d'autre irions-nous?"


Cet appel à la pauvreté est un appel au coeur de la vie de tout baptisé, soit sous forme de voeu ou tout simplement dans le quotidien d'une vie chrétienne engagée. Cette pauvreté est le fait même de notre baptême qui nous configure à Jésus, qui nous fait lui ressembler au point de vouloir, je dirais au point de désirer, partager sa faiblesse humaine, son dénuement, par amour pour lui et à cause de son amour pour nos frères et soeurs qu'il nous fait découvrir comme étant nos proches, comme étant d'autres nous-mêmes. Lui, de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour nous. Il s'est abaissé jusqu'à nous au point de mourir sur la croix : par amour! C'est ce même amour désormais, par la grâce de notre baptême, qui habite en nous et qui étreint notre coeur endurci, ce coeur que le Seigneur vient guérir.


Pour des laïcs mariés avec des enfants, l'évangile a aussi les mêmes exigences. Naturellement la première responsabilité des parents est à l'égard de leurs enfants. La pauvreté évangélique évoque une simplicité de vie et nous ouvre au partage. Mais elle nous fait aussi porter un regard autre sur les biens terrestre, sur toutes ces choses qui ne doivent pas nous dominer, nous posséder, mais qui sont là à notre service, mais que nous n'avons pas toujours à utiliser. Je repense à Nice, où je suis allé il y a quelques années. Un matin, très tôt avant le levé du soleil, je suis allé me promener sur la Promenade des Anglais et je me suis rendu jusqu'au port voir les bateaux. Il y avait des yachts privés, énormes, deux trois étages, avec des équipages, des ponts d'atterrissage pour les hélicoptères privés. Tout cela suintait une telle richesse exagérée que cela me dégoûtait. Je n'enviais pas ces gens, ces millionnaires, milliardaires, utilisant pour eux seuls des biens d'un tel luxe alors que tant de gens n'ont rien. C'est saint Bernard de Clairvaux qui dit : «La nourriture des riches est cuisinée dans la sueur des pauvres».


Je pense que la vie chrétienne nous rend plus sensible à cet écart entre riches et pauvres. La pauvreté évangélique ne cherche pas à faire de la pauvreté une vertu en soi, sinon, pourquoi donner aux pauvres? Afin de les rendre plus riches? Si la pauvreté est une vertu, laissons les pauvres croupir dans leur pauvreté alors. Ainsi ils seront plus proches de l'Évangile! La pauvreté est un mal contre lequel il faut lutter, car tous ont droit à des conditions de vie qui leur permettent de vivre dignement et qui répondent à leurs besoins corporels, intellectuels et sociaux. Mais la pauvreté évangélique, c'est accepter, à cause du Christ, c'est comprendre, grâce à l'action de l'Esprit Saint en nous, combien les biens terrestres ne sont pas une fin en soi, mais qu'ils sont au service de la vie, au coeur de laquelle nous sommes appelés à reconnaître la présence de notre Dieu Père et Créateur. Les biens terrestres ne sont qu'un moyen et plus on approche de Dieu plus on en arrive à un détachement des biens terrestres. La pauvreté évangélique c'est alors d'user de ces biens comme n'en usant pas. Ne devenant pas tout triste et malheureux parce que ce que j'avais un jour, je ne l'ai plus le lendemain.


La pauvreté évangélique n'est possible que lorsque l'on donne toute la place au Christ ressuscité au coeur de nos vies. S'il en occupe le coeur, tout le reste ne peut alors qu'être ordonné en fonction de ma relation avec lui. Les parents chrétiens vont témoigner à leurs enfants que finalement, dans leur vie, il y a des valeurs fondamentales qui déterminent leur rapport aux choses et au monde, qui les empêchent de vouloir céder à la vanité, à l'orgueil de posséder ou de paraître. À chacun maintenant de déterminer ce que ceci peut vouloir dire dans sa vie familiale chrétienne. Je crois que le fondamental ici c'est l'accord du couple dans la manière de vivre ces valeurs. Le couple va souvent ressembler à la communauté religieuse où, tous, ne voient pas la pauvreté de la même manière, mais où, ensemble, on essaie de s'entendre au moins sur un minimum. Dans le couple c'est encore plus délicat. C'est pourquoi, le premier fondement à la pauvreté évangélique est dans le coeur, dans un attachement toujours plus recherché au Christ, car lui seul, peut faire de nous des pauvres selon l'esprit des béatitudes: "bienheureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux." Fin du texte

 


lundi, le 5 juin 2006

Journal de la Trappe (3)

Il y a quelques années, à l'occasion d'une année sabbatique, j'ai fait un séjour d'un mois chez des trappistes. En voici un extrait. Pour tout lire depuis le début allez dans les archives à "mai 2006".

(7 janvier) Première constatation, en me retrouvant de l'autre côté de la clôture monastique : le pourquoi de cette vie m'échappe tout à coup. J'ai bien lu sur le but poursuivi par la vie monastique, on m'en a parlé dans mes cours d'histoire de l'Église, je fréquente quand même les monastères depuis vingt-cinq ans, mais je ne sais plus vraiment pourquoi l'on devient moine tellement je suis frappé par le dépouillement de cette vie. Quelle est son utilité dans la vie de l'Église? Je trouverai sans doute des réponses au cours de ce séjour. Du moins je l'espère.

La prière ne me semble pas avoir beaucoup changée au fil des années. D'une beauté simple, mais formelle, elle sonne toujours aussi sincère, vraie. La différence cette fois c'est que je me retrouve "au milieu des moines". Je ne puis me contenter de suivre distraitement en compagnie des retraitants, loin du choeur des moines. J'ai les livres de prières sous les yeux, je suis là pour prier et chanter avec les moines, et je dois m'y retrouver parmi ces cinq livres qu'il me faut consulter pour les offices. Tout à coup, je goûte moins cette liberté du retraitant, libre de faire ce qu'il veut. Je dois entrer dans un cadre, suivre le rythme de la prière chorale. Non pas que ma liberté ne soit pas respectée. Je suis libre d'aller aux offices. Mais on ne va pas au monastère pour y vivre comme à l'hôtel. Je suis ici pour vivre une expérience monastique. Il me faudra donc assumer le tout de cette expérience.

Après mon premier office avec les moines et un temps d'oraison personnel, nous nous retrouvons au réfectoire du monastère pour le souper. Une vaste salle qui ressemble à un gymnase, où les moines sont divisés en deux "choeurs", comme à l'église. Les repas se prennent en silence et sont accompagnés d'une lecture. Au menu ce soir : galettes de sarrazin. On peut compléter l'assiette avec une pomme ou une banane et il y a aussi du fromage. Les trappistes sont végétariens et la table semble plutôt frugale. Alors les paris sont ouverts: si j'ai perdu trois kilos à Rome, capitale des pâtes et du gelato...

Je regarde l'horaire sur ma table de travail et je vois que le prochain rendez-vous est à 4h00 du matin pour les Vigiles. Levé à 3h45! Bien sûr, je ne suis pas obligé d'y aller...

La journée monastique

Lever 3h45
Vigiles 4h00

Oraison, lectio, déjeuner

Laudes 6h45
Tierce et eucharistie 8h15
Travail 9h15
Fin du travail 11h30
Sexte 12h00

Dîner; sieste (facultative!)

None 13h40
Travail 14h00
Fin du travail 16h15
Vêpres 17h00
Oraison

Souper 17h45

Complies 19h30

C'est à l'office de Complies que me vient une première constatation sur la vie des moines. Il me faudra vérifier si elle est juste mais en me retrouvant à l'église j'expérimente tout à coup que c'est là que se trouve la véritable demeure des moines. Non pas leur chambre, le réfectoire ou les lieux de travail, mais l'église. La chambre n'étant qu'une sorte de salle d'attente ou de repos, en attendant de se retrouver dans le seul lieu qui compte pour les moines: l'église. Cette nef est comme le navire du moine, ce marin de la vie spirituelle, dont tout le quotidien est tendu vers ce va et vient entre le monastère et le lieu de la prière communautaire où, ensemble, plusieurs fois par jour, on prend la mer afin d'aller y tendre ses filets au nom de Dieu et des hommes. Le désintéressement personnel et un incroyable attachement à Dieu, voilà ce qui me vient à l'esprit afin de m'aider à comprendre le radicalisme de cet engagement. Fin du texte

 


dimanche, le 4 juin 2006

La Pentecôte

Faut-il le dire, l’Esprit Saint est le souffle vital de l’Église. C’est le Métropolite Ignatios Tattaquié de Syrie qui exprimait de façon très clair, l’enjeu de cette affirmation. Il disait :

Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est une lettre morte, l’Église une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation, et l’agir chrétien une morale d’esclave. Mais en Lui : le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume, le Christ ressuscité est là, l’Évangile est la puissance de vie, l’Église signifie la communion trinitaire, l’autorité est un service libérateur, la mission est une Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié!.

Prière à l'Esprit Saint

Esprit qui planes sur les eaux
Apaise en nous les discordances.
Les flots inquiets, le bruit des mots,
Les tourbillons de vanité
Et fais surgir dans le silence
La Parole qui nous recrée.

Esprit de feu, toujours caché,
Jusqu'aux racines, par ta flamme,
Viens consumer en nous l'ivraie;
Aux profondeurs de notre vie,
Viens enfoncer comme une lame
La Parole qui sanctifie.

Esprit qui souffles en un soupir
A notre esprit le Nom du Père,
Viens rassembler tous nos désirs,
Fais-les monter en un faisceau
Qui soit réponse à la lumière,
La Parole du Jour nouveau.

Esprit de Dieu, sève d'amour
De l'arbre immense où tu nous greffes,
Que tous nos frères alentour
Nous apparaissent comme un don
Dans le grand Corps en qui s'achève
La Parole de communion.

(Liturgie des Heures, Pentecôte) Fin du texte

 


samedi, le 3 juin 2006

Pentecôte : Lumière de feu jaillit du matin de Pâques!

Vous êtes-vous déjà demandé ce que serait la fête de Pâques sans la Pentecôte, sans le don de l'Esprit Saint? Pâques serait alors la fête de Jésus seul, grand vainqueur de la mort. Car comme le dit saint Paul dans l'épître aux Romains, c'est l'Esprit du Christ qui nous donne d'avoir part à sa vie de ressuscité. Sans l'Esprit Saint il ne peut y avoir de résurrection. Sans la Pentecôte, Pâques ne serait plus une victoire pour notre humanité. Mais il y a eu Pentecôte et c'est un événement capital dans l'histoire du salut, tout autant que la fête de Pâques.

Quand Jésus parle du don de l'Esprit Saint, il évoque une vie intérieure nouvelle pour les disciples. Une vie qui est faite de communion, de participation à l'amour de Dieu, et qui est aussi une forme de connaissance nouvelle et plus profonde de qui est Dieu. L'Esprit de Vérité, dont parle Jésus, l'Esprit qui enseigne, qui fait se souvenir le disciple des enseignements du Maître, cet Esprit poursuit en nous l'action du Christ enseignant. Le disciple devient une terre d'accueil à l'action et à la présence du Christ en lui comme jamais cela n'a été possible auparavant, même pour les Apôtres avant la résurrection. Il y a là une nouveauté sans précédent dans l'histoire spirituelle de l'humanité. De ce lieu historique et temporel où Dieu s'est révélé en Jésus-Christ, jaillit une grâce surabondante pour tous les hommes et les femmes de tous les temps, de toutes races, langues et nations : le don de l'Esprit Saint étend au monde entier la mission de Jésus Christ!

Car quel est le but de Dieu, sa volonté à notre endroit, de quoi Dieu rêve-t-il pour nous, si ce n'est que nous apprenions à le connaître et à l'aimer. Cette connaissance progressive du Dieu créateur et Père de l'humanité est un processus qui s'étale sur des milliers d'années de l'histoire humaine, mais la connaissance que Dieu nous donne d'avoir de lui dans l'histoire va atteindre un point culminant et de non-retour en Jésus Christ : Dieu lui-même nous visite en son Fils. Et le but de cette Incarnation est de nous permettre d'entrer plus avant, comme jamais auparavant, dans cette union intime qui lie le Père au Fils et le fils au Père. Le Fils de Dieu vient nous révéler l'amour qui l'unit au Père afin de nous donner de connaître toute la largeur, la hauteur, la profondeur de l'amour de Dieu. Mais seul le don de l'Esprit Saint pouvait nous donner d'entrer dans cette intimité qui unit le Père et le Fils.

Désormais le Christ n'est plus confiné à un territoire, à une époque, aux limites d'un corps humain, mais il peut enfin se donner à tous par le don de son Esprit, l'Esprit d'amour et de Vérité qui nous rend capables d'aimer Dieu comme lui.

La Pentecôte, c'est l'Esprit Saint qui nous donne de devenir véritablement des disciples du Christ tout autant que les Apôtres, qui nous rend capables de reconnaître Jésus Christ comme Seigneur et Fils de Dieu.

C'est l'Esprit Saint qui met dans notre bouche la parole de vérité et de réconciliation et qui nous rend capables de professer notre foi en ce Dieu Père, Fils et Esprit Saint.

C'est lui qui met en nous des langues de feu capables d'annoncer avec force et courage la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, car la présence de l'Esprit Saint en nos vies, c'est la présence même du Christ ressuscité, présent à son église jusqu'à la fin des temps!

Voilà l'extraordinaire mystère que nous célébrons en cette fête de la Pentecôte!

Bonne fête de la Pentecôte! Fin du texte

 


jeudi, le 1 juin 2006

Journal de la Trappe (2)

Il y a quelques années, à l'occasion d'une année sabbatique, j'ai fait un séjour d'un mois chez des trappistes. En voici un extrait. Pour tout lire depuis le début allez dans les archives à "mai 2006".

(6 janvier suite) Le matin, avant de partir, le frère L. m'a dit: "dans les premiers siècles, les gens quittaient Rome afin d'aller au désert, ce qui constituait tout un jugement contre Rome!". Bien sûr, la vie monastique inspire un radicalisme qui a de quoi nous faire rougir, nous les dominicains. Ne disait-on pas jadis que le silence était le père des Prêcheurs. Il serait obscène de reprendre la formule aujourd'hui, alors que le silence se sentirait bien à l'étroit dans nos couvents entre les bruits des radios et de télévisions qui hantent nos étages. Il me faudra revenir sur cette question de l'Ordre des Prêcheurs.

Toujours est-il que je suis arrivé ici par une journée d'hiver morne et froide. A première vue le monastère semble vide. Aucun moine en vue. C'est le silence qui règne partout. Le trappiste qui me fait visiter, et que je connais bien, semble porter une lassitude indéfinissable lorsque nous parlons un peu de ses tâches et de ses projets. Comme cela doit être terrible lorsque l'on est allé au bout de soi et que l'on ressort déçu de l'expérience. Qu'existe-t-il après l'absolu de l'engagement? Cette question m'habitait un peu en l'écoutant parler.

Le monastère est sobre, propre et accueillant, malgré ce premier sentiment de vide à cause du silence omniprésent. Ma chambre semble grande, mais cela est dû à l'absence de mobilier. Un lit étroit (un mètre au plus), une table de nuit, une petite table de travail et une chaise droite. Il y a aussi un garde-robe, avec quelques tablettes et quelques tiroirs, mais ni bibliothèque, ni lavabo. La toilette personnelle se fait en commun trois étages plus bas! La fenêtre de ma chambre donne sur la cour intérieure dont les murs sont faits de grosses pierres grises. C'est un peu fermé comme horizon et mon regard ne trouvera pas là beaucoup de points de fuite.

Au centre de cette cour, un immense sapin, qui se révèlera tout illuminé de lumières de Noël à la tombée de la nuit. Quelle belle surprise! Il est difficile d'imaginer la fête dans un monastère, comme si la joie débordante et le silence n'allaient pas ensemble. Triste constat, s'il est juste. Mais il est trop tôt pour juger. Je ne suis ici que depuis 6 heures! Fin du texte

 


Champ de tournesols

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