
Tenir un blogue ? Pourquoi pas ! C’est actuel, c’est nouveau, c’est créateur. Prêtre et religieux, je suis avant tout un chrétien pour qui la foi au Dieu de Jésus-Christ fonde le sens même de mon existence.
frère Thomas
* Vous pouvez faire parvenir vos commentaires au Webmestre qui les transmettra au frère Thomas
lundi, le 25 décembre 2006
Nativité du Seigneur
" Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime! "
mercredi, le 20 décembre 2006
Heureuse celle qui a cru !
Marie, la mère de Jésus, occupe une place centrale dans la foi de l'Église. Elle est celle qui a cru. Mais quand on dit de Marie qu'elle est celle qui a cru, l'on ne veut pas dire par là qu'elle fait simplement partie d'une longue lignée de témoins de la foi, bien que cela soit vrai. Mais l'on veut plutôt affirmer que toute l'expérience de la foi chrétienne, qui consiste à croire que le Fils de Dieu s'est incarné, a comme point de départ la foi de Marie. Elle est celle qui a cru non seulement à la réalisation des promesses de Dieu, à sa venue en notre monde, mais à son incarnation dans sa chair même. Marie accomplit ainsi la première et la plus grande des béatitudes, celle qui requiert une confiance absolue en Dieu, celle de la foi.
Quand l'Évangile nous dit : " Heureuse celle qui a cru ", cette exclamation n'est pas seulement un cri d'admiration, mais avant tout une invitation qui nous est lancée à vivre cette béatitude de la foi à l'exemple de Marie. C'est pourquoi, à quelques jours de la fête de Noël, la liturgie nous invite à contempler la mère de Jésus, car en elle se trouve résumé tout le sens de l'Avent. En Marie se retrouve toute l'attente de l'humanité qui espère, et qui a besoin d'être libérée des forces du mal. Et en Marie se retrouve l'expression la plus parfaite de l'accueil qu'une femme, qu'un homme puisse donner au don précieux que Dieu nous offre en Jésus, son Fils, son Unique. 
dimanche, le 17 décembre 2006
La famille chrétienne devant la crèche
Ce qui vient immédiatement à l'esprit lorsque l'on aborde le thème de Noël et de la famille, c'est évidemment celui de la Sainte Famille. Comment cette scène de la crèche de Noël n'évoquerait-elle pas chez les familles chrétiennes une résonance certaine quant à l'expérience de foi qu’elles vivent et son lien avec ce qu'a vécu la Sainte Famille.
Spontanément, ce sont les aspects suivants qui me viennent à l'esprit pour alimenter une réflexion chrétienne sur ce thème :
1- la famille comme oeuvre de création
2- la famille comme lieu d'accueil
3- la famille comme lieu de mission
Quand on considère le mystère de l'Incarnation, on contemple tout d'abord l'oeuvre de Dieu. Dieu aime et il est source de tout amour. Par définition, l'amour est fécond puisqu'il vient de Dieu. L'amour est plein de vie et engendre la vie chez ceux et celles qu'il touche. Dieu croit en la vie, puisqu’il est vie, et en nous envoyant son Fils, il vient racheter cette vie afin de la mener à sa plénitude et à sa destination originelle, soit la communion pleine et entière de l'humanité avec son Dieu.
De toute éternité, l'humanité est appelée à la divinisation, et la famille participe éminemment à cette oeuvre, car c'est par elle que naissent les enfants de Dieu. En ce sens, le couple est créateur, mais son oeuvre de création il la tient de Dieu. Il suffit de contempler Marie et Joseph pour mieux saisir le sens de cette affirmation. Leur vocation, vient de Dieu, elle est avant tout un oui à Dieu. Sans ce oui, Dieu ne peut agir, mais c'est l'initiative de Dieu qui fait de ce couple un participant à son oeuvre qui vient parfaire sa création et la mener à son accomplissement.
La famille est aussi une oeuvre d'accueil, car la vie humaine est le lieu privilégié où Dieu se manifeste. Comme le dit la Lettre aux Hébreux: " N'oubliez pas l'hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges " (Hé. 13, 1-2). Marie et Joseph ne connaissaient sans doute pas toute la grandeur du mystère qui se déroulait dans leur vie. Ne les voit-on pas s'inquiéter quand Jésus disparaît au Temple ou lorsqu'il commence à prêcher. Et pourtant, Marie porte tout cela dans son coeur et médite sur ces choses. Ce n'est qu'après la résurrection que tout deviendra clair. Il y a un mystère d'accueil dans la vie de foi, accueil des personnes et des événements. Ce mystère est tout particulièrement à l'oeuvre dans la famille, qui est une communauté d'accueil pour les vies qui lui sont confiées. Des vies livrées à l'amour de Dieu ayant chacune son appel propre, son mystère, chacune étant un reflet de l'amour de Dieu pour les hommes et les femmes de ce monde.
C'est autour des deux pôles mentionnés précédemment, que la famille va se définir comme lieu de mission pour le chrétien et la chrétienne qui s'y engagent. Car la participation à la mission créatrice de Dieu et l'accueil de la vie ne sont pas que des attitudes passives, mais elles entraînent aussi un agir qui va entraîner toute la famille. La famille va devenir ce lieu où doit grandir l'enfant de la crèche afin de devenir cette présence du Christ Ressuscité au monde. Le mystère de la présence de l'enfant de la crèche dans une famille doit nécessairement ouvrir sur le mystère pascal et ce mystère est un mystère de don de soi.
C'est dans la famille que les vertus chrétiennes seront nourries et entretenues par l'exemple des parents, par une vie de prière soutenue, et par une vie en Église réelle et engagée. Le terreau familial deviendra ainsi le lieu de croissance des vertus évangéliques, dont se nourriront les enfants, car elles leur auront été communiquées par les parents, tout comme les enfants sont allaités par le lait maternel. La famille deviendra ainsi une Église familiale ayant en son centre Jésus ressuscité.
La famille qui se rassemble autour de la crèche exprime déjà sa volonté d'entrer dans ce mystère, puisque l'enfant de la crèche est l'expression achevée du " Dieu avec nous ", Dieu qui se remet entre nos mains, " Dieu avec nous " en se faisant l'un des nôtres, en prenant sur lui nos joies et nos peines. L'enfant de la crèche nous ramène à l'aurore de ce mystère de l'amour de Dieu pour nous, et en même temps la crèche est une fenêtre grande ouverte sur l'avenir. Elle nous entraîne au coeur du mystère pascal où brillent les premières lueurs de l'éternité.
Puisse ce Noël vous rapprocher les uns des autres, et de celui qui s'est fait le plus petit des tout petits enfants pour nous. 
vendredi, le 15 décembre 2006
Les étonnements du porteur d’or
Voici un très beau texte que Béatrice, une fidèle lectrice du blogue, m'a fait parvenir :
On n’a pas idée de se laisser guider par une étoile! Ce n’est pas fiable. Où est-elle passée ?
Nos maîtres sont savants, mais je me demande s’ils ne sont pas un petit peu innocents. Partir comme ça, à la belle étoile! Et aller parler d’un nouveau roi à un roi ancien! On ne m’a pas dit que du bien de cet Hérode. Et tout ce surcroît de bagages!
Fatigués. Les nuits sont glacées. Ils n’arrivent plus à nous faire lever le matin. Quitter notre froide couche de neige fondue au profond du sentier? Le chemin est long. Il est long, il est long.
Ça chante là-bas. À cette heure-ci!
Et pendant ce temps, vous vous rendez compte de ce que j’ai à porter? Ça monte.
Toi, tu as pris l’encens. Monsieur porte léger.
Je ne vis pas de fumée, moi!
Un enfant, un enfant, vous me la baillez belle. Par une nuit si calme, on l’entendrait pleurer.
Ça chante là-bas.
Dans mon pays, j’ai connu ça. Un petit qui trotte dans vos pas. Et l’attente… Je connais ça. Et puis il s’éloigne. Il apprend lui aussi à être conduit par un mot dans le creux de l’oreille.
Une nuit si tranquille, où scintille déjà la rosée lumineuse…
Nos maîtres nous montrent une cahute, entourée de moutons silencieux. Je pourrais poser enfin ce sac d’or? Vous croyez, vous croyez?
Cette ligne dorée autour de la porte sombre?
Porte étroite, et au-dessus…Mais oui, l’étoile, je sais. Avançons.
Ne poussez pas, je me baisse comme je peux.
Mais oui, l’étoile. Je sais. La folle et sage étoile.
Laissez-moi voir. Laissez-moi passer mon cou. Je veux voir, moi aussi.
Oh!
Les mains vides.
Les mains pleines. 
mercredi, le 13 décembre 2006
Un journaliste veut savoir
Fait vécu. La scène s'est déroulée à Montréal, peu de temps avant Noël. Un journaliste d'une chaîne de télévision locale interrogeait les gens sur la rue et leur posait la question suivante:
"On dit que Jésus est le Sauveur, mais de quoi vient-il nous sauver?"
Une jeune femme, dans la vingtaine, répondit sans hésiter: "Jésus vient nous sauver de l’insignifiance."
Le journaliste en resta bouche-bée et moi aussi. 
mardi, le 12 décembre 2006
Réflexion pour l'Avent
Pas étonnant, dit Dieu,
que notre histoire soit tissée de rendez-vous manqués!
Vous m'attendez dans la toute-puissance
et je vous espère dans la fragilité d'une naissance!
Vous me cherchez dans les étoiles du ciel
et je vous rencontre dans les visages qui peuplent la Terre!
Vous me rangez au vestiaire des idées reçues
et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce!
Vous me voulez comme une réponse
et je me tiens dans le bruissement de vos questions!
Vous m'espérez comme pain
et je creuse en vous la faim!
Vous me façonnez à votre image
et je vous surprends dans le dénuement d'un regard d'enfant!
Mais, dit Dieu, sous le pavé de vos errances,
un Avent de tendresse se prépare
où je vous attends comme la nuit attend le jour...
Francine Carrillo (Pasteur à Genève) 
samedi, le 9 décembre 2006
Le Noël des marchands
Noël est l'un de ces temps de l'année où le mystère frappe à notre porte. Villes et villages, un peu partout dans le monde, soulignent l'événement. Mais il faut bien l'avouer, trop souvent le sens de la fête est perdu. Et le tourbillon du temps des fêtes en vient même à lasser les chrétiens et les chrétiennes pour qui cette fête marque pourtant la naissance de leur Seigneur et Sauveur. La fête de Noël fait maintenant partie du patrimoine humain. Aucune fête chrétienne n'a connu une telle popularité, bien que la fête de Pâques soit la plus grande des fêtes chrétiennes. Un enfant dans un berceau c'est tout de même plus fascinant qu'un homme cloué sur une croix! C'est pourquoi ce temps de l'année marque une convergence de traditions et de représentations qui ne semblent pas toujours faire bon ménage les unes avec les autres.
Pour certains, Noël évoque surtout les souvenirs féeriques, réels ou imaginaires, des Noëls de l'enfance. Ces souvenirs évoquent souvent la nostalgie d'une fête dont on n'arrive plus à retrouver le sens. Les gens de cette catégorie ont souvent le Noël triste comme l'on dit de quelqu'un qu'il a le vin triste.
Il y a aussi le Noël des chrétiens, fête de la Nativité, qui n'a de sens que pour ceux et celles qui croient en l'Enfant-Dieu. Même dans cette catégorie il y en a qui ont perdu le sens de la fête. Ils jugent trop superficiel tout ce qui entoure Noël et ils ont parfois le sentiment de s'être fait voler leur fête!
Il y a enfin le Noël pour tous, le Noël démocratisé qui remporte la faveur populaire et qui conjugue sans difficulté la dinde de Noël, la course effrénée aux cadeaux et, à l'occasion, lorsque le temps le permet, une messe de minuit.
Pourtant, même ce Noël, que certains appellent le Noël des marchands, est porteur de sens et rejoint l'être humain dans ses aspirations les plus profondes par certaines de ses facettes. Il ne faudrait pas oublier que ce dernier-né des manifestations de la fête de Noël est marqué profondément par le christianisme. Il ne faudrait pas le renier trop facilement et l'envoyer coucher dans l'étable. Ce Noël sécularisé, celui que nous connaissons tous, est souvent un moment privilégié pour les réconciliations, l'accueil de l'autre et le don de soi. Quoi qu'il en paraisse, le Noël des marchands est souvent un Noël de générosité toute simple, sans prétention, par lequel les gens cherchent à se donner un temps de bonheur ensemble, à faire sens du temps qui passe en s'ouvrant à l'autre. Et ce bonheur, notre société, bien qu'elle se veuille laïcisée, elle le trouve près de la crèche.
Le Noël des marchands est une fête qui éveille le goût de donner chez les gens, surtout de se donner, ce qui explique sans doute pourquoi Noël est l'un des temps de l'année où les bénévoles se font les plus nombreux aux portes des organismes caritatifs de toutes sortes. En dépit de ses dérives, n'est-ce pas là une preuve que le Noël des marchands est une fête qui est toute proche de ses racines évangéliques et qui, lorsque bien vécu, peut devenir un prolongement tout naturel de la célébration liturgique que nous en faisons en Église.
Et pourquoi ne pas faire de ce Noël 2006 un vrai Noël de marchands, un Noël de marchands de bonheur accueillant dans leurs maisons ceux qui sont seuls, donnant un peu de nos tables à ceux qui ont faim, ouvrant nos cours à la réconciliation et au partage. Car n'est-ce pas là une conséquence inévitable du sens de cette fête. Ceux et celles qui se mettent à la suite de l'Enfant-Dieu se doivent d'être habités de sa générosité à Lui, car Noël c'est la fête de la générosité surabondante de Dieu. C'est Dieu qui se donne à nous! C'est Dieu-avec-nous et pour le monde : l'Emmanuel! 
lundi, le 4 décembre 2006
Une espérance têtue!
"Convertissez-vous, préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route." Ces consignes évangéliques ne sont pas nouvelles pour nous. A chaque année, et tout au long de l’année, elles nous sont répétées, afin de nous rappeler les exigences de la suite de Jésus Christ. Elles nous sont rappelées de peur que nous nous arrêtions en chemin, que nous oublions quelle espérance têtue et obstinée doit nous animer dans notre vie de foi de tous les jours. Car notre foi est une foi qui espère!
La liturgie est une pédagogue et le temps de l’Avent se présente à nous comme une mise en scène liturgique qui veut nous aider à découvrir combien est belle cette espérance qui doit nous habiter à cause de la venue du Fils de Dieu en notre monde. Le temps de l’Avent vient nous aider à approfondir cette joie qui doit être la nôtre au moment de célébrer la naissance du Sauveur. Car il n’y a pas de plus grand bonheur que d’entrer dans cette connaissance de Dieu qui nous est donnée avec la venue de son Fils. C’est là le cœur de notre foi. Et l’Avent nous prépare à cette fête en nous rappelant par les textes de la Parole de Dieu, combien grande était l’attente du Messie avant qu’il ne se manifeste à Bethléem, dans une étable. Le temps de l’Avent vient nous dire que cette espérance, il nous faut la vivre dans le quotidien de nos vies, et ce, jusqu’à ce que le Seigneur Jésus revienne à la fin des temps, car il ne cesse de se donner à nous à chaque jour.
Le monde a-t-il vraiment changé depuis cette nuit de Bethléem? Est-ce que la venue du Christ a véritablement changé le visage de notre Terre? Nous ne savons pas comment aurait évolué notre monde sans cette influence déterminante du christianisme sur l’Histoire et la pensée humaine, mais ce que nous savons, c’est que la suite du Christ a transformé radicalement la vie d’une multitude d’hommes et de femmes au cours des siècles, qui ont pris sur eux-mêmes, au nom de l’Évangile et de leur amour de Dieu et du prochain, de transformer cette terre, d’inaugurer des relations de paix, de justice et de miséricorde partout où ils passaient.
Il ne s’agit pas ici d’une espérance “à la petite semaine”, d’une espérance facile et béate. Elle est profonde comme la mer cette espérance à l’image de la connaissance du Seigneur qui nous est promise. Cette espérance, elle est de tous les combats, de toutes les luttes, et c’est elle qui nous rend capables de nous engager, de nous aimer les uns les autres, de pardonner, de changer nos cœurs, de recommencer quand tout s’écroule, de reconstruire... C’est cette espérance têtue et obstinée que nous demandons au Seigneur de renouveler en nous en ce temps de l’Avent. 
vendredi, le 1 décembre 2006
Marie, celle qui écoute
« L'être qui écoute, absolument parlant, est la vierge qui devient enceinte du Verbe et l'engendre comme son fils et comme le Fils du Père. Elle-même, aussi comme mère, reste servante; le Père seul est le Maître, avec le Fils qui est la vie de Marie et modèle de cette vie. Marie est fonction du fruit de son sein.
Même après l'avoir engendré, elle le porte en elle; elle n'a qu'à regarder dans son coeur qui est plein de lui, pour le trouver. Mais elle ne néglige pas de regarder constamment l'enfant qui grandit à côté d'elle, le jeune homme, l'homme, dont les sentiments et les actes lui apparaissent sans cesse imprévus et surprenants, au point que, de plus en plus, elle "ne comprend pas" ce qu'il a dans l'esprit, lorsqu'il la laisse dans le Temple sans l'avertir, ou ne la reçoit pas quand elle vient lui rendre visite, ou cache sa puissance dans sa vie publique et sacrifie sa vie, et lorsque finalement il lui échappe encore au pied de la croix, en lui donnant un fils étranger, Jean, à sa place. Elle écoute, de toutes les forces de son corps, le Verbe qui retentit d'une manière toujours plus forte, toujours plus divine et apparemment toujours plus étrangère, le Verbe dont les dimensions la déchirent presque, et auquel elle a pourtant d'avance et radicalement donné son oui pour tout.
Elle se laisse conduire "où elle ne veut pas", tant la Parole qu'elle suit est peu sa propre sagesse. Mais elle est d'accord avec cette conduite, tant la Parole qu'elle aime est "ensemencée" dans son coeur. (Jc. 1, 21). » p.20
Source : Balthasar, Urs von. La prière contemplative. Fayard, 1972.