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Rome tape sur les doigts des religieuses américaines de la LWCR

Une «provocation» envers le Saint-Siège. C’est ainsi que le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), a qualifié la décision de la «Leadership Conference of Women Religious» (LCWR), qui regroupe 80% des religieuses catholiques américaines, de remettre un prix à une théologienne contestée par les évêques du pays. Le prélat allemand, qui recevait le 30 avril 2014, à Rome, les responsables de la LCWR, leur a reproché, sur un ton particulièrement direct, leur manque de collaboration dans le processus de réforme engagé au terme de trois années d’enquête au sein de l’association.

Le dialogue demeure tendu entre la CDF et la LCWR. Dans un discours publié par la suite sur le site de la CDF, le cardinal Müller a regretté que les responsables de l’association de religieuses aient décidé de remettre un prix à Sœur Elizabeth Johnson, connue pour ses positions souvent divergentes de celles de l’Église. Le prélat a souligné que cette religieuse féministe était critiquée par les évêques des États-Unis pour la gravité de ses erreurs doctrinales dans ses écrits de théologie.

Cette décision, a-t-il poursuivi, «sera vue comme une provocation plutôt ouverte contre le Saint-Siège» et contre l’évaluation doctrinale de la LCWR, terminée en 2012. En outre, a déploré le cardinal allemand, cette décision éloigne encore les religieuses américaines des évêques. Le préfet de la CDF a également souhaité que Mgr Peter Sartain, archevêque de Seattle et délégué du Saint-Siège pour mener la réforme de la LCWR, soit impliqué dans le choix des intervenants et dans l’ensemble des décisions des religieuses.

Reproches directs
Reconnaissant qu’il s’exprimait «crûment», le cardinal Müller a affirmé que la remise du Prix, en pleine mise en place de l’évaluation doctrinale, était regrettable et que le processus d’attribution de la distinction devait être réexaminé. Le préfet de la CDF a également pointé du doigt «l’attention» des religieuses américaines à la théorie de «l’évolution consciente», contraire à ses yeux à la révélation chrétienne. Et le cardinal allemand de s’interroger sur la façon dont un tel intérêt pour de nouvelles idées a «volé aux religieuses» leur sens ecclésial.

En 2012, au terme de trois années d’enquête, la CDF avait lancé un vaste programme de réforme de la principale association de supérieures de congrégations aux États-Unis, qui représente 80% des 57 000 religieuses du pays. La CDF reprochait notamment à la LCWR son absence de soutien aux enseignements de l’Église en ce qui concerne l’ordination des femmes et l’homosexualité, ainsi que son silence concernant le droit à la vie de sa conception à la mort naturelle dans un débat public animé aux États-Unis. Le pape François, qui a confirmé les résultats de l’évaluation doctrinale, avait rappelé en mai 2013 à quelque 800 supérieures générales du monde entier, l’importance de la «fidélité» au magistère de l’Église.