Actualités, États-Unis

Actualités

Pax Christi demande aux États-Unis de suspendre leurs sanctions sur l’Iran

Dans le contexte de la pandémie planétaire du Covid-19, le mouvement catholique mondial pour la paix, Pax Christi, a lancé un appel en faveur d’une suspension des sanctions américaines contre l’Iran, la Syrie et Gaza.

« La crise du Covid-19 rend encore plus urgente et nécessaire la suspension des sanctions économiques mises en place par l’administration des États-Unis à l’encontre de l’Iran, de la Syrie et de la bande de Gaza, lesquelles contribuent à semer la souffrance et la pauvreté au sein des populations de ces zones. »

Tel est l’appel lancé par Pax Christi International, depuis son siège à Bruxelles, dans une lettre ouverte de son président, Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, et de l’ensemble de ses dirigeants, qui a été adressée directement au président Donald Trump et rendue publique lundi 30 mars.

Car ce réseau catholique international sait combien la vie quotidienne en Iran, en Syrie et à Gaza, « déjà précaire, s’est encore aggravée à cause du coronavirus ».

Suspendre, ou du moins alléger

Pax Christi International demande donc au président américain de suspendre, ou au moins d’alléger, les sanctions qui ont de graves conséquences sur les populations civiles et compromettent les capacités des gouvernements à répondre à la crise sanitaire. Ces sanctions comprennent, en effet, un volet financier qui entrave la capacité de ces pays à « importer les fournitures et équipements médicaux nécessaires ».

C’est le cas notamment en Iran, où l’on compte officiellement plus de 3 000 morts, et où les sanctions voulues par les États-Unis – avant la crise actuelle – ont provoqué une grave carence de médicaments et d’équipements médicaux.

Pax Christi cite l’accord des États-Unis déjà exprimé à la Banque centrale iranienne à propos du commerce à caractère humanitaire. Mais ces sanctions américaines, regrette-t-il, compromettent l’ensemble de l’économie iranienne et rendent les responsables financiers et politiques d’autres pays « peu disposés à effectuer des transactions avec l’Iran, par crainte d’encourir des représailles ».

S’agissant de la Syrie, Pax Christi s’inquiète des conséquences que l’épidémie pourrait avoir dans un pays de 18 millions d’habitants, dont « 11 millions ont besoin de l’aide humanitaire pour survivre » et où les sanctions empêchent l’achat de médicaments et de matériels médicaux, alors même que le système sanitaire a été dévasté par neuf années de guerre civile.

Et dans les nombreux camps de déplacés surpeuplés, le coronavirus pourrait provoquer une « catastrophe ».

Manque de médicaments de base

Quant à Gaza, Pax Christi rappelle que le blocus israélien rend la situation « invivable » et que l’ONU a maintes fois attiré l’attention internationale sur le manque de médicaments de base et d’équipements médicaux. « La densité de la population, les carences du système d’adduction d’eau et des services hygiéniques font de la bande de Gaza une zone vulnérable où le développement de foyers d’épidémie aurait un impact dévastateur avec des conséquences négatives également sur Israël ».

Pax Christi International demande d’ailleurs aux autorités américaines de solliciter d’Israël afin qu’il garantisse que soient fournis à Gaza « des dispositifs et des technologies médicales » et que soient accordés aux patients ayant besoin de soin hors de Gaza « les permis nécessaires pour de longues périodes de traitement et ce, également aux membres de leurs familles, en particulier aux parents qui accompagnent leurs enfants ».

Le message s’achève par la promesse de « prier pour la sagesse et la compassion du président Donald Trump en ces temps difficiles ». Le 20 mars, ce dernier avait participé par téléconférence à une prière organisée par 700 pasteurs évangéliques pour invoquer la force de vaincre l’épidémie de coronavirus.

Fondé en 1945, comme mouvement de réconciliation entre Français et Allemands, Pax Christi International compte 120 organisations, dans plus de 50 pays sur les cinq continents.