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Les dominicains de Toulouse veulent sauver leur lieu de naissance

La Fondation du Patrimoine lance une campagne de mobilisation de mécénat populaire en faveur de la Maison Seilhan où saint Dominique implanta, en 1215, une petite communauté de frères prêcheurs.

Jeudi 20 décembre (11 h 15) est lancée officiellement une campagne de mobilisation de mécénat populaire, sous l’égide de la Fondation du Patrimoine, en faveur de ce lieu classé monument historique.

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Jeudi 20 décembre (11 h 15) est lancée officiellement une campagne de mobilisation de mécénat populaire, sous l’égide de la Fondation du Patrimoine, en faveur de ce lieu classé monument historique. / Pascal Pavani/AFP

À Toulouse, Place du Parlement, construite sur l’ancien rempart gallo-romain encore visible en cet endroit, la maison Seilhan est l’une des plus anciennes maisons de Toulouse. Elle est donc un témoin précieux de l’histoire de la Ville Rose dont elle raconte les lointaines empreintes romaines et les évolutions au fil des siècles.

Cette maison Seilhan est également considérée comme l’un des berceaux de l’ordre de Saint-Dominique puisqu’en 1215, saint Dominique, alors âgé de 45 ans, y implanta la première petite communauté de frères prêcheurs qui s’étaient joints à lui peu auparavant.

« La fondation de l’ordre des prêcheurs est intimement mêlée à l’histoire de Toulouse et comme imbriquée dans son patrimoine », explique-t-on à la Fondation du Patrimoine. De fait, depuis la création de l’Université médiévale jusqu’à la construction, au XXe siècle, du couvent Saint-Thomas d’Aquin à Rangueil, au sud de Toulouse, décrit comme « hardiment contemporain », les dominicains n’ont cessé d’accompagner l’histoire de Toulouse depuis plus de huit siècles.

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Mais la Maison Seilhan a besoin d’être restaurée. « La maison tient debout, explique Frère François Daguet, dominicain responsable de la maison Seilhan. Mais elle n’a pas arrêté d’être transformée et on a besoin de 30 000 € pour la remettre en état. »

C’est pour cela que ce jeudi 20 décembre (11 h 15) est lancée officiellement une campagne de mobilisation de mécénat populaire, sous l’égide de la Fondation du Patrimoine, en faveur de ce lieu classé monument historique.

À la fois musée et foyer d’étudiants

De plus, la convention signée avec la Fondation du Patrimoine permettra la restauration d’œuvres d’art puisque la maison Seilhan, où habitent Sœur Claire Rousseau, dominicaine, et sept étudiantes à l’année, est aussi un petit musée, avec une collection de peintures, sculptures, émaux, etc. à thème dominicain du XVe au XXIe siècle.

Cette convention pour la restauration d’œuvres d’art permettra notamment la restauration de deux tableaux de grand intérêt. L’un, représentant saint Dominique, attribué à Eustache Le Sueur (grand peintre français du XVIIe siècle), et qui était, jusqu’à la Révolution, dans le couvent de Saint-Maximin. Saisi comme bien national puis vendu, il avait rejoint une importante collection privée d’Aix-en-Provence, avant d’être racheté par la province dominicaine de Toulouse.

Saints Vincent Ferrier et Pierre de Vérone

L’autre est une prédelle catalane de la fin du XVe siècle, témoin de la richesse de l’iconographie en Occitanie à cette époque. En deux panneaux joints, elle figure saint Roch et saint Vincent Ferrier (dominicain espagnol du XIVe, grand prédicateur en Europe), saint Nicolas (très vénéré à la fin du XVe) et saint Pierre de Vérone (premier martyr dominicain).

« On a besoin d’au moins 10 000 € pour restaurer ces deux tableaux, poursuit Frère François Daguet. Et on aura besoin ensuite d’environ du même montant pour restaurer un panneau très intéressant, représentant le Miracle de Soriano, quand la Vierge serait apparue en Italie du sud, demandant à un dominicain de vénérer saint Dominique. »

Claire Lesegretain. Journal La Croix