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Les autorités chinoises accélèrent la politique de sinisation de l’Église catholique en Chine

Deux événements récents, organisés dans les provinces de Shandong et de Hebei par la Conférence des évêques de Chine (BCCC) et par l’Association patriotique catholique chinoise (CCPA), semblent indiquer une volonté d’accélérer la sinisation des religions voulue par le Parti communiste chinois et par le président Xi Jinping. Même si au sens académique, cette sinisation concerne l’indigénisation des pratiques religieuses au sein de la culture chinoise, en pratique, elle se base sur les valeurs du PCC qui impose ainsi sa suprématie.

 

 

Le 24 septembre, des prêtres et catholiques chinois ont participé à un événement sur la sinisation du catholicisme, à Zibo dans la province de Shandong.

Le gouvernement communiste chinois semble accélérer le processus de sinisation de l’Église catholique locale, en cherchant à faire appliquer les politiques du Parti communiste chinois, mises en œuvre par le président Xi Jinping. Deux événements, organisés récemment dans les provinces de Shandong et de Hebei par la Conférence des évêques de Chine (BCCC, la conférence épiscopale « officielle ») et par l’Association patriotique catholique chinoise (CCPA), semblent indiquer que les responsables religieux cherchent à mettre en œuvre la politique de sinisation du PCC. Selon le Mouvement de Lausanne, au sens académique, la sinisation des religieux concerne l’indigénisation de la foi, des pratiques et des rituels religieux au sein de la culture et de la société chinoises. Toutefois, concrètement, la sinisation repose sur une idéologie profondément politique, qui cherche à imposer aux sociétés et institutions des règles strictes, basées sur les valeurs fondamentales du socialisme et sur la reconnaissance officielle de la suprématie du PCC.

Appels à adhérer à la politique de sinisation des religions

Le 24 septembre, les catholiques de deux églises de la ville de Zibo, dans la province de Shandong, ont participé à un événement appelé « Hundred Sermons », destiné, selon le site de la BCCCC, à expliquer les instructions du président Xi sur les activités religieuses, sur la promotion de la sinisation dans l’Église et son adaptation à la société socialiste. Près de trente personnes ont participé au programme organisé dans l’église de Zhangdian, à Zibo, où Mgr Joseph Yang Yongqiang, approuvé par le Saint-Siège et vice-président de la BCCCC, a donné un discours. Le père Wang Yutong, directeur adjoint et secrétaire général de l’Association patriotique catholique de Zibo, a proposé une présentation intitulée « Expérience personnelle de la sinisation de l’Église », basée sur ses trente années d’expérience en paroisse. Le prêtre a conclu son intervention en appelant les catholiques chinois à assumer l’héritage de pionniers comme Mgr Zong Huaide et à adhérer à la sinisation des religions. De son côté, Mgr Yang a salué le père Wang pour sa présentation, en invitant les membres de l’Église locale et les prêtres à adhérer à ces principes.

La Chine classée 17e sur 50 par l’Index mondial de persécution des chrétiens

Par ailleurs, du 27 au 29 septembre, 18 membres clé de la CCPA, de diverses villes et provinces chinoises, ont visité le village de Xibaipo, un site éminent de l’histoire du PCC situé à Shijiazhuang. La visite appelait clairement à soutenir le parti communiste chinois et son idéologie, dans le cadre de la sinisation de l’Église chinoise. Le village de Xibaipo a été le dernier siège du Comité central du Parti avant son entrée à Pékin. C’est de là que Mao Zedong a conduit trois batailles majeures à Liaoshen, Huaihai et Pingjin contre les forces nationalistes. Le groupe a également visité des organisations catholiques au Hebei, dont le séminaire théologique catholique, la fondation caritative Xinde et la société Xinde. Ils ont également rencontré Mgr Francis An Shuxin, évêque de Baoding, ainsi que des prêtres et des paroissiens.

La Chine est officiellement athée mais reconnaît la présence légale de cinq religions – le catholicisme, le protestantisme, le bouddhisme, l’islam et le taoïsme. Durant des années, les autorités ont contrôlé strictement les groupes religieux approuvés par l’État, et persécuté ceux adhérant à des groupes non enregistrés et non reconnus, y compris des catholiques de l’Église « souterraine » refusant de prêter allégeance au Parti. Selon le groupe chrétien américain Portes Ouvertes, la Chine est classée 17e sur 50 pays où les chrétiens rencontrent les formes les plus graves de persécutions.

(Avec Ucanews)