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Le président Vietnamien reçu par le pape François

Durant sa visite en Italie, le président de la République du Vietnam, Trân Dai Quang, a été reçu par le Pape le 23 novembre, une rencontre qui vient six jours après l’adoption par les députés vietnamiens de la loi sur les croyances et religions.

Les deux hommes se sont entretenus en privé pendant 15 minutes environ, en présence de deux interprètes. A l’issue de cet entretien, Trân Dai Quang a présenté au Pape sa délégation composée de 10 personnes. Parmi les personnalités accompagnant le président, figuraient le vice-ministre des Affaires étrangères, le vice-ministre de la sécurité publique et le président du parti communiste de la ville de Hanoï.

Elaborée en 2015 par le Bureau des affaires religieuses, la loi sur  » les croyances et les religions, adoptée le 18 novembre 2016, avait été présentée aux responsables religieux du pays, qui avaient, à l’époque, dénoncé un texte “archaïque“ et une “entrave à la liberté et à la pratique religieuse“.

Notamment parce que toute activité religieuse devait être “enregistrée auprès des autorités compétentes“.

Les communautés religieuses ou de la société civile n’ont pour le moment fait aucun commentaire public sur l’adoption de la loi, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018,

Cette loi stipule que “ les citoyens ont le droit d’exprimer leur foi, de pratiquer leurs cérémonies de culte et de prières, de participer aux formes d’activités festives communautaires, à la célébration des cérémonies religieuses et à l’étude de la doctrine de la religion à laquelle elles adhèrent“.

En revanche, les organisations religieuses devront se faire enregistrer et obtenir l’autorisation d’entrer en activité. Les conditions sont notamment de “posséder une charte, avoir une doctrine, un règlement et une orientation de la pratique religieuse qui ne s’opposent pas aux prescriptions nationales“.

Cette rencontre du 18 novembre entre le Pape et le président Trân Dai Quang s’est déroulée quelques semaines après la sixième rencontre du groupe de travail entre le Saint-Siège et la République socialiste du Vietnam, les 24 et 26 octobre 2016.

Ce groupe de travail avait comme objectif de “développer et approfondir“ les relations bilatérales entre les deux parties afin d’établir à terme des relations diplomatiques.

En l’absence de relations diplomatiques officielles, le Saint-Siège dispose depuis début 2011 d’un ‘représentant pontifical non-résident’ auprès du gouvernement de Hanoï, qui, en la personne de Mgr Leopoldo Girelli, est déjà nonce apostolique à Singapour.

En 1975, le régime marxiste de Hô Chi Minh avait rompu les relations avec le Vatican, perçu comme un “allié des puissances impérialistes“. Le début des années 1990 a marqué le commencement de la période d’ouverture entre les deux Etats.

Mais les relations ne vont toutefois pas sans frottement avec l’Église catholique au plan local, une Eglise qui, forte de 7 millions de fidèles, est la seule institution à exister hors du cadre du parti communiste vietnamien, d’un pays de 90 millions d’habitants

Récemment, la Conférence des évêques vietnamiens s’est ainsi fortement opposée, mais sans succès, au projet de « loi sur les croyances et la religion », adopté la semaine dernière par l’Assemblée nationale et que l’épiscopat avait jugé « peu conforme » à la démocratie, craignant une mainmise plus forte de l’État sur les religions.

Dans le même temps, « et plusieurs fois, le gouvernement a pu utiliser le Saint-Siège pour modérer les ardeurs de certains évêques », notent les observateurs, de même que l’actuel président Trân Dai Quang s’est d’ailleurs fait remarquer par la rigueur avec laquelle il a agi contre les dissidents du régime.

Vu de Rome, l’établissement de relations diplomatiques avec Hanoï constituerait aussi un message à destination de la Chine, soulignant la capacité du Saint-Siège à établir des rapports de bonne volonté avec un régime communiste.

« Si la Chine et le Vietnam sont effectivement des rivaux politiques, les deux partis communistes sont aussi des “partis frères” qui observent de près leurs politiques religieuses respectives, souligne notre observateur. Au point qu’on peut se demander dans quelle mesure Hanoï peut établir des relations diplomatiques avec Rome avant que Pékin ne l’accepte… » (source :Mepasie.)