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Le pape réduit Fernando Karadima à l’état laïc

Une décision exceptionnelle pour le bien de l’Eglise

Le pape François a réduit à l’état laïc Fernando Karadima Fariña, de l’archidiocèse de Santiago du Chili – reconnu coupable d’abus sexuels et psychologiques -, a annoncé le Saint-Siège le 28 septembre 2018. Le pape a pris cette décision « exceptionnelle », « en conscience et pour le bien de l’Eglise », précise un communiqué en espagnol. La réduction à l’état laïc, ou démission de l’état clérical, est la peine maximum.

Par cet acte, le pape exerce son « pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel » dans l’Eglise (Code de droit canon, 331), « conscient de son service au peuple de Dieu comme successeur de saint Pierre », précise la note.

Le décret de réduction à l’état laïc, signé par le pape le 27 septembre, est entré en vigueur à ce moment même, avec la dispense de toutes les obligations cléricales. Il a été notifié à Fernando Karadima le lendemain.

Fernando Karadima a été déclaré coupable d’abus sexuels et psychologiques par le Vatican en 2011, et condamné à se retirer dans un monastère pour une vie « de prière et de pénitence », sans aucune mission pastorale, tandis que les faits étaient prescrits pour la justice chilienne.

Il était au cœur de la crise chilienne qui a commencé alors que Mgr Juan Barros Madrid, nommé évêque d’Osorno en 2015, a été accusé par des laïcs de son diocèse d’avoir été au courant de ses actes. Après avoir pris la défense de l’évêque dans un premier temps, le pape a reconnu « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation, notamment en raison d’un manque d’information véridique et équilibrée ».

Tous les évêques du Chili, convoqués au Vatican, avaient alors remis leur démission. Le pape a appelé des résolutions « à court, moyen et long terme », pour remédier au système qui a permis l’occultation des abus.

Deux clés de lecture 

Dans une déclaration, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège Greg Burke a donné « deux clés » pour comprendre cette décision forte du pape : d’une part, « le pape le fait en conscience » ; d’autre part, sa motivation est « pour le bien de l’Eglise ».

« Le pape François, ajoute-t-il, agit comme pasteur, comme père, pour le bien de tout le Peuple de Dieu » : « La démission de l’état clérical de Fernando Karadima est un pas de plus dans la ligne dure du pape François devant les abus. »

Greg Burke insiste sur le fait qu’il s’agit d’une mesure « exceptionnelle », mais « les graves délits de Karadima ont causé des dommages exceptionnels au Chili » : il s’agissait d’un cas « très sérieux de pourriture » et il fallait « en arracher la racine ».