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Le pape François est arrivé au Japon en « pèlerin missionnaire »

Le pape est arrivé samedi 23 novembre au Japon, seconde étape de son voyage asiatique. Devant les évêques du Japon, François a présenté les enjeux de son voyage.

Après trois jours en Thaïlande, le pape François est arrivé samedi 23 novembre en fin d’après-midi au Japon où il restera jusqu’à mardi.

Après son atterrissage peu avant 17 h 30 (9 h 30 à Rome et Paris), et une brève cérémonie d’accueil à l’aéroport de Tokyo-Haneda, il s’est immédiatement rendu à la nonciature apostolique pour une rencontre avec les évêques catholiques du Japon auxquels il a rappelé combien venir au Japon était un vieux rêve de jeunesse.

« Aujourd’hui, le Seigneur me donne l’occasion de me trouver parmi vous en tant que pèlerin missionnaire sur les pas de grands témoins de la foi », s’est réjoui le pape, rappelant la longue histoire des saints et martyrs chrétiens au Japon, à commencer par le jésuite François Xavier, arrivé il y a 470 ans cette année, mais aussi les chrétiens cachés.

« Un visage de l’Église très apprécié par la société japonaise »

Dans son discours, le pape s’est félicité du témoignage de la petite communauté catholique du Japon et de la manière elle a « su accompagner la culture japonaise ».

« Vous avez façonné au long des années un visage de l’Église très apprécié, en général, par la société japonaise, grâce à vos nombreuses contributions au bien commun », a noté François, relevant « la forte volonté d’inculturation et de dialogue, qui a permis le développement de nouvelles façons de procéder indépendantes de celles qui ont été élaborées en Europe ».

Une façon de couper court aux critiques souvent exprimées à Rome, et qu’il avait relayées lui-même dans une lettre en 2017 aux évêques japonais, contre un épiscopat japonais jugé trop timide dans sa manière d’évangéliser.

« Je me ferai l’écho de vos appels prophétiques pour le désarmement nucléaire »

« L’Église au Japon est modeste et que les catholiques sont une minorité », a reconnu le pape qui a, au contraire, encouragé leur « témoignage humble, quotidien et d’un dialogue avec d’autres traditions religieuses ».

Le pape est aussi revenu sur quelques événements clés de son séjour au Japon, à commencer par sa visite, ce dimanche, à Nagasaki et à Hiroshima.

« Je prierai pour les victimes du bombardement affreux de ces deux villes et je me ferai l’écho de vos propres appels prophétiques pour le désarmement nucléaire », a-t-il annoncé.

« Notre devoir humain et chrétien d’aider ceux qui souffrent »

Lundi, il rencontrera aussi les victimes du « triple désastre » constitué par le séisme de 2011 puis le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima qui ont suivi.

« Leur souffrance qui continue nous rappelle éloquemment notre devoir humain et chrétien d’aider ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit et d’offrir à tous le message évangélique d’espérance, de guérison et de réconciliation », a insisté le pape, évoquant « le mal (qui) fait irruption simplement avec sa violence destructrice ».

François a évité ainsi de se prononcer sur le nucléaire civil dont les évêques japonais demandent pourtant la condamnation par le Vatican.

« Les multiples défis de la société japonaise »

François s’est, par contre, penché sur les multiples défis de la société japonaise qui touchent aussi les communautés catholiques « marquées pour diverses raisons par la solitude, le désespoir et l’isolement ».

Citant notamment « l’augmentation du nombre de suicides », le « harcèlement » ou « l’exigence forte de réussite d’une « culture de l’efficacité, du rendement et du succès », il a mis en garde contre les « nouveaux genres d’aliénation et de désorientation spirituelles » qui touchent les Japonais, et notamment les jeunes, auxquels il a demandé aux évêques de prêter une attention spéciale.

« Nous devons atteindre l’âme des villes »

« Une recherche créative, inculturée et ingénieuse du kérygme peut avoir beaucoup d’écho dans de nombreuses vies désireuses de compassion », a relevé le pape qui, dans l’esprit missionnaire qui caractérise son voyage en Asie, à inviter les évêques « à rechercher, à développer et à promouvoir une mission (…) capable de rejoindre les personnes où qu’elles se trouvent, en correspondant à la réalité ».

« Le point de départ de tout apostolat naît de là où se trouvent les gens avec leurs habitudes et leurs activités, a conclu le pape. Là, nous devons atteindre l’âme des villes, des professions, des universités pour accompagner par l’Évangile de la compassion et de la miséricorde les fidèles qui nous ont été confiés. »

SOURCE : Journal La Croix