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Le pape appelle à la « réconciliation » des catholiques de Chine

Le 26 septembre, quatre jours après l’annonce de la signature d’un accord provisoire entre Pékin et le Vatican, le pape François a publié un « Message aux catholiques chinois et à l’Église Universelle ». Il y appelle les fidèles chinois à « la réconciliation », et réaffirme la nomination des 7 évêques « officiels » du pays, qui avaient été excommuniés par Rome.

Le Vatican a annoncé par un communiqué, le 22 septembre, la signature, à Pékin, d’un « accord provisoire » avec la République populaire de Chine « sur la nomination des évêques » mettant fin à un schisme qui date de 1957. Annoncée plusieurs fois depuis deux ans, cette déclaration est le fruit de négociations qui durent depuis plusieurs années entre le Saint-Siège et Pékin.

Dans l’avion qui le ramenait de Tallinn, le soir du 25 septembre, le pape François s’est expliqué sur cet accord pour confirmer qu’il nommerait les évêques chinois. Le 26 septembre, il a publié un « Message aux catholiques chinois et à l’Église Universelle ».

Un appel pour rassurer malgré « beaucoup de confusion »

« Ces derniers temps, ont circulé de nombreuses voix discordantes sur le présent et, surtout, sur l’avenir des communautés catholiques en Chine. Je suis conscient qu’un tel tourbillon d’opinions et de considérations puisse avoir créé beaucoup de confusion », commence François dans son message en soulignant son admiration pour la fidélité de ces catholiques malgré « des expériences douloureuses ».

Dans ce texte publié dans la matinée du 26 septembre, il exhorte tous les catholiques chinois à se faire « artisans de la réconciliation ». Pour que la rencontre entre l’Église de Chine et le Vatican, soit « féconde », le pape argentin rappelle que la seule voie possible est « de dialoguer (…) de se connaître, se respecter et marcher ensemble pour construire un avenir commun de plus haute harmonie ».

Il appelle ces fidèles à continuer à « servir leur pays avec engagement et honnêteté » et leur conseille également d’user de leur foi « dans le but d’édifier une société plus juste, plus humaine et plus respectueuse de la dignité de toute personne ».

Alors que le Synode des Jeunes se tient en octobre, le pape s’adresse également à la jeunesse catholique de la République populaire. « Je vous demande de collaborer à la construction de l’avenir de votre pays avec les capacités personnelles que vous avez reçues en don et avec la jeunesse de votre foi. Je vous exhorte à porter à tous, avec votre enthousiasme, la joie de l’Évangile ». François leur conseille d’« ouvrir leur cœur » et surtout de « ne pas avoir peur ».

Un accord inédit qui vise la « réconciliation »

Le pape rappelle également que l’accord provisoire est le résultat d’un long échange entre le Saint-Siège et les autorités gouvernementales chinoises, déjà entamé par ses deux prédécesseurs.

Le message souligne également le caractère inédit de cette entente paraphée avec les autorités chinoises « nécessairement perfectible » et appelle les évêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïques, à « chercher ensemble de bons candidats qui soient en mesure d’assumer dans l’Église le délicat et important service épiscopal ».

Le pape réaffirme qu’il aura personnellement la charge de la nomination des évêques. « Dans le but de soutenir et de promouvoir l’annonce de l’Évangile en Chine et de reconstruire la pleine et visible unité dans l’Église, il était fondamental d’affronter, en premier lieu, la question des nominations épiscopales. », explique-t-il d’une part. Une décision qu’il justifie par « le désir sincère des catholiques chinois de vivre leur foi en pleine communion avec l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre ».

Le texte revient également sur la levée des excommunications qui pesait sur sept évêques ordonnés par les autorités chinoises. « J’ai décidé d’accorder la réconciliation aux sept évêques « officiels » restants, ordonnés sans mandat pontifical et, ayant supprimé toute sanction canonique relative à leurs cas, de les réadmettre dans la pleine communion ecclésiale », explique le pape, tout en leur demandant en contrepartie « d’exprimer, par des gestes concrets et visibles, l’unité retrouvée avec le Siège apostolique ».

Constance Vilanova. Journal La Croix