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Le cardinal José Tolentino Mendonça bientôt tertiaire dominicain

Après de longues années de relations étroites avec l’ordre des prêcheurs, le cardinal portugais José Tolentino Mendonça, 54 ans, archiviste et bibliothécaire du Vatican, recevra l’habit dominicain le 14 novembre en devenant membre du tiers ordre.

Comme le rapporte l’agence portugaise catholique « Ecclesia », le cardinal José Tolentino Mendonça va recevoir l’habit dominicain, en tant que membre du tiers ordre, le samedi 14 novembre, au couvent Saint-Dominique, à Lisbonne. « La Province portugaise de l’ordre des prêcheurs et la famille dominicaine en général se réjouissent et accueillent joyeusement ce nouveau membre », a déclaré le père José Nunes, provincial des dominicains au Portugal.

Selon le père Filipe Rodrigues, maître des novices dominicains à Lisbonne, le cardinal Tolentino entretenait depuis des années des relations étroites avec deux dominicains portugais, les frères José Augusto Mourão et Mateus Peres, et il était également proche des dominicaines de Lumiar.

« Cette proximité l’a amené à s’identifier au charisme dominicain », a expliqué le père Rodrigues. Avant d’ajouter que le cardinal José Tolentino Mendonça, « étant prêtre diocésain et désormais cardinal, entre dans les fraternités sacerdotales de l’ordre ».

Entre Madère, l’Angola, Rome et Lisbonne

Né le 15 décembre 1965 sur l’île de Madère (Portugal) au sein d’une famille de cinq enfants, José Tolentino de Mendonça a passé son enfance en Angola, où son père était pêcheur. De retour au Portugal à l’âge de 9 ans, il a étudié la théologie à l’université catholique portugaise (UCP) avant d’être ordonné prêtre en 1990 pour le diocèse de Funchal (Madère).

Après une maîtrise en sciences bibliques à l’Institut biblique pontifical de Rome (1992), il exerce son ministère sacerdotal à Funchal, puis comme chapelain de l’UCP pendant cinq ans et enfin comme recteur de Nossa Senhora da Bonanza à Lisbonne. Parallèlement, tout en préparant un doctorat en théologie biblique à l’UCP (2004), le père Tolentino de Mendonça devient successivement professeur au séminaire diocésain de Funchal, recteur du Collège pontifical portugais à Rome, conférencier à l’Université catholique portugaise, et professeur invité au Brésil par diverses universités catholiques.

À Lisbonne, il intègre l’UCP comme assistant (1996-1999), puis comme professeur auxiliaire (2005-2015) avant d’en devenir le vice-recteur (2012) puis le doyen de la faculté de théologie (2018). Pendant un an (2011-2012), il intègre une équipe internationale de chercheurs de l’université de New York pour travailler sur « Religion et raison publique ».

Cet éminent intellectuel catholique, considéré comme l’une des voix les plus originales de la littérature portugaise moderne, a été choisi pour être le premier directeur du Secrétariat de la pastorale de la culture (2004-2014) créé par les évêques portugais pour promouvoir le dialogue entre l’Église et les milieux culturels. En 2011, Benoit XVI le nomme membre du Conseil pontifical pour la culture, poste où il est reconduit en 2016 par François.

Ce dernier l’invite en 2018 à venir prêcher la retraite de Carême de la Curie romaine. Ses prêches, faisant référence à Fernando Pessoa, Françoise Dolto, Etty Hillesum ou Blaise Pascal, ont été publiés sous le titre Éloge de la Soif (1) et préfacés par le pape.

Le lien avec les dominicains

Un peu plus tard, en juin 2018, le pape le nomme archiviste et bibliothécaire du Vatican – pour succéder à Mgr Jean-Louis Bruguès qui occupait ce poste depuis 2012 – et archevêque titulaire de Suava.

L’année suivante, il est créé cardinal-diacre lors du consistoire du 5 octobre 2019 ; lui est alors attribuée l’église romaine de saints Dominique et Sixte, qui est celle de l’Angelicum, l’Université pontificale de Saint Thomas d’Aquin parrainée par l’ordre des prêcheurs.

Une coïncidence que ne manque pas de relever le provincial portugais des dominicains, en rappelant que le jour où il a reçu cette église, le cardinal Tolentino de Mendonça « a lui-même assumé son lien avec les dominicains ».

(1) Parmi ses nombreux livres, certains ont été traduits en français : La nuit ouvre mes yeux (Éd. Orfeu, 2006) ; Notre père qui es sur la Terre (Novalis Cerf, 2013) ; Petit traité de l’amitié (Salvator, 2014) et Le Temps et la promesse, Éd. des Béatitudes, 2016).

SOURCE : Journal La croix