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L’archevêque de Varsovie défend la séparation des pouvoirs en Pologne

Le cardinal Kazimierz Nycz a pris la parole pour critiquer la réforme judiciaire en cours, prenant ses distances avec le parti conservateur au pouvoir.

L’archevêque de Varsovie, le cardinal Kazimierz Nycz, a déclaré jeudi 28 septembre qu’il priait pour que la séparation des pouvoirs soit préservée en Pologne. C’est une façon de critiquer implicitement la tentative du gouvernement de réformer le système judiciaire dans un sens qui réduirait l’indépendance des juges et les subordonnerait au pouvoir politique.

Alors que l’épiscopat polonais se montre généralement favorable au parti conservateur en place, Droit et Justice (PiS), ces déclarations du cardinal Nycz sont surprenantes. Elles s’inscrivent toutefois après d’autres critiques, durant l’été, de responsables catholiques, à propos du projet de réforme du Tribunal constitutionnel.

Le cardinal Nycz a évoqué ce problème au cours d’une messe célébrée à l’occasion du centième anniversaire de la Cour suprême, actuellement au centre d’un virulent débat politique. « Personne ne soupçonnait que l’institution centenaire se trouverait dans une situation de grande inquiétude pour elle et pour ses hommes, et en même temps pour leur avenir », a observé l’archevêque de Varsovie. Il a dit prier Dieu « pour qu’il n’arrive rien de mauvais, que ne soit ébranlé aucun fondement de ce que nous appelons la séparation des trois pouvoirs (…)».

Le chef du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski, la Première ministre Beata Szydlo et le président Andrzej Duda sont tous catholiques pratiquants et assistent régulièrement aux messes solennelles célébrées à l’occasion d’événements officiels. Au cours de son ascension vers le pouvoir en 2015, le PiS a bénéficié du soutien d’une bonne partie de l’épiscopat et du clergé catholiques, toujours influents en Pologne.

Mgr Stanislaw Gadecki, actuel président de la Conférence épiscopale, avait de son côté pris la parole le 24 juillet, dans une lettre adressée au président polonais, Andrzej Duda. « La vraie démocratie n’est possible que dans l’État de droit », y affirmait-il, rappelant les mots de Jean-Paul II sur l’importance de la séparation des pouvoirs.

Clémence Houdaille (avec AFP) Source : Journal La Croix