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Devant les juges de la Rote romaine, le pape insiste sur « le rôle central » de la conscience

Devant les juges et avocats de la Rote romaine, le pape a redit l’importance d’une formation sérieuse des jeunes couples au mariage, mettant l’accent cette année sur le « rôle central » de la conscience humaine.

Chaque année, le pape propose à la rote romaine, le tribunal chargé des affaires matrimoniales au Vatican, une réflexion sur un point délicat. Pour la troisième année consécutive, et dans les suites des synodes sur la famille de 2014 et 2015, François a souligné encore une fois cette année l’importance d’une solide préparation au mariage qui soit une sorte de « catéchuménat permanent ». Inaugurant l’année judiciaire, lundi 29 janvier, il s’est aussi intéressé de près, cette année, au rôle central de la conscience.

« La conscience assume un rôle décisif dans les choix importants que les fiancés doivent affronter » en s’engageant dans le mariage, a-t-il souligné. Or, leur conscience souffre aujourd’hui souvent d’un « conditionnement » : « Comment sauver les jeunes du tapage et du bruit assourdissant de l’éphémère, qui les portent à renoncer à assumer des engagements stables et positifs pour le bien individuel et collectif ? », s’est-il interrogé avant de mettre l’accent sur l’urgence de les former solidement à « construire et garder le sanctuaire intime de la conscience humaine ».

« Une expérience continue de la foi, de l’espérance et de la charité est d’autant plus nécessaire pour que les jeunes puissent décider encore, avec une conscience sûre et sereine, que l’union conjugale » ouverte à la vie est « une grande joie pour Dieu, pour l’Église et pour l’humanité », a-t-il dit.

Une conscience bien formée est à ses yeux, aussi, le gage d’un juste rapport aux sacrements : « L’intention sacramentelle n’est jamais le fruit d’un automatisme, mais toujours celui d’une conscience illuminée par la foi », remarque-t-il.

Une formation « longue et difficile »

Cette formation, « longue et difficile », porte sur le « nécessaire rapport » entre « la fidélité au magistère » et « l’attention urgente de l’Église aux processus psychologiques et religieux de toutes les personnes appelées » au mariage, ajoute le pape.

Cette attention au « champ sacré de la conscience des fidèles » est au cœur du travail des juges et avocats de la Rote romaine, qui sont chargés de discerner de la nullité d’un mariage, a souligné le pape, leur rappelant qu’ils exercent en ce sens un « ministère de la paix des consciences ».

« L’étroite connexion entre le champ de la conscience et celui des processus matrimoniaux dont vous vous occupez chaque jour, demande d’éviter que l’exercice de la justice soit réduit à une tâche purement bureaucratique, a-t-il mis en garde. Si les tribunaux ecclésiastiques tombaient dans cette tentation, ils trahiraient la conscience chrétienne ». « Nous devons empêcher que la conscience des fidèles en difficulté dans leur mariage se ferme au chemin de la grâce », a-t-il encore insisté.

Le pape est aussi revenu sur la publication de deux Motu proprio, en septembre 2015, destinés à rendre plus rapide et accessible la procédure judiciaire pour les causes de nullité de mariage (Mitis Iudex Dominus Iesus et Mitis et misericors Iesus), ainsi que sur le rôle central de l’évêque diocésain, « juge personnel et unique » de cette procédure accélérée.

Par la déclaration de nullité, l’Église constate que le sacrement n’a pas été validement conclu, donc n’a jamais existé, mais ne remet pas en cause qu’un mariage reste indissoluble donc ne peut en soi être annulé. La nullité permet aux anciens époux de se remarier religieusement, alors que l’Église ne reconnaît pas le divorce et considère un remariage civil comme une infidélité au véritable conjoint.

Céline Hoyeau. Journal La Croix