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Aux États-Unis, les évêques condamnent la politique migratoire de Donald Trump

Mgr Joe Vasquez, évêque d’Austin (Texas) et président de la Commission pour les migrants du pays, a condamné, mercredi 25 et jeudi 26 janvier, les décrets présidentiels prévoyant la construction d’un mur à la frontière mexicaine et la réduction des fonds fédéraux accordés aux villes accueillant des clandestins.

Deux discours en deux jours. Mgr Joe Vasquez, évêque d’Austin (Texas) et président de la Commission pour les migrants, rattachée à la Conférence épiscopale américaine, a publié, mercredi 25 et jeudi 26 janvier, deux messages condamnant avec virulence les récents décrets signés par le président Donald Trump en matière d’immigration.

Diffusés sur le site de la Conférence épiscopale américaine (USCCB), ces discours dénoncent notamment le projet présidentiel de construction d’un mur à la frontière mexicaine et la réduction, par Washington, des financements fédéraux accordés aux 200 « villes sanctuaires » américaines, accueillant depuis plusieurs décennies des immigrés clandestins, à qui elles ont notamment promis différentes formes de protection.

Protéger les citoyens et les nouveaux arrivants

« Je partage la préoccupation que nous ressentons tous lorsqu’une personne est victime de la criminalité, surtout lorsque l’auteur de ce crime est entré illégalement aux États-Unis », a d’abord concédé Mgr Vasquez, dans son texte du 26 janvier.

« Et j’exhorte nos élus locaux, étatiques et fédéraux à travailler ensemble pour veiller à ce que toutes les personnes – les citoyens des États-Unis comme les nouveaux arrivants – soient protégées de ceux qui représentent une menace pour la sécurité nationale », poursuit-il ensuite, ajoutant toutefois s’inquiéter de l’application du décret portant sur les « villes sanctuaires » américaines ainsi que du renforcement de la politique gouvernementale de détention et d’expulsion des migrants dans le pays.

Une politique migratoire « qui nuit à la dignité humaine »

À ses yeux, l’offensive menée par Donald Trump pour réduire de moitié l’immigration clandestine dans le pays risque de détériorer considérablement les relations locales entre les forces de l’ordre et les communautés d’immigrés.

« Nous savons que les relations de coopération entre les organismes d’application de la loi et les communautés d’immigrés sont essentielles. Or je crains que ces décrets exécutifs ne nuisent à cette nécessité vitale », écrit-il en ce sens, appelant les autorités à revoir une politique migratoire « qui divise les familles et nuit à la dignité humaine ».

Des migrants plus vulnérables à la frontière

La veille, Mgr Vasquez s’était aussi insurgé, sur le site de la USCCB, contre le projet de « construction immédiate » d’un mur à la frontière mexicaine, entériné mercredi 25 janvier par l’administration Trump. « Je suis découragé que le président ait décidé [cela] en priorité », dénonçait-il alors. « La construction d’un tel mur ne fera que rendre les migrants – et plus particulièrement les femmes et les enfants – plus vulnérables encore face aux contrebandiers », a-t-il ensuite poursuivi, ajoutant que ce mur déstabiliserait, de surcroît, « de nombreuses communautés, pleines de vie et merveilleusement interconnectées, et qui cohabitent de part et d’autre de la frontière ».

Jeudi 26 janvier, les évêques mexicains se sont joints à l’appel de Mgr Vasquez pour condamner ce mur, qu’ils qualifient d’« interférence humaine ».« Nous exprimons notre douleur et notre rejet du mur », ont-ils déclaré dans un communiqué commun, en invitant le président Donald Trump à « réfléchir plus profondément sur les façons d’assurer la sécurité, le développement et l’emploi sans provoquer plus de dommages que ceux que subissent déjà les plus pauvres et les plus vulnérables ».

Malo Tresca, pour Urbi & Orbi. Journal La croix.