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Au Mexique, encore deux prêtres assassinés

Les pères Ivan Jaimes et Germain Muniz Garcia ont été tués le 5 février dans l’État de Guerrero, ce qui porte à 20 le nombre de victimes de meurtre au sein du clergé depuis 2013, dans ce pays gangrené par les guerres entre narcotrafiquants et trafiquants de migrants.

Lundi 5 février, aux premières heures, deux jeunes prêtres ont été tués dans une embuscade le long de la route reliant Taxco à Iguala, dans l’État mexicain de Guerrero. Il s’agit des pères Ivan Jaimes, 37 ans, curé à Las Vigas, dans le diocèse d’Acapulco, et Germain Muniz Garcia, 39 ans, curé de Mezcala, dans le diocèse de Chilpancingo-Chilapa. Le père Jaimes était également un musicien connu de musique religieuse.

Selon les informations parvenues à Fides, l’agence des Œuvres pontificales missionnaires du Vatican, les deux prêtres se trouvaient à bord d’une voiture, en compagnie de quatre autres personnes. Ils revenaient de Juliantla, petit village dans l’État de Guerrero, où ils avaient participé à la fête de Notre-Dame de la Chandeleur.

Sur la route, un véhicule leur a bloqué la route et des hommes armés ont ouvert le feu, tuant les deux prêtres qui se trouvaient à l’avant du véhicule et blessant trois des personnes qui voyageaient avec eux, la quatrième ayant échappé aux balles. La police a trouvé, à environ un kilomètre du lieu de l’embuscade, un véhicule dans lequel se trouvaient une cartouchière de type militaire et un porte-fusils.

En 2017, plus de 23 000 homicides

Cette attaque illustre, une fois de plus, le climat de violence qui règne au Mexique, pays gangrené par la corruption, le trafic de migrants et les guerres sanglantes entre cartels de drogue. En 2017, plus de 23 000 homicides ont été enregistrés, soit plus de 60 meurtres par jour. Même les zones les plus reculées ne sont désormais plus épargnées par les affrontements entre trafiquants.

Selon le Centre multimédia catholique (CCM, une unité de recherche mexicaine qui recense les attaques contre les prêtres et religieux au Mexique depuis janvier 2013), le Mexique est le pays « le plus dangereux d’Amérique latine pour les prêtres », devant la Colombie, le Brésil et le Venezuela. Les prêtres impliqués dans la défense des migrants ou la lutte contre la corruption des autorités sont visés pour des raisons politiques. Mais très souvent, ces assassinats de prêtres sont le fait de truands locaux.

Ces deux nouveaux meurtres portent à 20 le nombre de prêtres assassinés dans le pays depuis 2013. Mais au total, toujours selon le CCM, plus de cinquante prêtres et religieux mexicains ont été victimes de cette violence entre 1990 à 2017, dont un cardinal.

« Grave perte pour toute l’Église »

Le porte-parole du diocèse de Chilpancingo-Chilapa, Benito Cuenca, qui a condamné l’attaque du 6 février perpétrée contre les deux jeunes prêtres, a rappelé qu’au cours des cinq dernières années, six prêtres avaient été assassinés dans cet État de Guerrero. Benito Cuenca a invité les prêtres et les religieux à prendre les précautions nécessaires quand leur action pastorale les met en danger.

Quant à l’évêque de Chilpancingo-Chilapa, Mgr Salvador Rangel Mendoza, il a qualifié la mort des deux prêtres de « grave perte pour toute l’Église, pour les deux diocèses et pour leurs familles ». Il a invité tous les fidèles à prier pour leur repos éternel et a lancé un appel énergique aux autorités à tous les niveaux afin qu’elles assurent la paix au Mexique et dans l’État de Guerrero.

Lors de son voyage au Mexique en février 2016, le pape François avait exhorté les prêtres et religieux à ne pas succomber à « la résignation » face à la violence, la corruption et le trafic de drogue.


Claire Lesegretain (avec Fides). JOURNAL LA CROIX