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Au Costa Rica, les évêques contre la remise en question du catholicisme d’État

Les évêques du Costa Rica ont publié, mi-juin, une note affirmant leur opposition à l’inscription dans la Constitution du catholicisme comme religion d’État. Ils dénoncent une « compilation de préjugés anticatholiques » sous couvert d’une « sécularisation bienveillante ».

Pour l’heure, le Costa Rica est l’un des derniers pays du monde à avoir le catholicisme comme religion d’état, avec Malte, Monaco ou le Vatican. Et pour les évêques du pays – soutenus en ce sens par l’Alliance évangélique –, pas question que cela change. Ils ont ainsi publié mi-juin à travers leur Conférence épiscopale une note demandant le retrait d’une proposition de réforme constitutionnelle visant à faire du Costa Rica un État laïque.

La conférence épiscopale costaricaine justifie son opposition à cette proposition en assurant qu’elle n’apporterait « aucun bénéfice ou protection à la liberté religieuse », déjà garantie. Pire, ils y voient même une menace, car sous couvert d’une « sécularisation bienveillante », il s’agirait plutôt selon eux d’aboutir à « un État neutre en matière de religion ». Ainsi, s’ils ne se déclarent pas opposés à un État laïque, les évêques refusent la proposition actuelle car, affirment-ils, elle ne « déboucherait pas sur une expression et une croissance saines de la liberté religieuse ».

Dans sa déclaration, la Conférence épiscopale argue également d’une fidélité historique à l’histoire du Costa Rica, qualifiée de « nation née sous la protection de la foi chrétienne et en particulier de la foi catholique ». Ils voient dans la défense de cette proposition « une compilation de préjugés anticatholiques » qui ne serait portée que par une minorité de Costaricains. La moitié des habitants du pays est catholique, tandis que plus de 70 % de la population est chrétienne.

Les mots du pape François

Pour Maria Monge, initiatrice de ce projet et députée du parti Unité sociale-chrétienne, membre de la coalition au pouvoir, cette réforme constitutionnelle cherche à donner plus de garanties légales pour la diversité et sanctuariserait la liberté de pensée et de conscience. L’élue a même formulé des demandes officielles d’audience au pape François, afin d’aborder avec lui sur le « besoin d’un État laïque au Costa Rica ».

Pour défendre sa proposition, elle cite d’ailleurs volontiers les propos du pape François lors de l’entretien qu’il avait accordé à La Croix en mai 2016 : « Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. » « Si le Saint-Père est favorable à un État laïque, insiste Maria Monge, je ne vois pas de raison pour que l’Église catholique au Costa Rica veuille s’y opposer ».

Pour Carmen Chan, présidente d’un parti d’opposition Nouvelle République et résolument opposée à ce projet de réforme, celui-ci est le signe que « le PAC [Parti d’Action des Citoyens, au pouvoir] et ses alliés s’inquiètent de voir l’Église catholique ou d’autres mouvements religieux défendre leurs principes religieux ». Les évêques costaricains sont ainsi intervenus dans le débat public au mois de mai, pour marquer leur opposition au mariage de couples de même sexe, légalisé suite à une décision de la Cour suprême.