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À Lourdes, l’Église de France reconnaît sa « responsabilité institutionnelle

Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, a annoncé devant la presse ce vendredi 5 novembre à Lourdes que l’épiscopat avait reconnu « la dimension systémique de ces violences au sens où elles ne sont pas seulement le fait d’individus isolés mais ont été également rendues possibles par un contexte global ».

Abus sexuels : à Lourdes, l’Église de France reconnaît sa « responsabilité institutionnelle »

Conférence de presse avec Mgr Eric de Moulins Beaufort et le père Hugues de Woillemont, lors de l’Assemblée plénière à Lourdes, le 5 novembre 2021. Laurent Ferriere/Hans Lucas via AFP

 

Il ne s’était pas exprimé devant la presse depuis le début de l’Assemblée plénièredes évêques de France à Lourdes, mardi 2 novembre. La présence inattendue de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, vendredi 5 novembre à la mi-journée face aux journalistes, n’a donc pas manqué de revêtir une certaine solennité, « à mi-parcours » des travaux de l’assemblée.

Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), et archevêque de Reims, a révélé que ses pairs avaient voté le matin même pour vérifier qu’ils « étaient bien d’accord » sur la « responsabilité institutionnelle de l’Église dans les violences qu’ont subies tant de personnes victimes », ainsi que sur « la dimension systémique de ces violences, au sens où elles ne sont pas seulement le fait d’individus isolés mais ont été également rendues possibles par un contexte global ».

Un vote qui intervient six mois après une première résolution prise sur ces deux points, lors de l’Assemblée plénière de printemps. « Les évêques ont voulu réaffirmer leur responsabilité, de façon plus nette et avec des mots plus clairs », a expliqué ensuite le père Hugues de Woillemont, secrétaire général et porte-parole de la CEF, sans toutefois préciser le résultat exact du vote. «C’est le corps épiscopal dans son ensemble qui reconnaît la responsabilité institutionnelle de l’Église et le caractère systémique des violences sexuelles », a-t-il ajouté, évoquant «un pas de plus ». Celui-ci intervient un mois tout juste après la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise de France, dont la gravité et le retentissement chez les catholiques ont manifestement été déterminants dans la prise de conscience accrue des évêques.

« Réparer toutes les victimes »

Dans sa déclaration, Mgr de Moulins-Beaufort avait également parlé d’une « étape franchie », ouvrant la voie à un « devoir de justice et de vérité ». « C’est sur cette base que nous allons travailler », a-t-il affirmé alors que les évêques devaient se concerter dans l’après-midi du 5 novembre, avec 130 personnes, majoritairement des laïcs représentant divers mouvements d’Église, ainsi qu’avec des religieuses et des religieux.

L’invitation des évêques à la participation des laïcs suscite d’ailleurs depuis quelques jours diverses réactions, certains ayant exprimé sur les réseaux sociaux leur refus de se rendre à Lourdes en raison du temps trop faible prévu pour les discussions. Deux manifestations sont également prévues devant la Conférence des évêques de France, avenue de Breteuil à Paris, et à proximité de l’hémicycle Sainte-Bernadette, à Lourdes, samedi 6 novembre à 14 heures.

Se réjouissant de la participation des laïcs, le père de Woillemont a souligné qu’une réflexion commune allait se poursuivre, appuyée sur « l’engagement réaffirmé des évêques pour la réparation ». « Nous allons étudier avec des juristes comment la responsabilité de l’Église peut se concrétiser », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que l’Église « s’est engagée à réparer toutes les victimes ».

SOURCE : JOURNAL LA CROIX