Actualités, France

Actualités

À l’Institut catholique de Paris, la leçon doctorale du cardinal Marx

Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising (Allemagne), a reçu un doctorat honoris causa de l’Institut catholique de Paris, mardi 19 novembre. En choisissant le cardinal allemand, l’ICP a voulu distinguer un « homme d’Église, un homme de liberté, et un Européen ».

Archevêque, cardinal, président de la conférence épiscopale allemande et proche conseiller du pape François, Reinhard Marx peut désormais ajouter un titre à cette litanie : celui de docteur honoris causa de l’ICP. Une reconnaissance remise, mardi 19 novembre, à l’occasion du 130e anniversaire du Theologicum – la faculté de théologie – et dont il s’est dit « très honoré et ému » dans une allocution énoncée dans un français presque sans faute. Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris et chancelier de l’ICP, a de son côté voulu y voir un signe de la « réconciliation » entre la France et l’Allemagne, « au-delà des déchirures de l’histoire ». Mais c’est pour l’évêque français, surtout, le signe de « l’unité dans la foi ».

L’ICP n’était pas un lieu inconnu pour le cardinal Marx, qui y a étudié pendant une année au cours de son séminaire, en 1975. Visiblement désireux de raconter les souvenirs de son année parisienne, le membre du Conseil des cardinaux a multiplié les anecdotes dans un discours teinté d’humour. Ainsi s’est-il souvenu avoir chanté le 14 juillet 1975 avec la chorale allemande à Saint-Louis-des-Invalides devant le premier ministre qui, 20 ans plus tard, allait devenir le président Jacques Chirac. Depuis cette année parisienne « marquante », a-t-il confié, « la France est un compagnon de ma vie ».

Le « paradigme de la société occidentale moderne »

Toutefois, outre sa francophilie, le cardinal Marx a été choisi pour ce doctorat honoris causa car il est « un homme d’Église, un homme de liberté et un Européen », a salué le père Jean-Louis Souletie, doyen du Theologicum et chargé de la laudatio du nouveau docteur. « Vous êtes un initiateur convaincu et convaincant au sein de l’Église », a-t-il poursuivi en estimant que pour le cardinal Marx « la synodalité est une nécessité pour la marche de l’Église contemporaine ». « Pour vous, l’Église n’a pas à craindre les graves questions de notre temps », a considéré pour sa part Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’ICP, grâce au « processus synodal conçu comme un temps de conversion et de réflexion ».

Outre ses confidences parisiennes, le cardinal Marx a également délivré une leçon doctorale sur le thème « Liberté, égalité, fraternité : une réponse catholique ». La devise française a, selon lui, été un « paradigme de la société occidentale moderne », mais apparaît désormais comme une « nouvelle inquiétude pour l’avenir ». Pour lui, « cette agitation et cette insécurité croissantes sont les conséquences sociales, économiques, politiques et écologiques, d’un capitalisme illimité ».

Une « nouvelle époque du christianisme »

Face à cette situation, a indiqué l’archevêque de Munich, la doctrine sociale de l’Église appelle à « maîtriser le capitalisme » et à revoir la notion de progrès pour qu’elle soit « plus intégrale ». Ainsi, la devise française est « valable », si elle suppose « une liberté responsable, une égalité de tous dans la dignité et une fraternité devant la maison commune ». Pour transmettre ce message, le cardinal Marx a appelé à une « nouvelle époque du christianisme pour parler de Dieu » et trouver dans la foi le fondement de la liberté et de la fraternité.

Doyens d’autres facultés, ambassadeurs, députés ou encore académiciens avaient fait le déplacement pour écouter le cardinal Marx dans un amphithéâtre comble. Les professeurs de l’ICP étaient quant à eux vêtus de leur toge. En tant que chancelier, c’est à Mgr Aupetit qu’il est revenu d’attacher l’épitoge à trois rangs d’hermine sur l’épaule gauche du nouveau docteur.

SOURCE : Journal La Croix