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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜS

Marie 6 : Marie signe de notre sanctification par la grâce

« Pleine de grâce » est un titre qui est attribué à Marie dans le Nouveau Testament (Lc 1,28). Elle est pleine de grâce parce que, en vertu d'un choix mystérieux de Dieu, elle a trouvé grâce auprès de lui et s'est engagée tout entière dans la foi, en réponse à l'appel venu de Dieu. De ce fait, Marie est le prototype de tous les élus, de tous les hommes qui croient et sont comblés de grâce. Elle nous dit que Dieu se trouve à l'origine de tout être humain, qu'il l'a inscrit de toute éternité dans sa main et qu'il l'a appelé par son nom. La vie de tout homme est enveloppée dans l'amour rédempteur insondable de Dieu. En nous appelant à l'existence, Dieu nous appelle en même temps à la communion avec lui. Marie est donc un signe de ce que nous devons à Dieu tout ce que nous sommes, et que sa grâce devance toutes nos actions, si bien que nous ne sommes rien par nous-mêmes, et tout entiers l'ouvre de Dieu et de sa grâce.

Marie n'est pas seulement le prototype de l'élection de tout chrétien et de sa sanctification par la grâce; elle est comblée de grâce en un sens tout à fait exceptionnel, qui résulte de son rôle unique dans l'histoire du salut. En elle se concrétise, à la fin des temps, l'élection d'Israël. La promesse faite au peuple élu devient réalité, parce qu'au nom de toute l'humanité, Marie accepte par son oui le oui de Dieu (Thomas d'Aquin). Sa réponse: Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit (Lc 1,38), n'est pas son ouvre propre, le fruit d'une vertu éminente acquise par un effort humain; elle n'est possible que comme réponse de foi, portée par la grâce de Dieu, à l'initiative de Dieu. Marie qui, par son oui, a rendu possible la venue de la plénitude de la grâce, doit donc elle-même être pour cela pleine de grâce. Sur cet arrière-plan, on comprend le dogme que le pape Pie IX a proclamé en 1854:

La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel (DS 2803; FC 397).

Ce dogme de l'Immaculée Conception de Marie est souvent mal compris. Trop de gens persistent à en déduire que l'acte de la génération et de la conception serait normalement quelque chose d'impur ou une cause de souillure. Ceci est contraire à l'enseignement de l'Eglise, qui affirme le caractère foncièrement bon de tout ce qui appartient à la création; d'autre part, le dogme de l'Immaculée Conception ne dit absolument rien à propos des parents de Marie, et parle uniquement de celle qui est conçue sans tache. Le dogme dit que dès le premier instant de son existence, Marie fut exempte du péché originel. Elle ne fut pas exposée, comme les autres êtres humains, à la contagion du péché, mais elle fut, dès le début, enveloppée tout entière par l'amour et la grâce de Dieu. C'est pourquoi elle fut aussi, dans sa vie postérieure, exempte de toute faute personnelle. Comme le dit l'Eglise orientale, elle est la toute sainte, c'est-à-dire sainte dès le début et dans toutes les dimensions de son être.

Le cheminement qui a conduit à la formulation de ce dogme fut long et difficile. De grands saints et de grands théologiens s'affrontèrent à ce propos. Au XII siècle, même un fervent dévot de Marie comme Bernard de Clairvaux est opposé à l'introduction de la fête de l'Immaculée Conception (le 8 décembre). Le problème fondamental était le suivant: comment cette vérité de foi peut- elle se concilier avec cette autre vérité que Marie a été rachetée, comme nous tous, par Jésus-Christ, en qui seul réside notre salut? La réponse que donnèrent finalement les théologiens franciscains, surtout Duns Scot, et qui fut reprise dans la définition dogmatique, est que l'action rédemptrice du Christ s'exerce en Marie par anticipation, pour la préserver, de manière exceptionnelle, de tout contact avec le péché.

Nous constatons que la grâce rédemptrice du Christ s'exerce déjà de manière anticipée au profit du peuple élu de Dieu et de tous les hommes de bonne volonté, attentifs et dociles à la voix de leur conscience; mais ce n'est là qu'une esquisse de son action future, alors qu'en Marie, cette grâce se manifeste pleinement. Au oui sans réserve de la foi, lorsque les temps sont accomplis, correspond la plénitude de la grâce rédemptrice. Marie est donc un membre de l'humanité qui a besoin de rédemption. Elle est l'exemple parfait et achevé de la rédemption dont nous bénéficions tous. En elle et en elle seule, l'Eglise sans tache ni ride (Ep 5,27) que nous espérons contempler à la fin des temps, se trouve dès maintenant réalisée. Ainsi Marie, la toute sainte, est-elle, pour les pécheurs que nous sommes, le signe de la grâce qui choisit, appelle et sanctifie. C'est pourquoi nous lui demandons humblement et avec confiance: Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs... Fin de l'article

(Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987)

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«Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les écritures ce qui le concernait.»


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