Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSMarie 5 : Un sens théologique profondLe Nouveau Testament atteste la naissance virginale de Jésus comme un miracle opéré par Dieu. La véritable question est donc celle-ci: croit-on que Dieu est réellement le Père tout-puissant? Exclure a priori la possibilité d'une naissance virginale, reviendrait à soulever de nouveau la question de Dieu et de la nature de la foi, dont nous avons parlé plus haut. Cela voudrait dire que le monde est compris comme un système désespérément fermé sur lui-même. La véritable objection de beaucoup de nos contemporains contre la foi en la naissance virginale n'est pas fondée sur des arguments scientifiques, mais procède de la conception du monde communément admise de nos jours. Dans cette perspective, la naissance virginale apparaît sinon comme absolument impossible, du moins comme hautement invraisemblable. Elle ne l'est d'ailleurs pas seulement aujourd'hui; elle l'était déjà autrefois. Mais ce qui apparaît invraisemblable aux hommes, est- il impossible à Dieu, ou bien est-il vrai que rien n'est impossible à Dieu (cf. Le 1,37)? Cela ne signifie pas que la foi doive souhaiter le plus grand nombre possible de miracles et accepter sans examen tous les récits de miracles. Les actions miraculeuses de Dieu ont pour but l'avènement de son Règne. Ce Règne est le miracle par excellence, que Dieu seul peut accomplir, et qui a commencé avec la venue de Jésus-Christ. La naissance virginale de Jésus signifie dans le domaine du corps que l'action de Dieu ouvre à l'humanité une ère nouvelle. Elle est un signe de l'impuissance humaine et de l'incapacité de l'homme à faire lui-même son salut. Dans une situation où les hommes ne voyaient plus aucune issue, Dieu, d'une manière merveilleuse, a introduit une donnée nouvelle par la puissance créatrice de son Esprit. Ce n'est pas par hasard que, dans le Nouveau Testament, il est toujours question de la virginité dans le contexte de l'avènement du Règne de Dieu (cf. Mt 19,12; l Co 7,7.32-34). La virginité de Marie est également en relation étroite avec sa maternité divine. Ce n'est pas sans raison que Dieu a choisi de ne pas suivre pour l'incarnation de son Fils la voie normale de la génération humaine. La voie particulière de la naissance virginale exprime symboliquement le fait qu'en Jésus, c'est Dieu qui s'incarne. La naissance virginale manifeste, avec une clarté in- surpassable, que Jésus, en tant que Fils de Dieu, doit son existence uniquement à son Père des cieux, et qu'il est tout ce qu'il est à partir de lui et pour lui. La naissance virginale est donc un signe de ce que Jésus est véritablement le fils de Dieu. Le dogme de la virginité permanente de Marie (non seulement avant, mais aussi pendant et après la naissance de Jésus) a également une signification symbolique. Malheureusement, le dogme de la virginité subsistant dans l'événement de la naissance a parfois donné lieu, dans certains évangiles apocryphes, à des affabulations hautement fantaisistes. En renchérissant sur le merveilleux, on méconnaît le sens profond de cette affirmation du point de vue de l'histoire du salut. D'après la Genèse (3,16), l'enfantement dans les douleurs est un signe de ce que la vie humaine a été profondément perturbée par le péché originel. Au moment où la vie nouvelle apparaît et où l'homme va échapper à cette déchéance héréditaire qui est le fruit du péché, la vie ne vient plus au monde sous le signe avant-coureur de la mort qu'est la souffrance. La créature jusqu'alors déchirée au plus profond d'elle-même retrouve son unité et son équilibre. Ce n'est pas la réalité physiologique de la naissance qui a été différente dans le cas de Jésus, mais la façon dont Marie a vécu cette naissance, comme un signe du salut de l'homme tout entier, corps et âme. C'est pourquoi la tradition parle de la joie sans mélange de Marie à la naissance de son Fils. Le vieux cantique Ave maris Stella (IX' siècle) appelle Marie felix caeli porta, celle qui nous a ouvert le ciel dans la joie. La virginité de Marie après la naissance de Jésus signifie qu'après la naissance de Jésus, Marie est restée vierge et n'a pas donné la vie à d'autres enfants. Cette vérité de foi est un dernier rayonnement de son oui et de sa disponibilité totale à la volonté de Dieu. Marie se devait tout entière à sa mission dans l'histoire du salut. Ainsi la virginité permanente de Marie est-elle un signe de sa sainteté, c'est-à-dire du fait qu'elle a été mise à part pour le service de Dieu et de son peuple. Dans l'histoire, cette vérité de foi a aidé les chrétiens à comprendre le sens de l'idéal du célibat librement choisi. Cet idéal n'implique nullement une dépréciation du mariage, mais au contraire sa valorisation comme un service particulier rendu à l'Eglise et à la société. C'est pourquoi, d'après la conception catholique, la dignité de la virginité et l'élévation du mariage au rang de sacrement, c'est-à-dire de signe du salut, sont indissolublement liées, comme nous l'expliquerons plus loin. (Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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