Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSJésus-Christ 5 : Jésus Christ notre frèreL'enseignement de Jésus, séduisant et à bien des égards nouveau, a fait sensation. Considéré en relation avec son attitude, et surtout avec ses miracles, il nous amène, aujourd'hui comme hier, à poser la question: qui est cet homme? Bien des réponses ont été proposées par ses contemporains: Jean-Baptiste ressuscité, le prophète Elie revenu parmi nous, ou un autre prophète (cf. Mc 6,14-15; 8,28). Comme nous l'avons vu, les tentatives de réponse se sont encore multipliées depuis lors. Ce qui importe, en fin de compte, ce n'est pas ce que les gens disent de Jésus; Jésus demande à ses disciples en particulier, c'est-à-dire à chacun d'entre nous: Et vous, qui dites-vous que je suis? (Mc 8,29). Assurément, il nous faut d'abord dire que Jésus est un homme, un homme bien réel, comme nous tous. Les évangiles le décrivent dans toute sa dimension humaine: il naît d'une mère humaine, il grandit et mûrit, il apprend un métier manuel, il a faim et soif, il est tenté, il est fatigué, il pose des questions, il éprouve de la compassion, il se réjouit avec d'autres, surtout des enfants; il s'irrite aussi de la dureté de cour des hommes, il connaît l'angoisse et la souffrance, il meurt finalement sur la croix. Il est un homme, corps et âme. Il a vécu et souffert les hauts et les bas de l'existence humaine. Il est notre frère (cf. Jn 20,17; Rm 8,29; He 2,11). L'épître aux Hébreux résume le témoignage des évangiles: Nous n'avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher (He 4,15). Jésus a donc été un homme pareil à nous en toutes choses, hormis le péché. A la différence de tous les autres, il ne fut pas soumis à la loi du péché. Il était au contraire entièrement, ouvert à la volonté de son Père et au service des hommes. Il dit de lui-même qu'il est venu, non pour être servi, mais pour servir (Mc 10,45). Il est cet homme tout entier donné aux autres qui, finalement, par obéissance à son Père, donne sa vie pour la multitude, c'est-à-dire pour tous les hommes (Mc 10,45). Cette volonté de substitution, qui a inspiré toute la vie de Jésus et surtout sa mort, il l'a exprimée lui-même lors de son dernier repas: Voici mon corps livré pour vous, voici mon sang versé pour vous (cf. l Co 11,24-25; Lc 22,19-20). Dans ce pour vous, pour nous et pour tous, Jésus-Christ est, sous une forme humaine corporelle, la manifestation de la bonté et de l'amour de Dieu pour les hommes (cf. Tt 3.4). Pour la foi du Nouveau Testament et de l'Eglise, il est tout aussi important d'affirmer que Jésus est vraiment homme et que le Christ est vraiment Dieu. Croire simplement que Jésus était une sorte d'être divin, ne serait pas apparu à cette époque comme quelque chose d'inouï et d'extraordinaire. Mais croire au Fils de Dieu qui meurt sur une croix comme un criminel, a représenté un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens (l Co 1,23). Pour les première et deuxième épîtres de Jean, il est essentiel de croire que Jésus-Christ est venu dans la chair. Qui ne professe pas cette vérité est l'Antéchrist (2 Jn 7; cf. l Jn 4,3). Très tôt, en effet, sont apparues des hérésies qui affirmaient que le corps de Jésus n'était qu'une apparence, et que le Christ n'avait pas vraiment souffert. Réagissant contre cette erreur, l'évêque martyr Ignace d'Antioche écrivait déjà vers l'an 110 dans sa Lettre à l'Eglise de Smyrne: Si Jésus n'a vécu et souffert qu'en apparence, alors nous ne sommes rachetés qu'en apparence. Dans ces conditions, le christianisme ne serait tout entier qu'une vaste illusion. Que Jésus, le Fils de Dieu, soit en même temps réellement et à tout point de vue un homme, n'est donc pas seulement une vérité de fait; c'est aussi une vérité de salut. Pour sauver les hommes, il fallait que Dieu prenne un corps d'homme et fasse siens notre chair et notre sang. S'il a récapitulé en Jésus-Christ toute notre condition humaine, pour reprendre une expression d'Irénée de Lyon, alors il n'y a plus aucun aspect de cette condition qui soit foncièrement étranger à Dieu. En Jésus-Christ, Dieu a assumé et sanctifié l'homme tout entier. La rédemption ne signifie pas seulement que l'âme est sauvée, mais que l'homme tout entier est sauvé. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que l'humanité de Jésus soit impliquée dans l'ouvre du salut. L'humanité de Jésus n'est pas pour Dieu un déguisement, ni un instrument inerte, encore moins une sorte de marionnette entre les mains de Dieu. Jésus nous sauve en obéissant à son Père et en se mettant à notre service en tant qu'homme; c'est ainsi qu'il répare la désobéissance d'Adam. Jésus ne peut nous racheter que s'il est à la fois vraiment Dieu et vraiment homme (Anselme de Cantorbéry). (Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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