Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSéglise 6 : L'église est Peuple de DieuPeuple de Dieu est une notion centrale dans l'enseignement du deuxième concile du Vatican sur l'Eglise. Elle a beaucoup contribué, depuis un quart de siècle, à une prise de conscience et à un renouveau dans la vie dans l'Eglise. Elle a surtout aidé à dépasser une manière individualiste de vivre la foi et à inculquer l'idée que tous sont ensemble responsables dans l'Eglise. Quand l'Ecriture décrit l'Eglise comme le peuple de Dieu, elle veut dire par là que le salut est destiné non pas à l'individu isolé, mais à une communauté dans laquelle l'individu entre et est reçu pour avoir part au salut. Cette communauté ne naît pas de la réunion de personnes qui avaient au départ les mêmes sentiments religieux. L'Eglise est antérieure à l'individu qui y entre, tout comme la nation ou la famille à laquelle cet individu appartient: il y est reçu, il grandit en elle, il est porté par elle et assume lui-même une responsabilité à son égard. Ceci vaut pour tous les chrétiens, les laïcs comme ceux qui sont investis d'un ministère. L'expression peuple de Dieu ne désigne donc pas le peuple ou - comme on dit souvent aujourd'hui de façon malencontreuse - la base, par opposition à ceux qui exercent un ministère, mais tous les chrétiens considérés dans leur ensemble et dans la diversité de leurs dons, de leurs services et de leurs ministères. Tous forment ensemble l'Eglise, le peuple de Dieu. L'Eglise n'est pas un peuple au sens habituel du mot, c'est-à-dire qu'elle n'est pas une communauté unie par une ascendance, une histoire et une culture communes. Elle n'est pas non plus le produit d'un peuple; elle ne naît pas des efforts d'un groupe social ou d'une classe déterminée. L'Eglise est le peuple de Dieu, c'est-à-dire le peuple que Dieu a choisi et appelé parmi les nations, son peuple particulier avec lequel il a conclu une alliance. Elle est un peuple universel, un peuple issu de tous les peuples, de toutes les races et de toutes les classes. Elle est aussi un peuple saint. C'est pourquoi on ne naît pas membre de l'Eglise; on est incorporé à elle par la foi et par le baptême, qui est le sacrement de la foi et de la naissance à une vie nouvelle (cf. Jn 3,5). Quand le peuple de Dieu se rassemble, ce n'est pas, comme dans une assemblée politique, pour débattre et décider à propos d'affaires d'intérêt commun; c'est pour écouter ce que Dieu a décidé, déclaré et accompli, et pour lui rendre grâce de sa miséricorde et du salut qu'il nous donne. L'Eglise est la communion des croyants, qui se rassemble en tant que communauté cultuelle pour remercier Dieu et célébrer son oeuvre. Dieu lui-même est présent et agissant au milieu d'elle, et elle est envoyée dans le monde pour témoigner de l'Evangile par la parole et par les actes. La promesse fondamentale que Dieu fait à son peuple dans l'ancienne alliance est la suivante: Pour vous, je serai Dieu, et pour moi, vous serez le peuple (Lv 26,12; cf. Ez 37,27; 2 Co 6,16; He 8,10; Ap 21,3). Cette promesse relie l'Eglise, peuple de Dieu de l'alliance nouvelle et éternelle, à Israël, peuple de Dieu de l'ancienne alliance. L'apôtre Paul a longuement traité de cette relation entre l'ancien et le nouveau peuple de Dieu (cf. Rm 9- II). Le deuxième concile du Vatican, mettant un terme à une longue suite d'affrontements, d'inimitiés et d'injures, s'est replacé dans la perspective de cette histoire commune (cf. NA 4). Sans ce lien avec l'ancienne alliance dans laquelle l'Eglise est préparée et préfigurée (cf. LG 9), on ne peut pas comprendre l'Eglise. Il ne faut pas dissimuler pour autant la rupture qui intervient entre Israël et l'Eglise, peuple de Dieu de la nouvelle alliance. Au nouveau peuple de Dieu, au nouvel et véritable Israël de Dieu, appartiennent aussi les non juifs, les païens qui n'avaient primitivement pas leur place au sein du peuple de Dieu (cf. l P 2,10). Dans l'Eglise rassemblant les Juifs et les païens (cf. Ep 2,11-22) s'accomplit la promesse adressée à Abraham, d'après laquelle toutes les nations seraient bénies en lui (cf. Gn 12,3; 18,18; 22,18; Ga 3,8). Dans la nouvelle alliance, le peuple de Dieu comprend donc des hommes de tous les peuples et de toutes les races. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre; il n'y a plus l'homme et la femme; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus-Christ (Ga 3,28; cf. l Co 12,13; Col 3,11). L'Eglise n'est liée à aucune forme particulière de culture, ni à aucun système politique, économique ou social; elle est ouverte à tous les peuples, à toutes les cultures, à toutes les races et à toutes les classes sociales; elle peut dès lors être un signe et un moyen d'unité et de paix pour l'humanité tout entière (cf. GS 42). Elle est le peuple messianique de Dieu, le signe d'une espérance pour tous les peuples (cf. LG 9). En tant que signe et moyen de l'unité de toute l'humanité, l'Eglise ; renvoie au-delà d'elle-même. Elle est le peuple de Dieu en marche. Elle vit dans l'histoire et elle a elle-même une histoire. Elle est en chemin et n'a pas encore atteint son but. En tant que peuple de Dieu, elle n'est pas une réalité statique, mais dynamique, un motif d'espérance. En ce monde, elle vit dans la dispersion et comme en exil; elle n'est pas chez elle ici-bas (cf. Je 1,1; l P 1,1; 2,11; He 3,7-4,11; 11,8-16.32-34). C'est pourquoi elle ne peut jamais s'installer sur terre de manière définitive; elle doit toujours s'ouvrir de nouveau à celui qui souffre la passion en dehors de l'enceinte de la ville (cf. He 13,12). A la fin, quand Dieu sera tout en tous, il n'y aura plus besoin de l'Eglise comme moyen de salut. En dépit de tout ce qu'elle doit attester de définitif et de permanent, l'Eglise en tant que peuple de Dieu vit de la proclamation qu'elle n'est pas elle-même le but à atteindre. (Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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