Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSéglise 1 : Difficultés à l'égard de l'égliseOù souffle l'Esprit Saint? Le Credo répond en professant: Je crois en l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. L'Eglise affirme donc qu'en elle et par elle, l'Esprit de Jésus-Christ continue à agir dans l'histoire. Elle croit qu'elle est le lieu, et même le sacrement, c'est-à-dire le signe et l'instrument, de l'action du Saint-Esprit. Il n'est guère d'article de foi qui suscite autant d'incompréhension, de contradiction et même d'hostilité que celui-ci. Même des catholiques pratiquants ont des réticences à propos de l'Eglise. Certains d'entre eux disent oui à Jésus, mais non à l'Eglise. L'objection principale contre l'Eglise est qu'elle aurait, au cours de son histoire, trahi le message primitif de Jésus. Jésus, dit-on, était pauvre et a pris parti pour les pauvres; l'Eglise, au contraire, serait riche, elle aurait fait alliance avec les riches et les puissants, et elle se serait dérobée face à la question sociale. Jésus prêchait l'amour poussé jusqu'à l'amour des ennemis; l'Eglise, au contraire, serait intolérante et persécuterait ses adversaires avec cruauté, comme le montre notamment l'Inquisition. Jésus appelait les hommes à le suivre, d'abord en pratiquant la charité; l'Eglise, au contraire, réclamerait l'obéissance à des dogmes infaillibles. Jésus se comportait sans préjugé, il était ouvert et plein de compréhension à l'égard des femmes; l'Eglise, au contraire, aurait déprécié la femme et considéré la sexualité comme diabolique; elle refuserait à l'homme le bonheur sur terre et le consolerait vaguement par la promesse de l'au-delà. Pour d'autres encore, l'Eglise serait intellectuellement, culturellement et scientifiquement rétrograde; elle serait en fin de compte irrémédiablement dépassée. Que peut répondre un catholique face à un tel catalogue de péchés? Il n'a rien à farder ni à cacher. L'Eglise, précisément parce qu'elle proclame le pardon des péchés, n'hésite pas à confesser ses péchés, confiante dans le pardon de Dieu. C'est ce qu'ont fait, par exemple, le pape Adrien VI à la diète de Nuremberg (1522-1523) et le pape Paul VI pendant le deuxième concile du Vatican (1962-1965). Le chrétien n'a donc pas à nier les pages sombres de l'histoire de l'Eglise. Mais il peut aussi, en toute modestie, rappeler les pages lumineuses de cette histoire: l'Eglise des martyrs, qui ont résisté aux puissants; l'Eglise des saints, qui ont vécu l'Evangile d'une manière héroïque; les témoins du Christ, qui se sont succédé jusqu'à notre siècle : le Père Maximilien Kolbe, Mère Teresa et bien d'autres; les oeuvres caritatives de toutes les époques et notamment aujourd'hui le service des pauvres dans le Tiers Monde; les contributions de l'Eglise à la paix, aussi bien au Moyen Age que dans le présent; l'apport du christianisme à l'affirmation de la dignité unique de la personne humaine, à la reconnaissance de la dignité de la femme et à la défense de la liberté de conscience... Qu'on pense un seul instant à ce que serait, sans l'Eglise, l'histoire de notre civilisation occidentale, et qu'on se demande ce qu'il en resterait encore. Qu'on imagine que les organisations sciales et caritatives des Eglises n'existent pas dans notre société actuelle, et qu'on se demande si tout irait mieux dans ce cas. Mais ce n'est pas encore le plus important. Avant 43 tout, l'Eglise a conservé jusqu'à nos jours le souvenir de Jésus-Christ. Sans elle, il n'y aurait pas d'Evangile ni d'Ecriture Sainte; sans elle, nous ne saurions rien de Jésus-Christ ni de l'espérance qu'il nous a apportée. Ni la polémique, ni l'apologétique unilatérales ne rendent justice à l'Eglise. Dans le passé comme dans le présent, la limite entre les zones d'ombre et de lumière n'est pas tranchée. Le jugement que le chrétien porte sur l'Eglise en dernière instance, ne peut être prononcé que dans la foi. Ce n'est pas pour rien qu'il est affirmé dans le Credo: Je crois en l'Eglise. L'Eglise fait partie de notre foi en Dieu qui nous sauve par Jésus-Christ dans le Saint-Esprit. L'Eglise est en dernière analyse une réalité de foi. Le croyant reconnaît que l'Esprit de Dieu est à l'oeuvre derrière les apparences visibles et parfois peu édifiantes de l'Eglise, derrière tout ce qu'il y a en elle de contingent, de provisoire, de fragile, de défectueux. Le croyant ne conteste et n'exclut donc rien de ce qui est visible dans l'Eglise et qui a constamment besoin de purification et de renouvellement; il voit cependant que, dans la réalité visible de l'Eglise, quelque chose de plus profond et de plus vaste est à l'oeuvre. Ce que l'apôtre Paul dit à propos de lui-même, s'applique encore davantage à l'Eglise: celle-ci porte les richesses de Jésus-Christ dans des vases d'argile, afin qu'il soit clair que l'incomparable puissance qui agit en elle, vient de Dieu et non de nous (cf. 2 Co 4,7). (Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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