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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜS

Croire 6 : Il a révélé son Nom

« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi, le seul véritable Dieu et ton envoyé Jésus Christ. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde pour me les donner ... Je leur ai révélé ton nom et le leur révélerai pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux ». (Jn. 17 : 3,6,26) Cette mission, c’est au prix de sa vie et au terme d’un long cheminement de l’humanité que Jésus doit l’accomplir : « Maintenant mon âme est troublé. Que dire : Père sauve-moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis arrivé à cette heure. Père glorifie ton nom ! » ( Jn. 12 :27)

Cette catéchèse sur la «Révélation du Nom» se déroulera en trois étapes :

  1. Le nom
  2. Les noms de la divinité
  3. Le nom de Dieu
  4. De l’Emmanuel à Jésus

Le nom

«Le huitième jour, voisins et proches vinrent pour circoncire l’enfant. On voulait l’appeler Zacharie, du nom de son père ; Mais sa mère dit : « Non! il s’appellera Jean ». On lui dit alors : « +Personne de ta parenté ne porte ce nom ». On demanda par signes au père comment il voulait qu’on l’appelât. Zacharie, muet depuis l’incident du Temple (Luc 1:22), se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : Jean est son nom ». C’est de Jean-Baptiste dont il s’agissait alors, fils de Zacharie et d’Elizabeth.

Chez les Orientaux, le nom, loin d’être une désignation conventionnelle, désignait le rôle éventuel d’un être dans le monde. Le nom donné à la naissance exprimait ordinairement l’activité ou la destinée de celui qui le porterait, comme il pouvait évoquer les circonstances de la naissance. Parfois le nom devenait une sorte d’oracle, un souhait pour l’enfant. Être sans nom, c’est être un homme de rien (Job. 30:8), et en avoir plusieurs signifiait l’importance d’un individu. Changer le nom de quelqu’un, c’était avoir prise sur sa personne . Ainsi de Jésus à l’égard de Pierre : « André rencontre au lever du jour son frère Simon et l’amena à Jésus. Jésus le regarda et lui dit : «Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Céphas, ce qui veut dire Pierre ». (Jn. 1 : 41-42) En bref, il suffirait de lire le Livre de la Genèse pour avoir toute une leçon sur l’importance du nom. Le Bon Pasteur confiait : « ... je connais mes brebis. Les brebis écoutent la voix du pasteur, il les appelle chacune par son nom.» ... (Jn. 10; 3)

Les noms de la divinité

Les Babyloniens avaient cinquante noms pour désigner Mardouk, leur dieu suprême. Les Cananéens dissimulaient le nom de leurs divinités sous le terme générique de Baal, qui signifie maître.

Chez les Israélites, peuple de Dieu, la divinité était reconnu comme le Dieu des ancêtres : Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. C’était aussi le Shaddaï, le Tout-Puissant, le Dieu de la montagne dont ils avaient fait l’expérience au Sinaï, la terreur d’Isaac, le Dieu Fort de Jacob. Tous ces noms venaient d’une expérience intérieure, mystérieuse, une aventure existentielle telle la première que fit un jour Abraham : «Va-t-en loin de ton pays, de ta nation...vers le pays que je te montrerai. Je ferai sortir de toi un grand peuple. Je te bénirai...Par toi seront bénies toutes les nations de la terre ». Voix intérieure d’un Dieu invisible, dont l’ancêtre sentait en lui la présence et reconnaissait la voix. Si nous pouvions, nous aussi, parler de notre Dieu, un Dieu dont nous aurions eu quelque expérience, un Dieu si proche de nous, qu’importe le nom ... «Mon Seigneur et mon Dieu ! », s’exclamait à haute voix un vieux chrétien au moment de l’élévation.

Le nom de Dieu

Des siècles après l’expérience spirituelle d’Abraham, Dieu va enfin se nommer. Moïse, un jour, était à paître les troupeaux de son beau père au désert où il s’était enfui par crainte des Egyptiens. Dans ce lieu de silence, près d’un buisson ardent et du coeur de ce buisson , de son propre coeur enflammé pour la cause de son Peuple persécuté, Moïse entendit une voix intérieure l’appeler : «Je suis le Dieu de tes pères... J’ai vu, j’ai vu la souffrance de mon peuple en Egypte, j’ai écouté son cri de détresse, j’ai décidé de le libérer. Va ! » Moïse répliqua : Le Dieu de vos ancêtres m’envoie vers vous. Mais s’ils me demandent qu’elle est ton nom, que répondrai-je ? » Tu leur diras : “Celui-qui-suis”,tel est mon nom. Tu leur diras : “Je-suis” m’envoie vers vous. C’est le nom que je porterai à jamais. Traduit en hébreu, le nom deviendra Yahvé. Moment extraordinaire, instant inoubliable d’une amitié, où l’on permet à l’autre un pouvoir sur soi : tu sais comment je m’appelle, tu peux désormais m’appeler, tu n’as qu’à m’appeler... “Je suis”. Dieu est parmi nous, Dieu se livre à nous, Il devient l’un de nous

Nous pouvons désormais le nommer, voire même l’identifier : Il est, lui qui s’est nommé. “Je suis”. Point de passé pour lui, non plus d’avenir, mais un éternel présent, une éternelle présence à chacun de nous qui portons, nous aussi, un nom. Une relation incontournable est établie : Lui et moi, pour le meilleur il va sans dire. Tant mieux, si le nom dont nous désignons Dieu demeure pour nous l’écho d’une expérience personnelle, intérieure, comparable à celle des Ancêtres et des Apôtres. Tout pourrait bien se résumer comme ceci : Dieu nous dit : Je suis là et ne vous quitterai jamais. Fidélité de Dieu : «Une femme oublie-t-elle le fruit de ses entrailles ? Y en eut-il une seule moi je ne t’oublierai jamais. Je t’ai gravé dans la paume de mes mains» (Is. 49:14+). « Parce que tu comptes à mes yeux et que tu as du prix» (Is. 43:4)

De l’Emmanuel à Jésus

La prophète dont les oracles ont été compilés parmi celles d’Isaïe, prince des prophètes, avait, au cours de la guerre syro-ephraïmite qui fit du pays un grand vide, épargna à peine un dixième des habitants, dévasta les villes et rendit la campagne déserte... (Is. 6: 11-12), prévoit l’incarnation de ce Dieu proche en des termes que reprendra l’évangéliste Matthieu (1:23) : «Voici que la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel, un nom qui se traduit “Dieu avec nous”». Il importe de replacer ici cette prédiction en son cadre historique : «Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur les habitants du sombre pays une lumière a resplendi... Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu l’empire sur les épaules, on lui donne ce nom : “Conseiller-merveilleux, Dieu fort, Père-éternel, Prince-de-la-paix”!. (Is. 9:1,5). .

“Dieu-avec-nous”. L’inconcevable devient concevable, l’être dont on n’osait même pas prononcer le nom, tant il semblait grand et saint (Is. 6:1-10) vient vivre avec son peuple, au milieu de son peuple pour le sauver.

Il n’y avait plus qu’un pas pour accueillir Jésus. «L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une jeune fille fiancée à un homme du nom de Joseph et le nom de la Vierge était Marie. Voici que tu concevras et enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus » (Luc., 1:26+) A Joseph, l’ange avait précisé : « Marie ton épouse enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, qui veut dire “Dieu sauve”, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés» ( Mat. 1: 21).

Le buisson ardent de Moïse d’où Dieu avait révélé son nom aux hommes s’identifie dès lors au buisson ardent qu’est Jésus, Emmanuel, le Sauveur, Dieu parmi nous . Toute la foi vécue ne peut que s’accrocher à cette révélation du Nom : «Si vous ne croyez pas que “Je suis”, vous mourrez dans vos péchés» ...«Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que “Je suis”. (Jn. 8 : 24 et 28). C’est pourquoi , au moment de mourir, Jésus pouvait consommer son oeuvre de salut en proclamant: «Père, j’ai manifesté ton Nom aux hommes» (Jn.,17 : 6) En Lui. Dieu est vraiment devenu la Personne près de nous, avec nous et pour nous, l’un des nôtres.

Que de chemin parcouru et de révélations depuis que l’ancêtre Abraham prit la route !

Jacques Sylvestre o.p. Fin de l'article

Jésus par Maître de Flémalle
Service de formation à la foi chrétienne dans la tradition de l'église catholique


«Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les écritures ce qui le concernait.»


Responsable :
Yves
Bériault, o.p.