Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSCroire 4 : Le don de la foiUn jour Jésus, posa à ses disciples la question de son identité : « Pour vous qui suis-je? » Et les disciples de répondre : « Pour les uns, tu es élie, pour d’autres, un prophète »... Alors Jésus leur demanda : « Pour vous, pour vous qui suis-je? » Et Pierre, après un temps de silence, de prendre la parole et de confesser : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant». Jésus lui répondit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux » Mt. 16:13-17. Pour ce don de la foi, Jésus, un jour, rendit grâce à son Père : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux petits, et de l’avoir révélé aux tout petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler ». Mt. 11: 25-27. Et d’ajouter en une autre circonstance : « Nul ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père ». Jn.6: 65 L’apôtre Paul écrivait aux Ephésiens : « C’est par grâce que vous êtes sauvés moyennant la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don du Père ». Eph 11:8. La foi est un don que Dieu fait à l’homme gratuitement. Elle n’est nullement exigée par la nature humaine. La foi est une vertu surnaturelle, c’est à dire une force divine qui habite notre intelligence, la transforme, l’élève au-dessus de sa nature et la rend capable, sous l’impulsion et avec l’aide de la grâce, de connaître et, dans un acte de volonté libre appelé acte de foi, de croire, c’est à dire de tenir pour vraies, à cause de l’autorité divine qui les garantit, les vérités que Dieu a révélées par Jésus Christ et que l’église a reçu mission d’enseigner à toutes les nations.. (Massabki. o.s.b. «Christ, rencontre de deux amours». «L’homme psychique, écrivait l’apôtre Paul aux Corinthiens (1 cor. 2:14 i.e. l’homme laissé aux seules ressources de sa nature, n’accepte pas ce qui est de l’Esprit de Dieu : elles sont pour lui folie, et il ne peut les comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on en juge » 1 Co. 2.14 L’homme est incapable de croire la Révélation évangélique au moyen de la seule lumière de son intelligence. Don de Dieu, la foi s’enracine dans l’intelligence ; elle est une connaissance et non une aveugle confiance en Dieu. Les élans affectifs ne suffisent pas. La foi n’est pas un sentiment, elle est d’abord et surtout un assentiment , une adhésion de l’intelligence, faculté de connaître. Mais la foi sera toujours «une fulgurante obscurité » puisque croire c’est affirmer ce que nous ne voyons pas. «Ici-bas, nous marchons dans la foi et non dans la vision» affirmait l’apôtre Paul. Mais, même si la foi n’est pas la vision de ce qu’elle croit, l’objet de la foi comporte toute de même la vision des raisons de croire. « Nul ne croirait s’il ne voyait qu’il faut croire ». L’objet de la foi est la reconnaissance du Dieu trinitaire et de sa vie intime. Tous les dogmes successifs ne sont que des précisions de cette profession. Et toutes ces vérités et combien d’autres sont toute contenues dans la foi en la divinité de Jésus Christ. Le contenu de la foi fait partie d’un processus existentiel, il est l’expression d’une nouvelle orientation de l’existence que nous recevons comme un don, une grâce . Cette nouvelle orientation de l’existence signifie de plus : sortir de notre moi et de notre individualisme pour entrer dans cette communauté de fidèles qui s’appelle église. (Ratzinger. Oss. Rom). Le motif de notre foi, notre raison de croire, c’est Dieu. Nous croyons, non parce que c’est raisonnable, mais parce que c’est Dieu qui a révélé ces vérités et qu’il est la vérité même. Dieu atteste lui-même de sa vérité. La grâce de la foi sur l’intelligence lui permet de voir et de juger comme Dieu. Elle permet de chercher des raisons de croire, mais ce travail d’information accompli avec la grâce de Dieu, constitue le préambule de la foi, le commencement de la foi, selon s. Augustin. Lorsque nous donnons notre adhésion aux vérités de foi, ce n’est pas devant des motifs de croire que nous nous inclinons, motifs de crédibilité qui ne sont que des préambules et nous montrent que l’acte de foi peut être raisonnable. Ils nous amènent devant Dieu, Vérité première se présentant elle-même comme son propre garant. C’est à elle et elle seule que nous donnerons notre adhésion dans la foi.. Le motif de la foi n’est donc pas ce que nous comprenons des vérités révélées et qui nous permettrait de les admettre volontiers, mais Dieu qui garantit ces vérités de son autorité de Volonté première. «Nous ne cessons de rendre grâce à Dieu, de ce que, une fois reçue la Parole de Dieu que nous vous faisions entendre, écrivait Paul aux Thessaloniciens (I; 2:13 +) vous l’avez accueillie non comme une parole d’homme, mais comme ce qu’ « elle est réellement, la parole de Dieu. Et cette parole demeure active en vous, les croyants». La grâce de la foi est un don de Dieu qu’il faut sans cesse demander : « Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon peu de foi ». « Seigneur, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri », priait le centurion romain.(Mt. 8:8) Jacques Sylvestre o.p. |
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