Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSCroire 11 : Appelés à la communion avec DieuLes humains sont des êtres étranges; par leur corps, ils sont totalement dépendants des conditionnements et des limitations de ce monde; et pourtant, ils sont en même temps pleins de rêves, de désirs et d'espérances, qui ne peuvent être comblés par rien ni personne en ce monde. L'homme est un être doué d'une espérance infinie. Son cœur est si largement ouvert que Dieu seul est assez grand pour le remplir. Comme une biche se penche sur des cours d'eau, ainsi mon âme penche vers toi, mon Dieu. J'ai soif de Dieu, du Dieu vivant: quand pourrai-je entrer et paraître face à Dieu? (PS 42, 2-3). Seul Jésus-Christ nous dévoile complètement le mystère de l'homme. Seul celui qui connaît Jésus-Christ peut savoir qui est vraiment l'homme. Jésus est l'image de Dieu par excellence (cf. 2 Co 112-llé 4,4; Col 1,15). Il est le premier à révéler totalement et à porter à sa perfection la ressemblance de l'homme avec Dieu. En tant que Fils de Dieu, il est en même temps le nouvel Adam, l'homme nouveau (cf. l Co 15,47-49; Rm 5,14). Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation (GS 22). En lui, nous sommes prédestinés à être conformes à l'image du Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d'une multitude de frères (Rm 8,29). L'hymne de louange sur lequel s'ouvre l'épître aux Ephésiens résume bien tout cela: Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ: II nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ. Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l'amour. Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. Ainsi l'a voulu sa bienveillance à la louange de sa gloire...Il a résolu de mener les temps à leur accomplissement: réunir l'univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. En lui aussi, nous avons reçu notre part ... Nous avons été prédestinés pour être à la louange de sa gloire ceux qui ont d'avance espéré dans le Christ (Ep 1,3-6; 10-12). La nouveauté que Jésus-Christ nous apporte n'est pas greffée de l'extérieur sur notre nature humaine. Elle est plutôt ce vers quoi, en tant qu'êtres humains, nous sommes orientés depuis toujours au plus profond de nous-mêmes, en vertu de notre ressemblance de créatures avec le Créateur, mais sans pouvoir y atteindre par nos propres forces: la communion avec le Dieu trinitaire. Celle- ci est réalisée d'une manière unique en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme. Par son Esprit, nous sommes adoptés comme enfants de Dieu (cf. Rm 8,14-17; Ga 4,4-6). Lorsque le Christ nous donne de participer à la nature divine (cf. 2 P 1,4), Dieu nous accorde infiniment plus que ce que nous demandons et pouvons concevoir (Ep 3,20). De surcroît, ce que nous recevons dès maintenant n'est qu'un acompte et un avant-goût (cf. 2 Co 1,22; Ep 1,13-14) et ne trouvera son achèvement que lorsque nous verrons Dieu face à face (cf. l Co 13,12). Car la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus- Christ (Jn 17,3). Plus tard, la théologie a distingué entre la ressemblance naturelle de l'homme avec Dieu, qui tient au fait qu'il est créé par Dieu, et la ressemblance surnaturelle avec Dieu, qui est le fruit de la grâce. Cette distinction a été justifiée autrefois par la différence entre les notions d' image et de ressemblance (cf. Gn 1,26.27). Même si cette interprétation n'est plus admise par l'exégèse contemporaine, elle correspond pourtant à la perspective globale de la Sainte Ecriture. Pour la Bible, la création n'est qu'un commencement. L'histoire du salut s'édifie sur cette base et ne la supprime pas. Si la théologie parle du caractère surnaturel de l'ordre du salut, c'est parce que, créatures orientées vers Dieu, nous désirons ou espérons, consciemment ou non, le salut, c'est-à-dire la communion avec Dieu, alors que nous sommes incapables d'y parvenir par les seules forces de notre nature. Cette communion ne peut être réalisée ni par l'évolution, ni par une révolution. Elle ne peut nous être donnée que par Dieu lui-même, en vertu de sa seule grâce, c'est-à-dire sans aucun mérite de notre part, mais librement, gratuitement et en dépassant les limites de notre nature. Néanmoins, ce don de la grâce permet à l'homme de s'accomplir lui-même, au-delà de toute espérance. Le rapport de la nature et de la grâce ne doit donc pas être pensé sur le modèle de deux étages ou de deux ordres superposés, sans relation entre eux. Dans les deux cas, il s'agit de la réalisation en Jésus-Christ de l'unique dessein divin du salut. La distinction entre la ressemblance naturelle et la ressemblance surnaturelle avec Dieu constitue une différence par rapport à la doctrine des réformateurs. En général, ceux-ci rattachent la notion de ressemblance exclusivement à la communion avec Dieu qui est le fruit de la grâce, non au fait que tout homme est appelé par nature à vivre en relation avec Dieu. Les conséquences sont importantes si le péché est compris comme interruption et perte de la communion de grâce avec Dieu. La question est alors de savoir si une coopération humaine à la justification et à la sanctification du pécheur demeure possible. On entrevoit actuellement la possibilité de dépasser cette problématique, du fait que la ressemblance naturelle avec Dieu est davantage comprise aujourd'hui à partir de Jésus-Christ et en vue de Jésus-Christ, comme une participation gratuite à sa condition de Fils de Dieu. La relation entre la nature et la grâce s'exprime dans l'axiome scolastique célèbre: La grâce donnée en Jésus-Christ présuppose la nature et la mène à son achèvement. Le don de la grâce suppose en effet un destinataire qui est libre de dire oui ou non; à ce titre, la grâce suppose une nature relativement autonome, c'est-à-dire une personne humaine libre. Mais elle présuppose celle- ci comme une réalité ouverte, qui renvoie de façon dynamique au-delà d'elle- même et ne trouve finalement son accomplissement qu'en Dieu, Jésus-Christ nous révèle ainsi pourquoi l'homme passe infiniment l'homme (Pascal). Celui-ci est un être toujours en chemin, qui ne peut s'arrêter nulle part, devant lequel s'ouvrent toujours de nouveaux horizons, que rien en ce monde n'est capable de vraiment satisfaire, et qui ne connaît ni trêve ni repos. Jésus- Christ nous fait comprendre l'homme comme un être doué d'une espérance et de désirs infinis, mais habité d'une crainte irrépressible de se perdre. Un être oscillant entre l'espérance et la crainte: voilà comment se caractérise non seulement l'homme d'au- jourd'hui, mais l'homme de toutes les époques. Car Tu nous a créés pour Toi, et notre cœur est sans repos aussi longtemps qu'il ne trouve pas en toi son repos (Augustin). (Cet article est tirée du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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