Dominicains du Canada
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SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSRésurrection 5 : La résurrection, notre espéranceLe plus ancien témoignage sur la résurrection indique déjà le sens profond de l'événement. Il dit: Le Christ est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures (1 Co 15, 4). Ceci signifie que la résurrection de Jésus représente l'accomplissement des promesses de l'Ancien Testament et de l'espérance d'Israël. Dès l'origine, Dieu était pour Israël le Dieu vivant, le maître de la vie et de la mort (cf. Nb 27,16) et la fontaine de la vie (PS 36,10). C'est pourquoi les Juifs espéraient qu'il ne livrerait pas définitivement la vie à la mort. Car tu ne m'abandonnes pas aux enfers, tu ne laisses pas ton fidèle voir la fosse. Tu me fais connaître la route de la vie; la joie abonde près de ta face; à ta droite, les délices étenelles (PS 16,10-11). Car j'ai toujours été avec toi: tu m'a saisi la main droite, tu me conduis selon tes vues, tu me prendras ensuite, avec gloire (PS 73,23-24). Dans l'Ancien Testament, cette espérance reste encore indéterminée et ouverte. Il faut attendre, à la fin de l'Ancien Testament, une époque où les Juifs sont opprimés et durement persécutés, et où les martyrs sont nombreux, pour que cette espérance devienne l'attente de la résurrection des morts à la fin des temps (cf. Dn 12,1-2; 2 M 7,9.11.14.22-23.29). Dès lors, si le Nouveau Testament affirme, - chose inouïe pour un Juif, - que Dieu a dès maintenant ressuscité Jésus d'entre les morts, cela signifie que la fin des temps a déjà commencé. En Jésus-Christ, Dieu a comblé pour de bon l'attente d'Israël. Par là, il a aussi confirmé le message de Jésus, celui de la venue du Règne de Dieu. La mort de Jésus n'était pas une fin absurde, mais le commencement d'un monde nouveau. En sa personne débute la nouvelle création. La liturgie de la nuit pascale explicite le message de la résurrection de Jésus comme accomplissement de l'espérance non seulement d'Israël, mais de toute la création. La première lecture rappelle la création originelle. De même que Dieu a appelé alors à l'existence ce qui n'existait pas (cf. Rm 4,17), de même, dans la nouvelle création, les morts sont appelés à une nouvelle vie. En ressuscitant Jésus, Dieu est donc fidèle à sa création; il donne raison à la vie contre la mort. Dans la deuxième lecture, la résurrection est présentée comme l'achèvement de l'histoire du salut, qui a commencé avec la vocation d'Abraham. Dans la troisième lecture, la résurrection apparaît comme l'accomplissement de la libération d'Israël hors d'Egypte: le passage par la mer Rouge préfigure le passage de Jésus par la mort pour aller vers la vie. C'est pourquoi il est dit dans la bénédiction du cierge pascal (l'Exsultet): Voici la nuit où tu as tiré d'Egypte les enfants d'Israël, nos pères, et tu leur as fait passer la mer Rouge à pied sec. Enfin, les autres lectures interprètent Pâques comme l'accomplissement de la prophétie annonçant que le peuple élu sera renouvelé intérieurement en recevant de Dieu un cœur et un esprit nouveaux. A partir de la résurrection, le regard ne se tourne pas seulement vers le passé, mais plus encore vers l'avenir. Jésus-Christ est le premier de ceux qui se sont endormis pour s'éveiller ensuite à une vie nouvelle (cf. Ac 26,23; l Co 15,20; Col 1,18). En lui, l'avenir est de nouveau et pour toujours ouvert; en lui, une espérance est offerte pour de bon à tous. Sa résurrection nous garantit que finalement, la vie l'emportera sur la mort, la vérité sur le mensonge, la justice sur l'injustice, l'amour sur la haine et même sur la mort. La résurrection de Jésus-Christ fonde l'espérance en notre propre résurrection pour une vie éternelle (cf. Rm 6,5; l Co 15,12-22; Ph 3,11; 2 Tm 2,11). Cette espérance ne concerne pas seulement l'âme et l'esprit de l'homme; elle est aussi l'espérance d'une transformation de notre corps lui-même et de tout le cosmos. Rien n'est exclu de cette espérance, à part le mal. Ainsi cette espérance signifie-t-elle que tout ce que les hommes ont voulu et entrepris par amour, même s'ils ont échoué ici-bas, s'accomplira de manière durable dans la nouvelle création (cf. GS 39). (Cet article est tiré du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
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