Dominicains du Canada
|
SERVICE CATéCHéTIQUE EMMAÜSRésurrection 2 : Les premières professions de foiLes affirmations du Nouveau Testament sur la résurrection se caractérisent par une discrétion remarquable. A la différence des écrits apocryphes postérieurs et de nombreuses représentations artistiques, le Nouveau Testament ne donne aucune description de l'événement de la résurrection. Il ne rapporte nulle part que quelqu'un ait observé le fait en lui-même. Les modalités concrètes de la résurrection demeurent donc pour nous enveloppées de mystère. Dans le Nouveau Testament, on trouve des formules de foi dont certaines, très anciennes, sont déjà bien fixées, et qui attestent fermement la croyance en la résurrection (cf. Rm 1,3-4; 10,9; Ph 2,6-11; l Tm 3,16). L'évangile de Luc nous a peut-être transmis l'une des toutes premières acclamations liturgiques dans cette phrase : Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon (Le 24,34). Un autre témoignage très ancien sur la résurrection est la profession de foi, antérieure à Paul, que l'apôtre rappelle aux Corinthiens: Christ est mort pour nos péchés, D'après cette vieille formule de foi rythmée, la résurrection de Jésus est un acte de Dieu tout à fait unique en faveur de Jésus- Christ, mort sur la croix. Le Nouveau Testament, à côté du mot résurrection, qui nous est familier, emploie souvent le terme de réveil. Dans la Sainte Ecriture, la formulation passive II a été réveillé évoque une action mystérieuse de Dieu, que les hommes ne peuvent se représenter sous une forme sensible ou analyser de façon conceptuelle. Dans cet acte unique et mystérieux de Dieu en faveur du Crucifié, la foi et l'histoire sont étroitement liées. Le Jésus terrestre et crucifié se trouve au centre de l'histoire. Les témoignages des apôtres à propos des apparitions du Ressuscité sont également une réalité historique. En revanche, la résurrection de Jésus en tant que manifestation de la puissance de Dieu, même si elle peut être datée par référence à sa mort, se situe en dehors du cadre de l'expérience humaine et de l'horizon de l'histoire. Elle signifie que Jésus de Nazareth, le Crucifié, a été, par l'action de Dieu, emporté avec son corps dans la gloire de Dieu, et qu'il est vivant auprès de Dieu. La résurrection n'est donc pas un événement historique au sens habituel du terme, c'est-à-dire un événement qui peut-être constaté par tous et comparé à d'autres événements du même genre, un événement qui s'inscrit dans le cours de l'histoire, et que la raison humaine est capable de comprendre. La foi chrétienne maintient cependant que la ré- surrection de Jésus est survenue à un moment déterminé de l'histoire. D'autre part, cette résurrection doit être distinguée des miracles que Jésus a opérés pendant sa vie terrestre. Le Ressuscité ne revient pas en ce monde et dans cette vie, comme le jeune homme de Naïm ou la fille de Jaire; il entre, au contraire, dans le monde de Dieu, qui n'est pas accessible aux sens et qui se situe au-delà du temps. La résurrection est donc un événement qui se situe à un moment déterminé de l'histoire; il concerne un personnage historique, Jésus de Nazareth, dont l'histoire individuelle s'achève par cet événement; il inaugure également l'accomplissement de l'histoire de l'humanité. Mais il n'est accessible que par la foi, car il n'est possible que par l'action de Dieu. Cet entrecroisement singulier de la foi et de l'histoire s'exprime en particulier dans l'affirmation que la résurrection est survenue le troisième jour Pour l'Ancien Testament, le troisième jour est le jour d'un retournement vers le mieux et vers le salut (cf. surtout Os 6,2; Jon 2,1). D'après le judaïsme, Dieu ne laisse jamais les justes plus de trois jours dans l'épreuve. Cette espérance de salut est comblée en Jésus-Christ de manière tout à fait inattendue, car le retournement ne se produit pas sur le plan de l'histoire. La mort tragique du Christ demeure un échec. Mais au cœur même de cet échec, la puissance de Dieu et sa fidélité se sont affirmées et ont renversé la situation. Du fait que la mort a été vaincue par la mort, il s'est produit au cœur de l'histoire un événement qui transcende toute l'histoire. Le cours de l'histoire a changé. Une rupture s'est produite, grâce à la résurrection du Christ, dans le déroulement inéluctable de chaque histoire individuelle et de l'histoire humaine considérée dans son ensemble. D'où la foi tire-t-elle cette certitude? D'après les formules citées plus haut, la foi en la résurrection de Jésus se fonde sur le fait que le Ressuscité est apparu aux témoins choisis par Dieu, ou, selon une traduction plus exacte, s'est rendu visible à eux, s'est manifesté à eux (cf. l Co 9,1; Ga 1,16). Là encore, le Nouveau Testament ne nous donne aucune description de l'événement de la résurrection. Même les modalités concrètes des apparitions sont passées sous silence, de façon à centrer l'attention sur l'essentiel: il s'agit de rencontres personnelles et d'événements révélateurs, dans lesquels le Seigneur ressuscité par Dieu, vivant d'une vie nouvelle, partageant la gloire et la royauté de Dieu, s'est manifesté à ses disciples. Les diverses tentatives qui ont été faites en vue d'interpréter et d'expliquer ces expériences pascales d'une manière purement naturelle et rationnelle, échouent devant la netteté du témoignage du Nouveau Testament. L'expérience pascale des disciples, qu'ils ont cherché à traduire le mieux possible dans des mots, n'est en effet compréhensible que si le Seigneur ressuscité leur est apparu sous une forme qui leur a permis de reconnaître, vivant d'une vie nouvelle, ce Jésus qu'ils avaient connu personnellement pendant sa vie terrestre. Paul, lui aussi, comprend sa rencontre avec le Christ devant Damas comme la révélation du Seigneur ressuscité, qui est vivant auprès de Dieu; cette révélation qui l'a subjugué, il la doit à la grâce de Dieu (cf. Ga 1,15-16; l Co 9,1; 15,8-10; Ph 3,12). Son message ne diffère pas de celui des disciples auxquels ont été accordées les premières apparitions (cf. l Co 15,11). Les apparitions du Ressuscité signifient donc deux choses. Le Ressuscité apparaît dans notre monde et engage concrètement de cette manière les disciples à son service. Mais il n'est plus de ce monde; il apparaît revêtu de la gloire divine et indique par là que Dieu est à ses côtés, et qu'il est entré dans son Royaume. Du fait que le Crucifié se manifeste comme le vainqueur de la mort, il se révèle être le Kyrios, le Seigneur; par sa glorification, le message de l'avènement du Règne de Dieu a été définitivement confirmé. (Cet article est tiré du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987) |
Service de formation à la foi chrétienne dans la tradition de l'église catholique
|