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Résurrection 10 : Il reviendra dans la gloire

Avec la résurrection et l'ascension de Jésus-Christ, le nouveau monde et l'humanité nouvelle ont commencé pour de bon. Mais le Royaume du Christ est encore en lutte avec les puissances du mal. La partie centrale du Credo, qui concerne le Christ, s'achève donc sur une perspective d'espérance en l'achèvement définitif du Règne de Jésus-Christ: II reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts.

Comme bien d'autres, cet article de foi, qui annonce le retour de Jésus-Christ et le jugement dernier, soulève aujourd'hui de nombreuses questions. Comment pouvons-nous concilier cette vision de la fin de l'histoire avec l'idée que nous nous faisons de l'évolution du monde? Pouvons-nous imaginer de quelque manière ce retour du Christ? Au point où nous en sommes, nous ne pouvons pas encore entrer dans le détail de ces questions; nous y reviendrons plus loin, lorsque nous traiterons des autres aspects de l'espérance chrétienne: la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Il suffira d'indiquer ici ce que signifie aujourd'hui l'espérance du retour du Christ, et comment elle est susceptible de transformer notre vie actuelle et notre monde présent.

En abordant la question sous cet angle, nous rejoignons l'intention du Nouveau Testament. En effet, la Sainte Ecriture ne s'attarde pas à spéculer sur la date, le lieu et les modalités du retour de Jésus-Christ. Au contraire, elle refuse de telles spéculations. Car ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père (Mc 13,32). L'Ecriture ne nous indique donc pas si l'échéance est proche ou lointaine, mais elle nous met en demeure de nous décider dès maintenant face à cet avenir qui nous est annoncé. Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment (Mc 13,33). Le jugement à venir tombe au fond dès maintenant:

Car si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges (Mc 8,38; cf. Jn 5,24).

Non seulement la vie et l'action terrestres de Jésus-Christ, mais aussi son ascension et son exaltation ont pour toile de fond cet horizon du futur. Le temps de l'Eglise, qui commence avec l'ascension, aura pour terme le retour de Jésus-Christ dans la gloire (cf. Ac 1,11). C'est pourquoi les apôtres ont mission d'annoncer au peuple: C'est lui que Dieu a désigné comme juge des vivants et des morts (Ac 10,42).

Ces déclarations et bien d'autres dans le Nouveau Testament (cf. Ac 17,31; Rm 14,9; 2 Tm 4,1; l P 4,5) sont résumées par l'affirmation contenue dans la profession de foi catholique: II reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Ceci signifie que le Règne du Christ, c'est-à-dire le triomphe de la vie et de l'amour, qui a commencé de façon cachée avec la résurrection et l'ascension, est irréversible et deviendra visible pour tous à la fin des temps. Alors, notre espérance en la vie éternelle et en la résurrection des morts sera, elle aussi, comblée. Le retour du Christ et l'écrasement de toutes les puissances hostiles à Dieu tendent à ce que Dieu soit finalement tout en tous (cf. l Co 15,28). Lorsqu'au IV siècle, Marcel d'Ancyre tira de cette affirmation la conclusion erronée qu'à la fin des temps, Jésus-Christ renoncerait à sa nature humaine et retournerait en Dieu, le premier concile de Constantinople (381) s'opposa à cette erreur en ajoutant à la profession de foi: Et son Règne n'aura pas de fin. Jésus-Christ est en effet le oui, l'amen définitif de Dieu à tout ce que Dieu a promis (cf. 2 Co 1,20), le oui et l'amen de Dieu à l'homme et au monde. L'humanité de Jésus-Christ a, elle aussi, une signification définitive en Dieu et pour Dieu. C'est pourquoi le Règne de Jésus-Christ sera un Règne éternel (cf. Le 1,33).

Cet article de foi a une signification éminemment pratique. Croire qu'au terme de l'histoire, Dieu jugera le monde par Jésus-Christ, c'est renoncer au rêve d'un progrès perpétuel vers une harmonie finale auquel nous lions volontiers notre conception du salut. L'idée de jugement implique au contraire qu'à la fin, tout ne sera pas uniformément pour le mieux, qu'il y aura, au contraire, séparation définitive du bien et du mal, victoire du bien et condamnation du mal. C'est ce qui donne son caractère de gravité à la décision que nous devons prendre aujourd'hui. D'autre part, l'idée du jugement dernier exprime aussi un aspect réconfortant de notre message chrétien: c'est l'idée spécifiquement chrétienne de l'égalité entre tous les hommes, qui ne tend pas à un nivellement par le bas, mais souligne l'égalité de tous les hommes dans leur responsabilité concrète devant Dieu, tout en donnant un motif certain d'espérer à tous ceux qui souffrent d'injustices. Cette conception chrétienne de l'égalité implique l'exigence d'une justice intégrale. Elle ne paralyse donc pas l'intérêt pour la lutte historique en faveur de la justice; elle réveille plutôt en chacun la conscience de sa responsabilité à l'égard de cette justice. Comment pourrions- nous sans cela faire face au jugement de Dieu? (NE 1,4)

Le fait de regarder avec espoir vers l'avenir aiguise donc encore une fois le regard que nous portons sur le présent, et le sens de notre responsabilité historique au lieu et au moment où nous vivons. L'avenir qui s'est définitivement ouvert en Jésus-Christ se réalise par l'action du Saint-Esprit, qui rend présente l'action de Jésus-Christ en nous, dans l'Eglise et dans le monde. Fin de l'article

(Cet article est tiré du Catéchisme allemand pour adultes. La foi de l'église, Centurion / Cerf, 1987)

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«Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les écritures ce qui le concernait.»


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