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Spiritualite2000.com
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La balle est dans notre camp
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par Jacques
Sylvestre, o.p.
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Année A. Dimanche de la Sainte Trinité.
26 mai 2002.
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Evangile de Jésus Christ selon
saint Jean (3 : 16 - 18)
Dieu a tant
aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, pour
que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait
la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils
dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit
sauvé par lui. Qui croit en lui n'est pas condamné
; qui ne croit pas est déjà condamné, parce
qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu.
Commentaire
renons
place parmi les membres de la communauté johannique. L'apôtre
Jean parlait d'un certain Nicodème, notable juif et maître
en Israël, venu trouver Jésus de nuit pour éclaircir
certains points demeurés en suspens. Les conversions de nombreux
juifs à la vue des miracles que Jésus accomplissait
(2 : 23-25) ne pouvaient le laisser indifférent. C'est de
cet entretien (3 : 1-21) dont Jean nous rapporte quelques souvenirs
ainsi que ses propres réflexions, dont est tiré le
passage d'évangile proclamé en ce dimanche de la Sainte
Trinité. Jésus tente de convaincre son interlocuteur
de la nécessité de renaître de l'Esprit pour
voir, expérimenter et posséder le Royaume de Dieu,
être atteint et saisi par lui. (3 : 1-12) La suite affirme
que le Fils de l'homme descendu du ciel peut seul révéler
le dessein du Père, c'est à dire une nouvelle naissance
pour l'homme dans la mort et la résurrection du Christ, moyennant
la foi.
DIALOGUE DE SOURDS
Qui peut comprendre
! Le passage débute par une idée chère à
l'évangéliste : Dieu a tant aimé le
monde. ( 1 Jn. 3 : 16; 4 : 9-10) L'expression le monde
embrasse ici tout l'univers, et particulièrement le
genre humain. Il serait opportun de relire dans ce contexte un extrait
de la lettre de Paul aux Colossiens (1 : 15-20) et de la Première
de Jean. (2 : 15-17) Ce monde n'est pas mauvais en soi, il le deviendra
par son refus de la lumière et de la foi au Christ. (Jn.1
: 11; 12; 46-48; 16 : 8-9) Progressivement, dans la pensée
de Jean, ce monde va s'identifier à ceux qui récusent
le Christ pour adhérer à Satan. (ch.13 +) Au point
de départ, le dessein de salut concernait tous les humains
sans exception : Afin que tout homme qui croit en lui ne
périsse pas, mais ait la vie éternelle .
Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner
le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
(17) C'est là le dessein éternel du Père (Eph.
1.1+) et la mission du Fils : le salut des hommes. La condamnation
viendra du choix de l'homme (18+. Cependant, de connivence avec
le Père, le Fils remet sa fonction de juge à la fin
des temps (Mat. 25) ; tant qu'il est parmi nous, notre salut seul
le préoccupe.
LUMIÈRE ET TéNÈBRES
Pour l'évangéliste
Jean, la vie de Jésus au service des desseins de son Père
fut un long et infâme procès intenté par le
monde, hommes de son temps et préfigures des hommes de tous
les temps dans l'âme desquels se déroule toujours le
même ignoble procès. L'aboutissement en sera la condamnation.
Tout homme, en tout temps et en tout lieu, est mis en demeure de
faire un choix : prendre parti pour Jésus et les valeurs
de lumière, de vérité et de vie qu'il incarne,
ou refuser le Christ et préférer le mensonge, les
ténèbres et la mort. De ce fait même, l'homme
est déjà jugé : Celui qui ne croit pas
est déjà condamné parce qu'il n'a pas cru au
nom du Fils unique de Dieu. Quelques chapitres plus loin,
l'apôtre précisera : Si quelqu'un entend mes
paroles et ne les garde pas, ce n'est pas moi qui le condamnerai,
car je ne suis pas venu pour condamner le monde, mais pour sauver
le monde. Qui me rejette et ne reçoit pas mes
paroles a son juge : la parole que j'ai fait entendre, voilà
qui le jugera au dernier jour, car je n'ai pas parlé de moi-même,
mais le Père qui m'a envoyé m'a lui-même prescrit
ce que je devais dire et faire entendre, et je sais que son ordre
est vie éternelle. Les paroles que je dis, c'est comme le
Père me l'a dit que je les dis. (12 : 47-50)
Il s'agit là
d'une situation, non d'un délit passager, mais d'un choix
fait par les hommes lorsqu'ils sont confrontés avec le don
Dieu, le Verbe incarné. Dieu nous a offert gratuitement le
don de sa vie ; le jugement s'établit dans et au cours de
l'histoire : Les hommes préfèrent les ténèbres
à la lumière venue dans le monde, par ce que leurs
ouvres sont mauvaises. (1 : 10-11) Qui fait le mal,
hait la lumière et ne vient pas à la lumière
de peur que ses ouvres ne soient dévoilées.
(20) Mais celui qui agit dans la vérité vient
à la lumière pour qu'il apparaisse au grand jour que
ses ouvres sont faites en Dieu. (21) Conflit entre la lumière
et les ténèbres, l'un des thèmes privilégiés
de Jean.
CONCLUSION
Des mots brûlants
: Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son
Fils unique pour que tout homme croit en lui et ait la vie éternelle.
Toute la Bible révélait cet amour de Dieu,
l'Ancien Testament tout autant que le Nouveau ; mais qui pouvait
deviner jusqu'où irait cet amour. Dieu a donné son
Fils, le Verbe incarné, la Parole fait chair ; Dieu a parlé
à des hommes dans un langage humain pour que nous apprenions
à vivre éternellement. Jean sait ce dont il parle,
lui le seul des Douze à avoir été au pied de
la croix sur laquelle Jésus mourait pour notre salut. C'est
ainsi qu'il a pu mesurer l'immense amour dont le Père peut
nous aimer, et l'amour incommensurable exprimé par son Fils
en ses paroles et ses gestes. Pour l'homme, une seule réponse
était possible, réponse engageant non seulement sa
vie ici-bas, mais non moins son salut éternel.
Telle était
la portée de ce dialogue d'amour entre Dieu, Père,
Fils et Esprit et chacun de nous. Quelle réponse sommes-nous
en train de vivre ! Comme on dit : la balle est dans notre camp.
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