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Spiritualite2000.com
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Faire la fête à Dieu
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par Jacques
Sylvestre, o.p.
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Année A. Dimanche du Saint-Sacrement, 2 juin 2002.
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Evangile de Jésus
Christ selon saint Jean (6 : 51 - 58)
Je suis
le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à
jamais. Le pain que moi, je donnerai, c'est ma chair pour la vie
du monde. Les Juifs se mirent alors à discuter entre
eux : Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à
manger ? Jésus leur dit : En vérité,
en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair
du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie
en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle
et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment
une nourriture et mon sang, vraiment un breuvage. Qui mange ma chair
et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même qu'envoyé
par le Père, qui est vivant, je vis, moi, par le Père,
de même celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi. Voici
le pain descendu du ciel : il n'est pas comme celui qu'ont mangé
nos pères : eux sont morts ; qui mangera ce pain vivra à
jamais.
Commentaire
iscours
eucharistique, le plus élaboré de tout le Nouveau
Testament, véritable traité de théologie. Les
allusions aux récits de l'institution du sacrement pullulent
nombreuses et évidentes (Mat. 26 : 26-29; 1 Co. 11 : 23-26).
De ce long exposé de Jean, la liturgie n'a retenu ici qu'un
bref passage : la conclusion, qu'il importe de bien situer dans
l'ensemble du chapitre 6e de Jean.
Mais avant
tout, rappelons une fois encore, que l'évangile de Jean est,
pour une très large part, le résultat d'une réflexion
prolongée sur des événements dont l'auteur
a été témoin. Après la venue de l'Esprit
tel que promis, les apôtres ont mieux compris le sens des
paroles et gestes de Jésus. (14 : 24-26) Ce chapitre serait-il
une composition de l'évangéliste ? De là sans
doute son unité : Jean écrit une parabole, et l'événement
originel auquel il se réfère est que le Christ, faisant
référence à la manne de l'Ancien Testament,
(Ex.16) a posé un geste imagé. Les auditeurs n'ont
pas compris, et Jésus explique au risque même de provoquer
le scandale de ses auditeurs.
PARABOLE DE VIE
Travaillez
non pour la nourriture périssable, mais pour celle qui demeure
en vie éternelle, celle que donne le Fils de l'homme.
(6 : 27) S'enchaîne alors la question des juifs (28), la réponse
de Jésus (29) et l'insistance des Juifs qui réclament
un miracle semblable à celui de la manne. (30-31) La réponse
de Jésus irrite l'auditoire et provoque ses murmures. Jésus
déclare alors qu'il est, lui, le pain vivant et qu'il donnera
sa chair pour la vie du monde. (51-58) C'en est trop ! le scandale
éclate et la foule se disperse. Elle n'a pas compris que
Jésus se révélait pain de vie dans tout ce
qu'il fait et ce qu'il dit dans son action messianique, bien qu'il
le soit de façon toute particulière dans l'Eucharistie.
Tel est le point culminant du discours parabolique jailli de la
plume de Jean.
PAIN DE VIE
L'Eucharistie
est le sacrement de l'union du Christ avec nous : Qui mange
ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ?
(6 : 56) La formule réapparaîtra au chapitre 15e. Elle
définit ce lien étroit établi entre le Christ
et la communauté : union comparable à celle du Fils
avec son Père (15 : 10; 1Jn.4 : 12-15) Mais encore faut-il
que l'homme croie. Cette foi, don de Dieu et grâce de l'Esprit,
Jésus la présente souvent sous les symboles de l'eau
et du pain : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi
et qu'il boive, celui qui croit en moi. (7 : 37-38)
Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura
jamais soif. (6 : 35) La communion eucharistique, dans l'esprit
de ce passage, s'avère aussi nécessaire et indispensable
au chrétien que la foi elle-même et l'amour :
Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang,
vous n'aurez pas la vie en vous. (6 : 53) La grâce
eucharistique est cause et effet de notre adhésion de foi.
L'Eucharistie n'est pas seulement souvenir du passé ou gage
du salut à venir; elle est mémoire ,
c'est à dire présence active du Sauveur en nous.
LA FÊTE DE DIEU
Les ferventes
démonstrations d'un passé encore récent, n'étaient
pas sans représenter la profondeur et la réalité
de ce mystère d'amour : Jésus porté dans les
rues de nos villages et les grandes artères de nos villes,
exposé dans les lieux et espaces de nos vies quotidiennes,
ces démonstrations étaient la célébration
de la présence sacramentelle de celui qui n'a jamais cessé
d'habiter visiblement parmi nous. Fête de la grande folie
d'amour de Dieu, qui se voulait présence et non seulement
souvenir ou gage. D'où ces multiples façons de dire
notre foi : présence adorée au tabernacle, exposition
vénérée sur nos autels, prolongement de la
célébration de la messe, actions de grâces...
Faisons la fête à Dieu et qu'elle
se prolonge !
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