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Parole et Vie
Un
commentaire hebdomadaire sur l'Évangile du dimanche.
Responsable
du dossier :
Jacques Sylvestre, o.p.
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Spiritualite2000.com
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Un miracle inusité
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par Jacques
Sylvestre, o.p.
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Année A. Cinquième dimanche du Carême.
10 mars 2002.
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Évangile selon saint Jean 11, 1-
45
Lazare était malade. Marthe et Marie, ses
deux sours, envoyèrent dire à Jésus :
Seigneur, celui que tu aimes est malade. À
cette nouvelle, Jésus dit : Cette maladie n'est
pas mortelle ; elle est pour la gloire de Dieu : elle doit
servir à glorifier le Fils de Dieu. Jésus
aimait Marthe et sa sour ainsi que Lazare, leur frère.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il resta
encore deux jours à l'endroit où il se trouvait.
Alors seulement il dit aux disciples : Allons en Judée.
. À son arrivée, Jésus trouva
Lazare enseveli déjà depuis quatre jours.. Quand
Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit
à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à
la maison. Marthe dit à Jésus : Si tu
avais été là, mon frère ne serait
pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que
tu demanderas à Dieu, Dieu l'accordera. -
Ton frère ressuscitera , lui dit Jésus.
- Je sais, répondit Marthe, qu'il ressuscitera
à la résurrection au dernier jour. Jésus
lui dit : Je suis la résurrection. Qui croit
en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit
en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela ? -
Oui, Seigneur, lui dit-elle, je crois que tu es le Christ,
le Fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde.
.Quand il vit sangloter Marie et aussi les juifs qui l'accompagnaient,
Jésus frémit intérieurement. Troublé,
il demanda : Où l'avez-vous mis ? Ils
lui dirent : Seigneur, viens et vois. Jésus
pleura. Les Juifs dirent alors : Comme il l'aimait
! Mais quelques-uns d'entre eux dirent : Ne
pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire
aussi que cet homme ne mourût pas ? Frémissant
de nouveau en lui-même, Jésus se rend au tombeau.
C'était un caveau, avec une pierre par-dessus. Jésus
dit : Enlevez la pierre ! Marthe lui dit :
Seigneur, il sent déjà ; c'est le quatrième
jour. - Ne t'ai-je pas dit, reprit Jésus,
que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? On enleva
donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux et dit :
Père, je te rends grâce de m'avoir exaucé.
Je sais bien que tu m'exauces toujours ; mais c'est pour tous
ces hommes qui m'entourent que je parle, afin qu'ils croient
que tu m'as envoyé. Cela dit, il cria d'une
voix forte : Lazare, viens ici, dehors ! Le
mort sortit, pieds et mains liés de bandelettes, le
visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit
: Déliez-le et laissez-le aller. A la
vue de ce que Jésus avait fait, beaucoup de Juifs,
venus auprès de Marie, crurent en lui.
e
4e miracle de l'évangile de Jean occupe une place centrale
dans la théologie johannique, il est un moment-clé
pour sa compréhension. La Bonne Nouvelle selon Jean est
message de foi en Jésus qui nous révèle
le Père, et qui pour ce faire, accomplit les ouvres que
le Père lui donne à faire. Le défi est
alors de croire en celui que Dieu a envoyé. Les Juifs
accusent Jésus de se faire égal à Dieu,
et, de jour en jour, ils tentent de le cerner de plus en plus
et de le prendre en faute aux yeux de la Loi. Avec l'épisode
de la résurrection de Lazare, nous atteignons le sommet
de cette contestation : les Juifs somment Jésus de dire
une fois pour toutes s'il est le Christ. (10 : 24) Le miracle
au tombeau de Lazare constituera la réponse de Jésus
: Cette maladie est pour la gloire de Dieu : elle doit
servir à glorifier le Fils de Dieu (11 : 4) c'est
à dire faire reconnaître Jésus comme Fils
de Dieu. Que pouvait faire et dire davantage Jésus pour
clarifier la question de son identité ?
La scène se passe
vraisemblablement à Béthanie, près de Jérusalem,
un des lieux privilégiés de Jésus : il
aimait y rencontrer Lazare, son ami, (3,5,11) Marthe, la maîtresse
de maison, et Marie sa sour mais plus effacée. Lazare
est malade. On prévient Jésus. Mais comme il lui
arrive souvent, Jésus ne se rend pas immédiatement
à la demande, ses conduites étant rarement motivées
exclusivement par des désirs humains. Il se doit, plus
la contestation progresse à son sujet, d'agir avec prudence
: On ne m'ôte pas la vie, je la donne moi-même.
(10 : 17-18) Sauver Lazare pourrait anticiper sa propre
condamnation, l'heure de Dieu qu'il appréhende viendra
bien assez tôt : Père, sauve-moi de cette
heure ? Mais c'est pour cela que je suis arrivé à
cette heure. Père, glorifie ton nom. (Jn. 12 :27)
La résurrection
de Lazare, le récit le plus long de l'évangile,
constitue un véritable drame. Mais quel lien entre ce
récit et tout le contexte évangélique johannique
? Il est important de ne pas le perdre de vue. Deux éléments
caractérisent ce récit. En premier lieu, le personnage
central est Jésus, et tous les autres personnages, disciples,
juifs, parenté, etc. sont appelés à la
foi. Mais les premiers interpellés par le drame, et ce,
tout au long de l'évangile, demeurent les Juifs. En second
lieu, aucun discours ne vient conclure le récit du miracle,
mais des dialogues qui explicitent le sens du récit.
La suite du miracle se jouera au conseil du Sanhédrin.
Bref, ce qui tisse la trame du récit est l'appel à
la foi : huit fois le terme croire est ici mentionné,
il désigne la réponse de l'homme à la vision
de la gloire de Dieu exprimée en ce miracle. Nous avons
donc là un exemple type du miracle chez Jean : le miracle,
révélation du Fils de Dieu. Cette maladie.
doit servir à glorifier le Fils de Dieu.
En ce jour, nous aussi
devons saisir la proclamation de cet évangile comme une
catéchèse. Une assemblée chrétienne
revit ce miracle à l'occasion d'un baptême. Le
quatrième évangile est celui d'une communauté
qui contemple Jésus qui vit en église et lui donne
vie. Les miracles, sources d'étonnement, veulent élever
nos regards au-dessus de la routine et nous faire percevoir
les réalités supérieures et spirituelles.
Les miracles quotidiens par lesquels Dieu fait vivre le monde,
telle la croissance de la moisson, etc., échappent à
l'attention ; mais Dieu choisit d'accomplir miraculeusement
certaines ouvres, en temps opportun et en dehors du cours habituel
de la nature et des choses, afin que, frappés d'admiration,
nous prêtions l'oreille à sa parole. Le miracle
est signe et langage à comprendre à l'école
du Christ. Si ce sont des signes, ils signifient quelque
chose dont il faut trouver la signification, écrit saint
Augustin, et c'est chose plus importante que de les lire ou
de les entendre . et ils ressuscitent ceux qui croient.
(Augustin. 49, comm. de Jean) . La foi au Christ, condition
essentielle pour le miracle, constitue une condition indispensable
pour la résurrection spirituelle de l'âme.
Celui qui croit
en moi, fût-il mort, vivra. Ce n'est pas un miracle
quotidien, mais pourquoi ne le deviendrait-il pas ?
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