|
Spiritualite2000.com
|
|
|
- Triomphe
de l'amour
- par Jacques
Sylvestre, o.p.
- Année A. Quatrième
dimanche de l'Avent. 23 décembre 2001.
Évangile selon
saint Matthieu 1 : 18-24
oici
quelles furent les origines de Jésus, le Christ. Marie,
sa mère, était promise à Joseph. Ils ne vivaient
pas encore ensemble quand le Souffle saint agit en elle et la
fit mère. Or Joseph, son mari, était un homme droit.
Pourquoi compromettre sa femme ? Mieux valait la renvoyer en secret.
Il en était là dans ses pensées quand le
messager du Seigneur lui apparut en rêve et lui dit :
Joseph, fils de David, garde sans crainte Marie pour épouse,
car la vie qui est en elle vient du Souffle saint. Elle mettra
au monde un fils, tu lui donneras le nom de Jésus et il
libérera son peuple égaré. Ainsi les choses
se passèrent pour que s'accomplisse la prophétie,
parole du Seigneur : Une jeune fille deviendra enceinte.
Elle mettra au monde un fils. Il recevra le nom d'Emmanuel, qui
veut dire Dieu est avec nous. A son réveil,
Joseph obéit au messager du Seigneur. Il prit avec lui
sa femme, mais se refusa à la toucher jusqu'à ce
qu'elle mit au monde un fils auquel elle donna le nom de Jésus.
Bien
que ce récit baigne dans une atmosphère prophétique,
(Is.7: 9+11; Jér. 23 et Mi. 4+5), aurons-nous le courage
de pénétrer dans une des zones les plus obscures
de notre foi chrétienne. Si impénétrable
soit-elle, cette zone l'a été bien davantage pour
Marie qui gardait tous ces souvenirs dans son cur
pour les méditer. (Lc.2 : 19 et 51) Ainsi en fut-il
d'ailleurs de toute sa vie.
L'évangile
de ce dimanche nous permet de communier au mystère dans
lequel le pauvre Joseph a dû vivre ; rien de nature à
effacer nos doutes et remises en question concernant la conception
de Jésus dans le sein de Marie. Le personnage de Joseph
et son drame intime nous semblent tout de même plus près
de nous. Qui ne se serait poser semblable question devant l'évidence
et la non-transparence : Marie est enceinte, mais de qui :
Ils ne vivaient pas encore ensemble.
L'évangéliste,
à l'aide de symboles de l'Ancien Testament, tente de nous
faire part, non des confidences de Marie, mais de sa propre vision
des origines de l'enfant Dieu. Jésus a été
appelé à la vie non pour répondre à
une volonté d'homme, ni pour satisfaire le légitime
désir d'une épouse, mais en vertu de la seule initiative
souveraine de Dieu. Et si l'offrande généreuse de
la mère a servi de prélude à cette conception
merveilleuse au sens biblique, le renoncement et l'acceptation
volontaire de Joseph, d'un mot son amour plus fort que l'obéissance
à la Loi, feront que le Fils de Dieu deviendra fils d'homme.
Xavier Léon-Dufour propose une traduction qui rend bien
le sens du texte orignal : Joseph, fils de David, prends
chez toi sans crainte Marie ton épouse, car sans doute
ce qui est engendré en elle est l'oeuvre de l'Esprit ;
mais elle enfantera un fils et c'est toi qui lui donneras le nom
de Jésus. Si d'un côté, Marie a conçu
du saint Esprit, d'autre part, à Joseph revient de droit
de donner un nom à l'enfant. Ce rôle demeure le sien
en dépit du caractère inédit de la conception.
Malgré son honnêteté d'homme juste, il se
doit d'exercer son droit de paternité légale. Jésus
doit être fils de David , titre auquel Israël
tient le plus, (Mt.1 : 16 ) et c'est par cette adoption qu'il
le deviendra, car Joseph est de la descendance de David. (1: 20)
LE
NOM DE JéSUS
Le
nom, c'est toute la personne. Les prophètes l'avaient déjà
surnommé : Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous;
(Is. 7 : 14. On précise avec les titres de Conseiller-merveilleux,
Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-la-Paix (Is.
9 :5) et
Fils du Très Haut. (Lc 1 : 32) Le vieillard Siméon
ajoutera Signe de contradiction (Lc.2 : 34) Jésus
sera occasion de relèvement pour les uns et de chute pour
les autres, l'enfant sera celui qui sauve son peuple de
ses péchés. Tu lui donneras le nom
de Jésus, qui veut dire Sauveur , avait dit l'ange
à Joseph.
L'AMOUR
D'UN HOMME.
Joseph,
lit-on, était un homme juste, non en ce qu'il fit preuve
de fidélité à la Loi ou en ce qu'il s'était
montré débonnaire ou en raison de la justice qu'il
devait à une innocente. Certains ont interprété
le doute de Joseph comme un soupçon grave touchant l'intégrité
de Marie ; d'autres ont mis l'accent sur son obéissance
à l'ange. Une tradition voudrait que Joseph ait été
mis au courant de la conception virginale. Comment aurait-il pu
comprendre, alors que des siècles après, nous ne
comprenons toujours pas et rejetons volontiers ce merveilleux
de notre foi ? Jamais dans le judaïsme n'était apparue
l'hypothèse même qu'un être humain pût
être engendré sans intervention d'homme.
Simplement,
bien qu'innocemment peut-être, mais dans un authentique
climat de foi, confiance obscure, et sans porter ombrage à
la sainteté de la Mère de Dieu, retrouvons en Joseph
l'archétype de ce que l'apôtre Paul décrit
comme l'excellence du comportement chrétien : L'amour
excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout
(1 Co.13 : 7), comme l'enseignait le re des Proverbes (10 : 12)
: L'amour couvre toutes les fautes. L'exemple de
Joseph devient ainsi pour nous un exemple susceptible d'éclairer
certaines situations avec lesquelles nous sommes parfois confrontés.
Et malgré toutes les interprétations que l'on voudrait
ici inclure pour expliquer l'inexplicable, restons-en là
: seul l'amour triomphe de tout et permet de pénétrer
les insondables secrets de Dieu. celui qui aime connaît
Dieu parce que Dieu est amour.
Cette
page d'évangile nous livre le secret de toute fidélité
tant aux hommes qu'à Dieu : l'amour, le triomphe de l'amour.
Retour
en haut
|