PRESENTATION
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Christ devrait être au centre de nos préoccupations
en ce dimanche des Rameaux. Le connaître Lui ! avec
la puissance de sa résurrection, la communion à
ses souffrances. Lui devenir conformes dans la mort afin de parvenir
si possible à ressusciter d'entre les morts . (Phil.3
:10) Une question demeure : Quelle place occupe dans notre monde
d'aujourd'hui le Christ crucifié et que représente
pour nous du XXIeme siècle sa victoire sur la mort ?
Ô mort, où est ta victoire ? (1 Co.15 :54)
Avant tout, il faut ne pas perdre de vue que le kérigme
primitif était uniquement la proclamation de la mort et
de la résurrection de Jésus. A preuve, le discours
de Pierre le jour de la Pentecôte : .Hommes d'Israël,
écoutez ces paroles. Jésus le Nazaréen, cet
homme que Dieu a accrédité auprès de vous
par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés
par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez, cet homme
qui avait été livré selon le dessein bien
arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris
et fait mourir en le clouant à la croix par la main des
impies ; mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant
des affres de l'Hadès. (Ac.2 :22-24) Et devant le
peuple, au Temple, à l'heure de la prière : .
Jésus que vous, vous avez livré et renié
devant Pilate, alors que ce dernier était décidé
à le relâcher. Mais vous avez réclamé
la grâce d'un assassin tandis que vous faisiez mourir le
prince de la vie. Dieu l'a ressuscité des morts : nous
en sommes témoins. (Ac. 3 :13-14)
La fête des palmes. Bouleversée par la résurrection
de Lazare, la foule fit à Jésus ce jour-là
un accueil triomphal dans lequel dominait pour une fois le sentiment
religieux : Hosanna ! Béni soit celui qui vient
au nom du Seigneur. Béni soit son règne qui vient,
celui de David, notre Père ! Hosanna au plus haut des cieux
! Aux antipodes de cette manifestation, la voix du Grand
Prêtre détonne lorsqu'il ordonne à Jésus
traduit à son tribunal : Tu ne réponds rien
! Je t'adjure de par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le
Messie, le Fils de Dieu. (Mt. 26;62-66) Ne devrions-nous
pas, nous aussi, à travers ce long récit de la passion,
après la procession solennelle des Rameaux, tenter de découvrir
à travers le crucifié Jésus, notre Sauveur
et Roi, aujourd'hui et à jamais et dans la suite des temps
?
La passion selon saint Marc présente une homme qui, abandonné
de tous, a planté sa croix comme une question posée
à la face du monde. Luc de son côté montre
un Sauveur plein de bonté envers ceux qu'il pardonne, invitation
aux chrétiens à ne pas demeurer simples spectateurs
de sa douleur.
La Passion selon saint Matthieu est comme l'ensemble de son évangile
une catéchèse à l'intention des Juifs. Et
il importe de retenir une fois encore que le bloc Passion-Résurrection
ne constitue pas la conclusion de l'évangile ; proclamé
originellement comme l'essence de l'évangile,. ce long
passage est comme le tunnel au bout duquel tout ce qui précède
attend sa lumière ; l'ensemble de l'évangile est
composé de façon à conduire les lecteurs
vers cet objectif. Matthieu présente un portrait spécifique
: il montre en Jésus la manifestation éclatante
de la présence de Dieu dans sa personne, ce que les Juifs
ont constamment contesté. Le récit de la Passion
et la Résurrection constituent l'accomplissement des prophéties
: la venue du Fils de l'homme instaure le Royaume de Dieu parmi
nous. Cet homme était vraiment le Fils de Dieu
déclare le centurion au pied de la croix. L'évangéliste
s'adresse à des chrétiens imbus de littérature
juive, il se doit d'écrire en utilisant les genres auxquels
les juifs sont habitués. Matthieu semble peut être
éloigné de nous parce que très près
de ses compatriotes, mais il n'en est pas moins riche. Nous avons
sans doute besoin en notre temps de redonner à Jésus
sa divinité alors que la tentation est fréquente
de le comparer à Bouddha, Mahomet, Ghandi et autres
Ce long récit de la Passion du Seigneur selon saint Matthieu
comporte deux temps : une passion intérieure (26:1-26:46)
comprenant un prélude : complot, onction à Béthanie
et trahison de Judas ; le repas pascal et la dispersion de la
communauté. En second lieu, une passion physique (26:47-27:66)
incluant prélude, arrestation de Jésus, procès
religieux et civil et enfin l'exécution du jugement (27-66).
Le bloc passion intérieure débute par l'exposé
du plan divin : Le Fils de l'homme est livré pour
être crucifié . L'onction à Béthanie
et la trahison de Judas montrent deux aspect, positif et négatif,
préparatoires au don que Jésus fait de soi. La trahison
de Judas est l'occasion de faire réfléchir chacun
sur lui-même
REFLEXION
Une grande semaine débute, la semaine des folies divines
et ses contrastes. Alors que les juifs demandent des signes
et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous, nous proclamons
un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour
les païens. (1 Co. 1 :22) La grande folie du Vendredi
saint : C'est alors que nous étions sans force,
le Christ est mort pour des impies ; - à peine voudrait-on
mourir pour un homme juste ; pour un homme de bien, oui, peut-être
osera-t-on mourir ; - mais la preuve que Dieu nous aime, c'est
que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs,
est mort pour nous. Semaine de contrastes, d'oppositions,
de revirements : souffrance et joie inséparables, déception
et espérance, culpabilité et certitude du salut,
ovation des Rameaux et abandon du vendredi saint, mort de Jésus
et salut d'un larron. Croix déconcertante, échec,
solitude,
humiliations, absurdité. La crainte de la croix, notre
plus grande croix. L'indifférence devant elle, notre plus
grand péché.
Q'importent les progrès de ce monde, l'autonomie croissante
de notre humanité, l'équilibre naissant dans notre
univers humain ; sans la croix de Jésus rien ne serait
possible. Mystère divin ! Bien plus, sans les souffrances
de nos frères et sours et nos propres souffrances, rien
ne peut être espéré : Si le grain ne
meurt, il ne peut porter de fruits. J'achève
dans ma chair ce qui manque à la passion du Christ pour
son église, confessait l'apôtre Paul.
Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix
de notre Seigneur Jésus Christ qui a fait du monde un crucifié
pour moi et de moi un crucifié pour le monde. Ga.
5 :14
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