La mission universelle
de l'Église naît du commandement de Jésus-Christ
et se réalise au long des siècles par la proclamation du mystère
de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, et du mystère de
l'incarnation du Fils, comme événement salvifique pour toute
l'humanité. Tels sont les contenus fondamentaux de la
profession de foi chrétienne: « Je crois en un seul Dieu, le Père
Tout-Puissant, Créateur
du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Je
crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ le Fils
unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles: Il est
Dieu, né de Dieu, Lumière, né de la Lumière, vrai Dieu, né
du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le
Père, et par Lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et
pour notre salut, Il descendit du ciel; par l'Esprit Saint, Il a
pris chair de la Vierge Marie, et S'est fait homme. Crucifié
pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis
au tombeau. Il
ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et
Il monta au ciel; Il est assis à la droite du Père. Il
reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts;
et son Règne n'aura pas de fin. Le crois en l'Esprit Saint, qui
est Seigneur et qui donne la vie. Il procède du Père et du
Fils; avec le Père et le Fils, Il reçoit même adoration et même
gloire; Il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église,
une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul
baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection
des morts, et la vie du monde à venir ».1
2. L'Église, au long des siècles,
a proclamé l'Évangile de Jésus et lui a rendu fidèlement témoignage.
Cependant, au terme du second millénaire, cette mission est
encore loin d'être accomplie.2 Par conséquent,
l'exclamation de l'apôtre Paul sur la tâche missionnaire de
tous les baptisés est plus que jamais d'actualité: « Annoncer
l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire;
c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je
n'annonçais pas l'Évangile! » (1 Co 9,16). D'où l'attention particulière du Magistère à
encourager et à soutenir la mission évangélisatrice de l'Église,
vis-à-vis surtout des traditions religieuses du monde.3
Considérant de manière ouverte et positive les valeurs dont témoignent
ces traditions et qu'elles offrent à l'humanité, la Déclaration
conciliaire sur les relations de l'Église avec les religions
non chrétiennes affirme: « L'Église catholique ne rejette
rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère
avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles
et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de
points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent
souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes ».4
Continuant dans la même direction, la tâche ecclésiale
d'annoncer Jésus-Christ, « chemin, vérité et vie » (cf. Jn
14,6) emprunte aujourd'hui encore la voie du dialogue
interreligieux qui ne remplace certainement pas la missio
ad gentes mais l'accompagne plutôt, à cause de ce « mystère
d'unité » dont « découle que tous ceux et celles qui sont
sauvés participent, bien que différemment, au même mystère
de salut en Jésus-Christ par son Esprit ».5 Ce
dialogue, qui fait partie de la mission évangélisatrice de l'Église,6
comporte une attitude de compréhension et un rapport de
connaissance réciproque et d'enrichissement mutuel, dans l'obéissance
à la vérité et le respect de la liberté.7
3. De la pratique et de la théorisation
du dialogue entre la foi chrétienne et les autres traditions
religieuses, naissent de nouvelles questions; il faut les
affronter en parcourant de nouvelles pistes d'investigation, en
avançant des propositions et en suggérant des comportements,
qui doivent être soumis à un discernement attentif. La présente
Déclaration intervient dans cette recherche pour rappeler aux
Évêques, aux théologiens et à tous les fidèles catholiques
certains contenus doctrinaux essentiels, qui puissent aider la réflexion
théologique à découvrir peu à peu des solutions conformes
aux données de la foi et aptes à répondre aux défis de la
culture contemporaine.
Cette Déclaration est un exposé en raison de sa finalité. On n'entend pas
y traiter organiquement la problématique de l'unicité et de
l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ et de l'Église,
ni offrir des solutions à des questions théologiques librement
disputées. On veut plutôt exposer une nouvelle fois la
doctrine de la foi catholique sur ce point, en indiquant en même
temps certains problèmes fondamentaux qui restent ouverts à
d'ultérieurs approfondissements, et réfuter quelques opinions
erronées ou ambiguës. Ainsi la Déclaration reprend la
doctrine enseignée dans de précédents documents du Magistère,
pour proclamer à nouveau des vérités qui appartiennent au
patrimoine de foi de l'Église.
4. La pérennité de l'annonce
missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des
théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme
religieux, non seulement de
facto mais aussi de iure (ou en tant que
principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités
comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation
de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des
autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture,
l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de
Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du
Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère
de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église,
la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le
Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la
subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église
catholique.
Ces théories s'appuient sur certains présupposés de nature philosophique
ou théologique qui rendent difficiles la compréhension et
l'accueil de la vérité révélée. On en signalera
quelques-uns: la conviction que la vérité sur Dieu est
insaisissable et ineffable, même par la révélation chrétienne;
l'attitude relativiste vis-à-vis de la vérité, entraînant
que ce qui est vrai pour certains ne le serait pas pour
d'autres; l'opposition radicale qu'on établit entre la mentalité
logique occidentale et la mentalité symbolique orientale; le
subjectivisme de qui, tenant la raison comme seule source de
connaissance, devient « incapable d'élever son regard vers le
haut pour oser atteindre la vérité de l'être »;8
la difficulté à percevoir et comprendre dans l'histoire la présence
d'événements définitifs et eschatologiques; la privation de
sa dimension métaphysique de l'incarnation historique du Logos
éternel et sa réduction à une simple apparition de Dieu dans
l'histoire; l'éclectisme qui, dans la recherche théologique,
prend des idées dans différents contextes philosophiques et
religieux, sans se soucier ni de leur cohérence systématique
ni de leur compatibilité avec la vérité chrétienne; la
tendance finalement à lire et à interpréter la Sainte Écriture
en dehors de la Tradition et du Magistère de l'Église.
Sur la base de ces présupposés adoptés sans uniformité, comme des
affirmations pour certains, comme des hypothèses pour d'autres,
des propositions théologiques sont élaborées qui font perdre
leur caractère de vérité absolue et d'universalité
salvifique à la révélation chrétienne et au mystère de Jésus-Christ
et de l'Église, ou y jettent au moins une ombre de doute et
d'incertitude.
I. LA REVELATION DE JESUS-CHRIST
COMPLETE ET DEFINITIVE
5. Pour remédier à cette
mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer
avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive
et complète. On doit en effet croire
fermement que la révélation de la plénitude de la vérité
divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de
Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn
14,6): « Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et
nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le
Fils veut bien le révéler » (Mt
11,27); « Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils Unique-Engendré,
qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître » (Jn
1,18); « En lui habite corporellement toute la plénitude
de la divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude
» (Col 2,9-10).
Fidèle à la parole de Dieu, le Concile Vatican II enseigne: « La profonde
vérité que cette révélation manifeste, sur Dieu et sur le
salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est
à la fois le médiateur et la plénitude de toute la révélation
».9 Et il précise: « Jésus-Christ donc, le Verbe
fait chair, "homme envoyé aux hommes", "prononce les
paroles de Dieu" (Jn 3,34)
et achève l'ouvre de salut que le Père lui a donné à faire
(cf. Jn 5,36; 17,4).
C'est donc lui - le voir, c'est voir le Père (cf. Jn
14,9) - qui, par toute sa présence et par la
manifestation qu'il fait de lui-même par paroles et ouvres,
par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et
par sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi
enfin de l'Esprit de vérité, achève en la complétant la révélation,
et la confirme encore en l'attestant divinement [...]. L'économie
chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne
passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique
n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de
notre Seigneur Jésus-Christ (cf. 1
Tm 6,14 et Tt 2,13) ».10
Aussi l'encyclique Redemptoris missio rappelle
à l'Église la tâche de proclamer l'Évangile comme plénitude
de la vérité: « Dans cette Parole définitive de sa révélation,
Dieu s'est fait connaître en plénitude: il a dit à l'humanité
qui il est. Et cette révélation définitive que Dieu fait de
lui-même est la raison fondamentale pour laquelle l'Église est
missionnaire par sa nature. Elle ne peut pas ne pas proclamer l'Évangile,
c'est-à-dire la plénitude de la vérité que Dieu nous a fait
connaître sur lui-même ».11 Seule la révélation
de Jésus-Christ « fait donc entrer dans notre histoire une vérité
universelle et ultime, qui incite l'esprit de l'homme à ne
jamais s'arrêter ».12
6. Est donc contraire à la foi
de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité,
incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui
compléterait la révélation présente dans les autres
religions. La cause fondamentale de cette assertion est la
persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie
ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par
aucune religion historique, par le christianisme non plus par
conséquent, et ni même par Jésus-Christ.
Cette position contredit radicalement les précédentes affirmations de foi
selon lesquelles la révélation complète et définitive du
mystère salvifique de Dieu se réalise en Jésus-Christ.
Aussi, les mots, les ouvres et toute l'existence historique de
Jésus, quoique limités en tant que réalités humaines, ont
cependant comme sujet la Personne divine du Verbe incarné, «
vraiment Dieu et vraiment homme »;13 ils portent
donc en eux le caractère complet et définitif de la révélation
des voies salvifiques de Dieu, même si la profondeur du mystère
divin en lui-même
demeure transcendante et inépuisable. La vérité sur Dieu
n'est pas abolie ou réduite quand elle est exprimée dans un
langage humain. Elle demeure en revanche unique, complète et définitive
car celui qui parle et qui agit est le Fils de Dieu incarné. Dès
lors la foi exige qu'on professe que dans tout son mystère, de
l'incarnation à la glorification, le Verbe fait chair est la
source, participée mais réelle, et l'accomplissement de toute
révélation salvifique de Dieu à l'humanité,14 et
que l'Esprit Saint, qui est l'Esprit du Christ, enseigne cette
« vérité tout entière » (Jn
16,13) aux apôtres et à travers eux à l'Église de tous
les temps.
7. La réponse adéquate à la
révélation divine est « "l'obéissance
de la foi " (Rm 1,5;
cf. Rm 16,26; 2 Co 10,5-6), par laquelle
l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu dans un
"complet hommage d'intelligence et de volonté à Dieu qui révèle"
et dans un assentiment volontaire à la révélation qu'il fait
».15 La foi est un don de grâce: « Pour exister,
cette foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu,
ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cour et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux
de l'esprit et donne "à tous la douceur de consentir et de
croire à la vérité" ».16
L'obéissance de la foi comporte l'accueil de la vérité de la révélation
du Christ, garantie par Dieu qui est la Vérité même:17
« La foi est d'abord une adhésion
personnelle de l'homme à Dieu; elle est en même temps, et
inséparablement, l'assentiment
libre à toute la vérité que Dieu a révélée ».18
La foi par conséquent, « don de Dieu » et « vertu
surnaturelle infuse par lui »,19 comporte une double
adhésion: à Dieu qui révèle et à la vérité qu'il révèle,
à cause de la confiance accordée à la personne qui affirme.
C'est pour cela que « nous ne devons croire en nul autre que
Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit
».20
On doit donc tenir fermement la
distinction entre la foi
théologale et la croyance
dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil
dans la grâce de la vérité révélée, qui « permet de pénétrer
le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente »,21
la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences
et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité,
que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu,
pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.22
Cette distinction n'est pas toujours présente dans la réflexion actuelle,
ce qui provoque souvent l'identification entre la foi théologale,
qui est l'accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et
Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience
religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et
encore privée de l'assentiment à Dieu qui se révèle. C'est là
l'un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler,
les différences entre le christianisme et les autres religions.
8. On avance aussi l'hypothèse
de l'inspiration des textes sacrés d'autres religions. Il faut
certes reconnaître que certains éléments de ces textes sont
de fait des instruments pour que des multitudes de personnes au
cours du temps aient pu, aujourd'hui comme hier, alimenter et
conserver leur rapport religieux avec Dieu. Ainsi donc, en
considérant les manières de faire, les règles et les
doctrines des autres religions, le Concile Vatican II - comme
on l'a rappelé supra - affirme que: « Quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de
points de ce qu'elle-même
[l'Église] tient et propose, cependant [elles] apportent
souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes ».23
Néanmoins, la tradition de l'Église réserve la qualification de textes
inspirés aux livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau
Testament, en tant qu'inspirés par le Saint-Esprit.24
Recueillant cette tradition, la Constitution dogmatique sur la Révélation
divine du Concile Vatican II enseigne: « Notre sainte Mère l'Église,
de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les
livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes
leurs parties, puisque, rédigés sous l'inspiration de l'Esprit-Saint
(cf. Jn 20,31; 2 Tm 3,16; 2 Pt 1,19-21;
3,15-16), ils ont Dieu pour auteur et qu'ils ont été transmis comme
tels à l'Église elle-même
».25 Ces livres « enseignent fermement, fidèlement
et sans erreur la vérité que Dieu pour notre salut a voulu
voir consignée dans les Lettres Sacrées ».26
Cependant, parce qu'il veut appeler à lui tous les peuples en Jésus-Christ
et leur communiquer la plénitude de sa révélation et de son
amour, Dieu ne manque pas de se rendre présent de manière
multiforme « non seulement aux individus mais encore aux
peuples, par leurs richesses spirituelles dont les religions
sont une expression principale et essentielle, bien qu'elles
comportent "des lacunes, des insuffisances et des erreurs"
».27 Par conséquent, les livres sacrés des autres
religions qui de fait nourrissent et dirigent l'existence de
leurs adeptes, reçoivent du mystère du Christ les éléments
de bonté et de grâce qu'ils contiennent.
II. LE LOGOS INCARNE
ET LE SAINT-ESPRIT
DANS L'OEUVRE DU SALUT
9. Dans la réflexion théologique
contemporaine, apparaît souvent la conception de Jésus de
Nazareth comme une figure historique particulière, finie, révélatrice
du divin mais sans exclusive, comme complément d'autres présences
révélatrices et salvifiques. L'Infini, l'Absolu, le Mystère
ultime de Dieu se manifesterait ainsi à l'humanité sous
maintes formes et par maintes figures historiques: Jésus de
Nazareth serait l'une d'entre elles. Plus concrètement, il
serait pour certains l'un des multiples visages que le Logos
aurait pris au cours du temps pour communiquer salvifiquement
avec l'humanité.
En outre, pour justifier d'une part l'universalité du salut chrétien et
d'autre part le fait du pluralisme religieux, on propose une économie
du Verbe éternel, également valide en dehors de l'Église et
sans rapport avec elle, et une économie du Verbe incarné. La
première aurait une valeur ajoutée d'universalité vis-à-vis de la seconde, limitée aux seuls chrétiens, mais où la présence
de Dieu serait plus complète.
10. Ces thèses contrastent
vivement avec la foi chrétienne. On doit en effet croire
fermement la doctrine de foi qui proclame que Jésus de
Nazareth, fils de Marie, et seulement lui, est le Fils et le
Verbe du Père. Le Verbe, qui « au commencement [...] était
auprès de Dieu » (Jn 1,2)
est celui qui « s'est fait chair » (Jn 1,14). En Jésus « le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt
16,16), « habite corporellement toute la plénitude de la
divinité » (Col 2,9).
Il est « le Fils Unique-Engendré,
qui est dans le sein du Père » (Jn
1,18), son « Fils bien-aimé,
en qui nous avons la rédemption [...]. Dieu s'est plu à faire
habiter en lui toute la plénitude et par lui à réconcilier
tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les
cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col
1,13-14. 19-20).
Fidèle à la Sainte Écriture et refusant les interprétations erronées et
réductrices, le premier Concile de Nicée définit
solennellement sa foi en « Jésus-Christ
le Fils de Dieu engendré du Père, unique engendré, c'est-à-dire
de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière,
vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel
au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et
ce qui est sur la terre, qui à cause de nous les hommes et à
cause de notre salut est descendu et s'est incarné, s'est fait
homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est
monté aux cieux, viendra juger les vivants et les morts ».28
Suivant les enseignements des Pères, le Concile de Chalcédoine
professa aussi que le « seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en
humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme [...],
consubstantiel au Père selon la divinité et le même
consubstantiel à nous selon l'humanité [...], avant les siècles
engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le
même [engendré] pour nous et pour notre salut de la Vierge
Marie, Mère de Dieu selon l'humanité ».29
Aussi, le Concile Vatican II affirme que le Christ, « Nouvel Adam », «
image du Dieu invisible » (Col
1,15), « est l'homme parfait qui a restauré dans la
descendance d'Adam la ressemblance divine, altérée dès le
premier péché [...]. Agneau innocent, par son sang librement répandu,
il nous a mérité la vie; et, en lui, Dieu nous a réconciliés
avec lui-même et
entre nous, nous arrachant à l'esclavage du diable et du péché.
En sorte que chacun de nous peut dire avec l'apôtre: le Fils de
Dieu "m'a aimé et il s'est livré lui-même
pour moi" (Ga 2,20) ».30
À cet égard, Jean-Paul II a
explicitement déclaré: « Il est contraire à la foi chrétienne
d'introduire une quelconque séparation entre le Verbe et Jésus-Christ [...]: Jésus est le Verbe incarné, Personne une et
indivisible [...]. Le Christ n'est autre que Jésus de Nazareth,
et celui-ci est le
Verbe de Dieu fait homme pour le salut de tous [...]. Alors que
nous découvrons peu à peu et que nous mettons en valeur les
dons de toutes sortes, surtout les richesses spirituelles, dont
Dieu a fait bénéficier tous les peuples, il ne faut pas les
disjoindre de Jésus-Christ
qui est au centre du plan divin de salut ».31
Il est donc contraire à la foi catholique de séparer l'action salvifique
du Logos en tant que tel de celle du Verbe fait chair. Par
l'incarnation, toutes les actions salvifiques que le Verbe de
Dieu opère sont toujours réalisées avec la nature humaine
qu'il a assumée pour le salut de tous les hommes. L'unique
sujet agissant dans les deux natures, divine et humaine, est la
personne unique du Verbe.32
Elle n'est donc pas compatible avec la doctrine de l'Église la théorie qui
attribue une activité salvifique au Logos comme tel dans sa
divinité, qui s'exercerait « plus loin » et « au delà » de
l'humanité du Christ, même après l'incarnation.33
11. Il faut pareillement croire
fermement la doctrine de foi sur l'unicité de l'économie
salvifique voulue par le Dieu Un et Trine. Cette économie a
comme source et comme centre le mystère de l'incarnation du
Verbe, médiateur de la grâce divine pour la création et pour
la rédemption (cf. Col 1,15-20), regroupant toutes choses (cf. Ep 1,10), « devenu pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption
» (1 Co 1,30). Le
mystère du Christ en effet a une unité intrinsèque, de l'élection
éternelle en Dieu jusqu'à la parousie: « [Le Père] nous a élus
en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et
immaculés en sa présence, dans l'amour
» (Ep 1,4); «
En lui encore [...] nous avons été mis à part, désignés
d'avance, selon le plan préétabli de celui qui mène toutes
choses au gré de sa volonté » (Ep
1,11); « Car ceux que d'avance il [le Père] a discernés,
il les a aussi prédestinés à reproduire l'image de son Fils,
afin qu'il soit l'aîné d'une multitude de frères; et ceux
qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés, ceux qu'il a
appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu'il a justifiés, il
les a aussi glorifiés » (Rm
8,29-30).
Le Magistère de l'Église, fidèle à la révélation divine, confirme que
Jésus-Christ est le médiateur
et rédempteur universel: « Le Verbe de Dieu, par qui tout a été
fait, s'est lui-même
fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et
récapitule toutes choses en lui [...]. C'est lui [le Seigneur]
que le Père a ressuscité d'entre les morts, a exalté et a
fait siéger à sa droite, le constituant juge des vivants et
des morts ».34 Cette médiation salvifique implique
aussi l'unicité du sacrifice rédempteur du Christ, prêtre
souverain et éternel (cf. He
6,20; 9,11; 10,12-14).
12. D'autres envisagent encore
l'hypothèse d'une économie de l'Esprit Saint au caractère
plus universel que celle du Verbe incarné, crucifié et
ressuscité. Cette affirmation aussi est contraire à la foi
catholique, qui considère en revanche l'incarnation salvifique
du Verbe comme un événement trinitaire. Dans le Nouveau
Testament le mystère de Jésus, Verbe incarné, constitue le
lieu de la présence du Saint-Esprit
et le principe de son effusion sur l'humanité non seulement aux
temps messianiques (cf. Ac 2,32-36; Jn
7,39; 20,22; 1 Co 15,45), mais aussi à l'époque précédant la venue du Christ
dans l'histoire (cf. 1 Co 10,4;
1 Pt 1,10-12).
Le Concile Vatican II a rappelé cette vérité fondamentale à la
conscience de foi de l'Église. Dans l'exposition du plan
salvifique du Père sur toute l'humanité, le Concile relie immédiatement
et strictement le mystère du Christ et le mystère de l'Esprit.35
Tout le travail d'édification de l'Église par Jésus-Christ
Tête au cours des siècles est décrit comme réalisé en
communion avec son Esprit.36
En outre, l'action salvifique de Jésus-Christ,
avec et par son Esprit, s'étend à toute l'humanité, au delà
des frontières visibles de l'Église. Traitant du mystère
pascal, où le Christ associe déjà maintenant le croyant à sa
vie dans l'Esprit et lui donne l'espérance de la résurrection,
le Concile affirme: « Et cela ne vaut pas seulement pour ceux
qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne
volonté, dans le cour desquels, invisiblement, agit la grâce.
En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la
vocation dernière de l'homme est réellement unique, à savoir
divine, nous devons tenir que l'Esprit Saint offre à tous,
d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé
au mystère pascal ».37
Le lien entre le mystère salvifique du Verbe fait chair et celui de
l'Esprit est donc clair, qui en fin de compte introduit la vertu
salvifique du Fils incarné dans la vie de tous les hommes,
appelés par Dieu à une même fin, qu'ils aient précédé
historiquement le Verbe fait homme ou qu'ils vivent après sa
venue dans l'histoire: l'Esprit du Père, que le Fils donne sans
mesure (cf. Jn 3,34)
les anime tous.
Pour cette raison le Magistère récent de l'Église a fermement et
clairement rappelé la vérité sur l'unique économie divine:
« La présence et l'activité de l'Esprit ne concernent pas
seulement les individus, mais la société et l'histoire, les
peuples, les cultures, les religions [...]. Le Christ ressuscité
agit désormais dans le cour des hommes par la puissance de son
Esprit [...]. C'est encore l'Esprit qui répand les "semences
du Verbe", présentes dans les rites et les cultures, et les
prépare à leur maturation dans le Christ ».38 Tout
en reconnaissant le rôle historico-salvifique
de l'Esprit dans l'univers entier et dans toute l'histoire,39
le Magistère précise cependant: « Ce même Esprit a agi dans
l'incarnation, dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus,
et il agit dans l'Église. Il ne se substitue donc pas au
Christ, et il ne remplit pas une sorte de vide, comme, suivant
une hypothèse parfois avancée, il en existerait entre le
Christ et le Logos. Ce que l'Esprit fait dans le cour des
hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les
religions, remplit une fonction de préparation évangélique et
cela ne peut pas être sans relation au Christ, le Verbe fait
chair par l'action de l'Esprit, "afin que, homme parfait, il
sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui" ».40
En conclusion, l'Esprit n'agit pas à côté ou en dehors du Christ. Il n'y
a qu'une seule économie salvifique du Dieu Un et Trine, réalisée
dans le mystère de l'incarnation, mort et résurrection du Fils
de Dieu, mise en ouvre avec la coopération du Saint-Esprit
et élargie dans sa portée salvifique à l'humanité entière
et à l'univers: « Les hommes ne peuvent donc entrer en
communion avec Dieu que par le Christ, sous l'action de l'Esprit
».41
III. UNICITE ET UNIVERSALITE
DU MYSTERE SALVIFIQUE DE JESUS-CHRIST
13. On répète aussi souvent
la négation de l'unicité et de l'universalité du mystère
salvifique de Jésus-Christ.
Cette position n'a aucun support biblique. Il faut en effet croire
fermement, comme un élément permanent de la foi de l'Église,
la vérité sur Jésus-Christ,
Fils de Dieu, Seigneur et unique sauveur, qui par son
incarnation, sa mort et sa résurrection a accompli l'histoire
du salut, dont il est la plénitude et le centre.
Le Nouveau Testament en témoigne clairement: « Le Père a envoyé son Fils
comme sauveur du monde » (1
Jn 4,14); « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché
du monde » (Jn 1,29). Dans son discours devant le sanhédrin, pour justifier la
guérison de l'impotent de naissance réalisée au nom de Jésus
(cf. Ac 3,1-8), Pierre proclame: « Il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné
aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4,12). Le même apôtre ajoute en outre que Jésus-Christ
est « le Seigneur de tous »; il est « le juge établi par
Dieu pour les vivants et les morts »; et donc « quiconque
croit en lui recevra, par son nom, la rémission de ses péchés
» (Ac 10,36.42.43).
S'adressant à la communauté de Corinthe, Paul écrit: « Bien qu'il y ait,
soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux - et de
fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs -,
pour nous en tous cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de
qui viennent toutes choses et vers qui nous allons, et un seul
Seigneur, Jésus-Christ,
par qui viennent toutes choses et par qui nous allons » (1 Co 8,5-6). L'apôtre
Jean affirme aussi: « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a
donné son Fils, l'Unique-Engendré,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie
éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour
juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par son
entremise » (Jn 3,16-17).
Dans le Nouveau Testament, la volonté salvifique universelle de
Dieu est strictement reliée à la médiation unique du Christ:
« [Dieu] veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent
à la connaissance de la vérité. Car Dieu est unique, unique
aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus,
homme lui-même, qui s'est livré en rançon pour tous » (1 Tm 2,4-6).
Parce que conscients du don de salut unique et universel offert par le Père
en Jésus-Christ dans
l'Esprit (cf. Ep 1,3-14), les premiers chrétiens se sont tournés vers Israël pour lui
montrer l'accomplissement du salut au delà de la Loi. Ils se
sont ensuite adressés au monde païen d'alors, qui aspirait au
salut par une pluralité de dieux sauveurs. Cet héritage de foi
a été récemment proposé à nouveau par le Magistère de l'Église:
« L'Église, quant à elle, croit que le Christ, mort et
ressuscité pour tous (cf. 2
Co 5,15), offre à l'homme, par son Esprit, lumière et
forces pour répondre à sa très haute vocation. Elle croit
qu'il n'est pas d'autre nom donné aux hommes par lequel ils
doivent être sauvés (cf. Ac
4,12). Elle croit aussi que la clé, le centre et la fin de
toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître ».42
14. Il faut donc croire
fermement comme vérité de foi catholique que la volonté
salvifique universelle du Dieu Un et Trine est manifestée et
accomplie une fois pour toutes dans le mystère de
l'incarnation, mort et résurrection du Fils de Dieu.
Compte tenu de cette donnée de foi, la théologie d'aujourd'hui,
lorsqu'elle médite sur la présence d'autres expériences
religieuses et sur leur signification dans le plan salvifique de
Dieu, est invitée à examiner les aspects et les éléments
positifs de ces religions: entrent-ils dans le plan divin de salut? Comment? La recherche théologique
trouve dans cette réflexion un vaste champ de travail sous la
direction du Magistère de l'Église. Le Concile Vatican II a
d'ailleurs affirmé que « l'unique médiation du Rédempteur
n'exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée
de la part des créatures, en dépendance de l'unique source ».43
Il faut élucider le contenu de cette médiation participée,
qui doit rester guidée par le principe de l'unique médiation
du Christ: « Le concours de médiations de types et d'ordres
divers n'est pas exclu, mais celles-ci
tirent leur sens et leur valeur uniquement
de celle du Christ, et elles ne peuvent être considérées
comme parallèles ou complémentaires ».44 Les
solutions qui envisageraient une action salvifique de Dieu hors
de l'unique médiation du Christ seraient contraires à la foi
chrétienne et catholique.
15. On se propose souvent d'éviter
en théologie des termes comme « unicité », « universalité
», « absolu », parce qu'ils donneraient l'impression d'une
insistance excessive sur le sens et la valeur de l'événement
salvifique de Jésus-Christ
vis-à-vis des autres religions. Or, ce langage exprime en fin de compte
la fidélité à la révélation, car il est un développement:
il provient des sources mêmes de la foi. La communauté des
croyants a en effet immédiatement reconnu la vertu salvifique
spécifique de Jésus: par cette vertu, lui seul, comme Fils de
Dieu fait homme crucifié et ressuscité, donne la révélation
(cf. Mt 11,27) et la
vie divine (cf. Jn 1,12;
5,25-26; 17,2) à toute l'humanité et à chaque homme par la mission reçue
du Père et dans la puissance du Saint-Esprit.
Dans cette mesure, on peut et on doit dire que Jésus-Christ a une fonction unique et singulière pour le genre humain et
pour son histoire: cette fonction lui est propre, elle est
exclusive, universelle et absolue. Jésus est en effet le Verbe
de Dieu fait homme pour le salut de tous. Recueillant cette
conscience de foi, le Concile Vatican II enseigne: « Le Verbe
de Dieu, par qui tout a été fait, s'est lui-même
fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et
récapitule toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de
l'histoire humaine, le point vers lequel convergent tous les désirs
de l'histoire et de la civilisation, le centre du genre humain,
la joie de tous les cours et la plénitude de leurs
aspirations. C'est lui que le Père a ressuscité d'entre les
morts, a exalté et fait siéger à sa droite, le constituant
juge des vivants et des morts ».45 « C'est précisément
ce caractère unique du Christ qui lui confère une portée
absolue et universelle par laquelle, étant dans l'histoire, il
est le centre et la fin de l'histoire elle-même:
"Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier, le
Principe et la Fin" (Ap 22,13) ».46
IV. UNICITE ET UNITE DE
L'ÉGLISE
16. Le Seigneur Jésus, unique
sauveur, n'a pas simplement établi une communauté de disciples
mais il a constitué l'Église comme mystère
de salut: il est lui-même
dans l'Église et l'Église est en lui (cf. Jn
15,1ss.; Ga 3,28; Ep 4,15-16; Ac
9,5); c'est pourquoi la plénitude du mystère salvifique du
Christ appartient aussi à l'Église, inséparablement unie à
son Seigneur. La présence et l'ouvre de salut de Jésus-Christ continuent en effet dans l'Église et à travers l'Église
(cf. Col 1,24-27),47 qui est son Corps (cf. 1 Co 12,12-13.27; Col
1,18).48 Et comme la tête et les membres d'un
corps vivant sont inséparables mais distincts, le Christ et l'Église
ne peuvent être ni confondus ni séparés et forment un seul «
Christ total ».49 Cette non-séparation
est aussi exprimée dans le Nouveau Testament par l'analogie de
l'Église comme Épouse du
Christ (cf. 2 Co 11,2;
Ep 5,25-29; Ap
21,2.9).50
Par conséquent, compte tenu de l'unicité et de l'universalité de la médiation
salvifique de Jésus-Christ,
on doit croire fermement comme
vérité de foi catholique en l'unicité de l'Église fondée
par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n'a qu'un
seul Corps, une seule Épouse: une « seule et unique Église
catholique et apostolique ».51 De plus, les
promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt
16,18; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn
16,13) impliquent, selon la foi catholique, que l'unicité
et l'unité, comme tout ce qui appartient à l'intégrité de l'Église,
ne feront jamais défaut.52
Les fidèles sont tenus de professer qu'il
existe une continuité historique - fondée sur la succession
apostolique53 - entre l'Église instituée par le
Christ et l'Église catholique: « C'est là l'unique Église du
Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit
à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (cf. Jn
21,17), qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres,
pour la répandre et la diriger (cf. Mt
28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la "colonne et
le fondement de la vérité" (1
Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et
organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle
se trouve [subsistit in],
gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont
en communion avec lui ».54 Par l'expression subsistit
in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux
affirmations doctrinales: d'une part, que malgré les divisions
entre chrétiens, l'Église du Christ continue à exister en plénitude
dans la seule Église catholique; d'autre part, « que des éléments
nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses
structures »,55 c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas
encore en pleine communion avec l'Église catholique.56
Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive
de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée
à l'Église catholique ».57
17. Il existe donc un'unique Église
du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée
par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec
lui.58 Les Églises qui, quoique sans communion
parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies
par des liens très étroits comme la succession apostolique et
l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.59
Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante
dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec
l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation
de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome,
d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église
conformément à la volonté divine.60
En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat
valide et la substance authentique et intégrale du mystère
eucharistique,61 ne sont pas des Églises au sens
propre; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont
incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans
une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église.62
Le baptême en effet tend en soi à l'acquisition de la plénitude
de la vie du Christ, par la totale profession de foi,
l'Eucharistie et la pleine communion dans l'Église.63
« Aussi n'est-il pas permis aux
fidèles d'imaginer que l'Église du Christ soit simplement un
ensemble - divisé certes, mais conservant encore quelque unité
- d'Églises et de Communautés ecclésiales; et ils n'ont pas
le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus
nulle part aujourd'hui de sorte qu'il faille la tenir seulement
pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun ».64
En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée
existent, unis dans toute leur plénitude, dans l'Église
catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés
».65 « En conséquence, ces Églises et Communautés
séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences,
ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans
le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse
pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force
dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été
confiée à l'Église catholique ».66
Le manque d'unité entre les chrétiens est certes une blessure pour l'Église, non pas comme privation de son unité, mais
« en tant qu'obstacle pour la réalisation pleine de son
universalité dans l'histoire ».67
V. ÉGLISE, ROYAUME DE DIEU
ET ROYAUME DU CHRIST
18. La mission de l'Église est
« d'annoncer le Royaume du Christ et de Dieu et de l'instaurer
dans toutes les nations, formant de ce Royaume le germe et le
commencement sur la terre ».68 D'un côté, l'Église
est « sacrement, c'est-à-dire
à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et
de l'unité de tout le genre humain ».69 Elle est
donc signe et instrument du Royaume: appelée à l'annoncer et
à l'instaurer. De l'autre côté, l'Église est le « peuple
qui tire son unité de l'unité du Père et du Fils et de
l'Esprit Saint »;70 elle est ainsi « le règne du
Christ déjà mystérieusement présent »,71
puisqu'elle en constitue le germe
et le principe. Le
Royaume de Dieu a en effet une dimension eschatologique: c'est
une réalité présente dans le temps, mais elle ne se réalisera
pleinement qu'à la fin ou accomplissement de l'histoire.72
À partir des textes bibliques et des témoignages patristiques, comme des
documents du Magistère de l'Église, on ne déduit une
acception univoque ni pour Royaume
des Cieux, Royaume de
Dieu et Royaume du Christ ni pour leur rapport avec l'Église, elle-même
mystère irréductible à un concept humain. Diverses
explications théologiques peuvent donc exister sur ces problèmes.
Cependant, aucune de ces explications possibles ne doit refuser
ou réduire à néant le lien étroit entre le Christ, le
Royaume et l'Église. En effet, le « Royaume de Dieu tel que
nous le connaissons par la Révélation » ne peut être séparé
« ni du Christ ni de l'Église [...]. Si l'on détache le
Royaume de Jésus, on ne prend plus en considération le Royaume
de Dieu qu'il a révélé, et l'on finit par altérer le sens du
Royaume, qui risque de se transformer en un objectif purement
humain ou idéologique, et altérer aussi l'identité du Christ,
qui n'apparaît plus comme le Seigneur à qui tout doit être
soumis (cf. 1 Co 15,27).
De même, on ne peut disjoindre le Royaume et l'Église. Certes,
l'Église n'est pas à elle-même
sa propre fin, car elle est ordonnée au Royaume de Dieu dont
elle est germe, signe et instrument. Mais, alors qu'elle est
distincte du Christ et du Royaume, l'Église est unie
indissolublement à l'un et à l'autre ».73
19. Affirmer l'union inséparable
entre Église et Royaume ne signifie cependant pas que le
Royaume de Dieu - même considéré dans sa phase historique
- s'identifie avec l'Église dans sa réalité visible et
sociale. On ne doit pas oublier « l'action du Christ et de
l'Esprit Saint hors des limites visibles de l'Église ».74
On doit donc garder en mémoire que « le Royaume concerne les
personnes humaines, la société, le monde entier. Travailler
pour le Royaume signifie reconnaître et favoriser le dynamisme
divin qui est présent dans l'histoire humaine et la transforme.
Construire le Royaume signifie travailler pour la libération du
mal dans toutes ses formes. En un mot, le Royaume de Dieu est la
manifestation et la réalisation de son dessein de salut dans sa
plénitude ».75
En considérant les rapports entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ
et l'Église, il est de toute manière nécessaire d'éviter des
formulations unilatérales comme ces « conceptions qui mettent
délibérément l'accent sur le Royaume et se définissent comme
"régnocentriques"; elles mettent en avant l'image d'une Église
qui ne pense pas à elle-même,
mais se préoccupe seulement de témoigner du Royaume et de le
servir. C'est une "Église pour les autres" dit-on,
comme le Christ est "l'homme pour les autres" [...]. À côté
d'aspects positifs, ces conceptions comportent souvent des
aspects négatifs. D'abord, elles gardent le silence sur le
Christ: le Royaume dont elles parlent se fonde sur un "théocentrisme",
parce que - dit-on
- le Christ ne peut pas être compris par ceux qui n'ont pas
la foi chrétienne, alors que les peuples, les cultures et les
diverses religions peuvent se rencontrer autour de l'unique réalité
divine, quel que soit son nom. Pour le même motif, elles privilégient
le mystère de la création qui se reflète dans la diversité
des cultures et des convictions, mais elles se taisent sur le
mystère de la rédemption. En outre, le Royaume tel qu'elles
l'entendent, finit par marginaliser ou sous-estimer
l'Église, par réaction à un "ecclésiocentrisme" supposé
du passé et parce qu'elles ne considèrent l'Église elle-même
que comme un signe, d'ailleurs non dépourvu d'ambiguïté ».76
Ces thèses sont contraires à la foi catholique parce qu'elles
nient l'unicité de rapport du Christ et de l'Église avec le
Royaume de Dieu.
VI. L'ÉGLISE ET LES RELIGIONS FACE AU SALUT
20. Ce qui a été jusqu'ici
rappelé impose nécessairement des étapes au chemin que la théologie
doit parcourir pour élucider le rapport de l'Église et des
religions avec le salut.
On doit avant tout croire fermement que
l'« Église en marche sur la terre est nécessaire au salut.
Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut: or,
il nous devient présent en son Corps qui est l'Église; et en
nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du
baptême (cf. Mc 16,16;
Jn 3,5), c'est la nécessité
de l'Église elle-même,
dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu'il
nous a confirmée en même temps ».77 Cette doctrine
ne doit pas être opposée à la volonté salvifique universelle
de Dieu (cf. 1 Tm 2,4);
aussi, « il est nécessaire de tenir ensemble ces deux vérités,
à savoir la possibilité réelle du salut dans le Christ pour
tous les hommes et la nécessité de l'Église pour le salut ».78
L'Église est « sacrement universel de salut »,79 parce que, de
manière mystérieuse et subordonnée, toujours unie à Jésus-Christ sauveur, sa Tête, elle a dans le dessein de Dieu un lien
irremplaçable avec le salut de tout homme.80 Pour
ceux qui ne sont pas formellement et visiblement membres de l'Église,
« le salut du Christ est accessible en vertu d'une grâce qui,
tout en ayant une relation mystérieuse avec l'Église, ne les y
introduit pas formellement mais les éclaire d'une manière
adaptée à leur état d'esprit et à leur cadre de vie. Cette
grâce vient du Christ, elle est le fruit de son sacrifice et
elle est communiquée par l'Esprit Saint ».81 Elle
est liée à l'Église, qui « tire son origine de la mission du
Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père ».82
21. Sur la modalité de transmission aux non-chrétiens
de la grâce salvifique de Dieu, toujours donnée par le Christ
en l'Esprit et dans un rapport mystérieux avec l'Église, le
Concile Vatican II s'est contenté d'affirmer que Dieu la donne
« par des voies connues de lui ».83 La théologie
cherche à approfondir cette idée. Ce travail théologique doit
être encouragé, parce qu'il sert sans aucun doute à une
meilleure compréhension des desseins salvifiques de Dieu et des
formes de leur réalisation. Cependant, d'après ce qui a été
rappelé jusqu'ici sur la médiation de Jésus-Christ
et sur la « relation singulière et unique »84
entre l'Église et le Royaume de Dieu parmi les hommes - qui
est en substance le Royaume du Christ sauveur universel -, il
serait clairement contraire à la foi catholique de considérer
l'Église comme un chemin de
salut parmi d'autres. Les autres religions seraient complémentaires
à l'Église, lui seraient même substantiellement équivalentes,
bien que convergeant avec elle vers le Royaume eschatologique de
Dieu.
Certes, les différentes traditions religieuses contiennent et proposent des
éléments de religiosité qui procèdent de Dieu,85
et font partie de « ce que l'Esprit fait dans le cour des
hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les
religions ».86 De fait, certaines prières et
certains rites des autres religions peuvent assumer un rôle de
préparation évangélique, en tant qu'occasions ou
enseignements encourageant le cour des hommes à s'ouvrir à
l'action divine.87 On ne peut cependant leur
attribuer l'origine divine et l'efficacité salvifique ex opere operato qui sont propres aux sacrements chrétiens.88
Par ailleurs, on ne peut ignorer que d'autres rites naissent de
superstitions ou d'erreurs semblables (cf. 1
Co 10,20-21) et
constituent plutôt un obstacle au salut.89
22. Avec l'avènement de Jésus-Christ
sauveur, Dieu a voulu que l'Église par lui fondée fût
l'instrument du salut de toute l'humanité (cf. Ac 17,30-31).90
Cette vérité de foi n'enlève rien à la considération
respectueuse et sincère de l'Église pour les religions du
monde, mais en même temps, elle exclut radicalement la mentalité
indifférentiste « imprégnée d'un relativisme religieux qui
porte à considérer que "toutes les religions se valent" ».91
S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent
recevoir la grâce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement
ils se trouvent dans une situation de grave indigence par
rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des
moyens de salut.92 « Tous les fils de l'Église
doivent [...] se souvenir que la grandeur de leur condition doit
être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce spéciale
du Christ; s'ils n'y correspondent pas par la pensée, la parole
et l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra, mais un
plus sévère jugement ».93 On comprend ainsi que,
suivant le commandement du Seigneur (cf. Mt 28,19-20) et comme
exigence d'amour pour tous les hommes, l'Église « annonce, et
est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie,
la vérité et la vie" (Jn
14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude
de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié
toutes choses ».94
La mission ad gentes, dans le
dialogue interreligieux aussi, « garde dans leur intégrité,
aujourd'hui comme toujours, sa force et sa nécessité ».95
En effet, « "Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité" (1
Tm 2,4). Dieu veut le salut de tous par la connaissance de
la vérité. Le salut se trouve dans la vérité. Ceux qui obéissent
à la motion de l'Esprit de vérité sont déjà sur le chemin
du salut; mais l'Église, à qui cette vérité a été confiée,
doit aller à la rencontre de leur désir pour la leur apporter.
C'est parce qu'elle croit au dessein universel de salut qu'elle
doit être missionnaire ».96 Le dialogue donc, tout
en faisant partie de la mission évangélisatrice, n'est qu'une
des actions de l'Église dans sa mission ad
gentes.97 La parité,
condition du dialogue, signifie égale dignité personnelle des
parties, non pas égalité des doctrines et encore moins égalité
entre Jésus-Christ - Dieu lui-même
fait homme - et les fondateurs des autres religions. L'Église
en effet, guidée par la charité et le respect de la liberté,98
doit en premier lieu annoncer à tous la vérité définitivement
révélée par le Seigneur, et proclamer la nécessité, pour
participer pleinement à la communion avec Dieu Père, Fils et
Saint-Esprit, de la
conversion à Jésus-Christ
et de l'adhésion à l'Église par le baptême et les autres
sacrements. D'autre part la certitude de la volonté salvifique
universelle de Dieu n'atténue pas, mais augmente le devoir et
l'urgence d'annoncer le salut et la conversion au Seigneur Jésus-Christ.
CONCLUSION
23. Pour proclamer à nouveau
et éclairer certaines vérités de foi, la présente Déclaration
a voulu suivre l'exemple de l'apôtre Paul face aux Corinthiens:
« Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même
reçu » (1 Co 15,3).
Vis-à-vis
de certaines propositions problématiques voire même erronées,
la réflexion théologique est appelée à confirmer la foi de
l'Eglise et à donner raison de son espérance avec conviction
et efficacité.
À propos de la vraie religion, les Pères du Concile Vatican II ont affirmé:
« Cette unique et vraie religion, nous croyons qu'elle subsiste
dans l'Église catholique et apostolique à qui le Seigneur Jésus
a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes,
lorsqu'il dit aux apôtres: "Allez, de toutes les nations
faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils
et du Saint-Esprit, et
leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Mt
28,19-20). Tous
les hommes, d'autre part, sont tenus de chercher la vérité,
surtout en ce qui concerne Dieu et son Église; et quand ils
l'ont connue, de l'embrasser et de lui être fidèles ».99
La révélation du Christ continuera d'être dans l'histoire « la vraie étoile
sur laquelle s'oriente » 100 toute l'humanité: «
La Vérité, qui est le Christ, s'impose comme une autorité
universelle ». 101 Le mystère chrétien dépasse en
effet toute limite d'espace et de temps; il réalise l'unité de
la famille humaine: « Des divers lieux et des différentes
traditions, tous sont appelés dans le Christ à participer à
l'unité de la famille des fils de Dieu [...]. Jésus abat les
murs de division et réalise l'unification de manière originale
et suprême, par la participation à son mystère. Cette unité
est tellement profonde que l'Église peut dire avec saint Paul:
"Vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes; vous êtes
concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu" (Ep
2,19) ». 102
Sa
Sainteté le Pape Jean-Paul II, au cours de l'audience accordée
le 16 juin 2000 au soussigné cardinal Préfet de la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi, avec science certaine et son autorité
apostolique a approuvé la présente Déclaration, décidée en
session plénière, l'a confirmée et en a ordonné la
publication.
Donné à Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le
6 août 2000, en la fête de la Transfiguration du Seigneur.
Joseph
Card.
Ratzinger
Préfet
Tarcisio Bertone, S.D.B.
Archevêque émérite de Verceil
Secrétaire
(1) Conc. oecum. de Constantinople I,
Symbolum
Constantinopolitanum: DS 150; cf. Cathéchisme
de l'Eglise Catholique, 50.
(2) Cf. Jean-Paul
II, Encycl. Redemptoris
missio, n. 1: AAS 83
(1991) 249-340.
(3) Cf. Conc. OEcum. Vat. II,
Décr. Ad gentes et Décl.
Nostra aetate; cf.
aussi Paul VI, Exhort.
ap. Evangelii nuntiandi:
AAS 68 (1976) 5-76; Jean-Paul II, Encycl.
Redemptoris missio.
(4) Conc. OEcum. Vat. II, Décl.
Nostra aetate, n. 2.
(5) Conseil pontifical pour le
Dialogue interreligieux et Congrégation
pour l'Évangélisation des peuples, Instr. Dialogue et annonce, n. 29: AAS
84 (1992) 414-446;
cf. Conc. OEcum. Vat. II,
Const. past. Gaudium et
spes, n. 22.
(6) Cf. Jean-Paul
II, Encycl. Redemptoris
missio, n. 55.
(7) Cf. Conseil pontifical pour le
Dialogue interreligieux et Congrégation
pour l'Évangélisation des peuples, Instr. Dialogue et annonce, n. 9.
(8) Jean-Paul II, Encycl. Fides
et ratio, n. 5: AAS 91
(1999) 5-88.
(9) Conc. Oecum. Vat. II,
Const. dogm. Dei verbum,
n. 2.
(10) Ibid., n. 4.
(11) Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris
missio, n. 5.
(12) Jean-Paul II, Encycl. Fides
et ratio, n. 14.
(13) Conc. OEcum. de Chalcédoine, Symbolum
Chalcedonense: DH 301. Cf. S.
Athanase d'Alexandrie, De
Incarnatione, 54, 3: SC
199, 458.
(14) Cf. Conc. OEcum. Vat. II,
Const. dogm. Dei verbum,
n. 4.
(15) Ibid., n. 5.
(16) Ibid.
(17)
Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 144.
(18) Ibid., n. 150.
(19) Ibid., n. 153.
(20) Ibid., n. 178.
(21) Jean-Paul II, Encycl. Fides
et ratio, n. 13.
(22) Cf. ibid., nn. 31-32.
(23) Conc. OEcum. Vat. II, Décl.
Nostra aetate, n. 2.
Cf. aussi Conc. OEcum.
Vat. II, Décr. Ad
gentes, n. 9, qui évoque les éléments positifs présents
dans « les rites particuliers et les civilisations particulières
des peuples »; Const. dogm. Lumen
gentium, n. 16, qui fait référence à ce qui peut se
trouver de bon et de vrai chez les non-chrétiens
et qui peut être considéré comme une préparation à
l'accueil de l'Évangile.