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Spiritualite2000.com
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Avril
2001 |
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- Croître dans la
prière
- par Denis
Gagnon, o.p. et l'équipe de Célébrer les Heures
L'Office des lectures représente un lieu
privilégié de formation spirituelle et de croissance dans la
foi. À celles et ceux qui le pratiquent, il permet de fréquenter
de nombreux auteurs inspirés et inspirants. Voici quelques
suggestions, réflexions et références pour essayer de tirer
les meilleurs fruits possibles de cette heure.
On raconte que le pape Paul VI s'inquiétait
de la vie spirituelle des prêtres. Il s'en serait ouvert au Consilium
qui travaillait à la réforme de la liturgie des Heures. Il
semble que le pape souhaitait que l'Office des lectures
paraisse le plus vite possible. Il voyait dans cette heure de
l'Office divin, avec ses lectures bibliques et patristiques,
un bon moyen de revitaliser le clergé.
Que l'anecdote soit vraie ou non, peu
importe. L'idée est juste. Il est vrai que la liturgie en général
est une source importante de la formation permanente. Et l'Office
des lectures, un lieu privilégié pour se faire.
Un
lieu de croissance dans la foi
Attention! Il faut voir la formation
permanente dans son sens le plus large possible. Elle n'est
pas seulement un lieu d'apprentissage de connaissances. Mais
aussi et surtout un lieu pour nourrir la foi, un lieu pour préciser
notre identité comme baptisés, disciples du Christ, membres
de l'Église. La liturgie travaille à créer en nous une
mentalité ou favorise celle qui s'est créée en nous au
fil des ans, par nos rencontres et nos pratiques chrétiennes.
Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous seriez devenu,
quelle personnalité vous auriez maintenant si vous aviez vécu
dans un monde complètement étranger au christianisme? Si
nous insistons sur certaines valeurs plutôt que d'autres,
c'est parce que l'Évangile nous a influencés. La vie de
l'Église et notre éducation religieuse tiennent une grande
place dans nos options, nos priorités, dans toute ce que nous
sommes.
Les
psaumes
Prenons un exemple: les psaumes. La
personne qui prie chaque jour en utilisant les psaumes finit
par penser et prier à la manière des psaumes. L'esprit qui
se dégage de ces 150 prières la rejoint profondément, à la
manière de l'étude d'une langue. Lentement, jour après
jour, à force de dire, elle finit par épouser la mentalité,
la passion des psaumes. Imperceptiblement, mais profondément,
comme une deuxième nature. Les causes des psaumes deviennent
les siennes. Leur attachement à Dieu l'interpelle et
l'entraîne dans l'expression de sa foi.
Le travail d'influence des psaumes sur
notre vie spirituelle peut être plus efficace si nous
consacrons du temps à étudier ces prières. Dans bon nombre de
bibles, les notes en bas de page et les références en marge
offrent des renseignements qui aident à comprendre les psaumes.
Parfois, ces notes renvoient à des pages d'évangile qui
peuvent nous éclairer. Il existe de bons commentaires des
psaumes, du plus simple comme les commentaires de Noël Quesson
(50 psaumes pour tous les jours. Jalons pour la prière et la
méditation quotidienne, Limoges, Droguet - Ardant, 2 tomes,
1978, 342 p. et 1979, 338 p.), d'Armand Desautels (La Prière
du Christ et de l'Église, Lac Beauport, Éditions Anne
Sigier, 1980, 249 p.), jusqu'à des ouvrages plus costauds
comme ceux de Marc Girard (Les psaumes. Analyse structurelle
et interprétation, Montréal/Paris, Bellarmin/Cerf, trois
tomes, 1984, 412 p.; 1994, 624 p. et 1994, 564 p.) .
Se plonger
dans ces études n'est pas du temps perdu. La grosse brique de
Robert Michaud, Les psaumes. Adaptation de l'oeuvre en
trois volumes de Gianfranco Ravasi (Montréal, Éditions
Paulines, 1993), propose des commentaires facilement abordables
tout en étant assez serrés. On regrette beaucoup qu'il n'y
ait pas d'équivalent récent au Guide du psautier de la «Bible
de Jérusalem» rédigé par Joseph Gelineau et Didier
Rimaud (Paris, Cerf, 1962, 249 p.) Ce petit ouvrage avait
l'avantage de proposer des fiches très précises sur chaque
psaume (étude de vocabulaire, utilisation liturgique, etc.) et
des tables très fouillées,
Les
lectures
Les psaumes ne sont pas les seuls éléments
de l'Office des lectures. Les lectures bibliques et
spirituelles sont les éléments les plus importants. La répartition
des lectures bibliques nous permet de lire de grandes parties
des livres de la Bible, et en lecture semi-continue. Pendant
quelques jours, parfois quelques semaines, nous baignons dans
une lettre de Paul ou dans les oracles du prophète Isaïe. Cela
nous offre l'occasion d'apprivoiser une section des Écritures.
Notre méditation s'en nourrit, la prière aussi.
Nous pouvons en profier pour étudier la
section en question. La célébration de l'Office des lectures
n'est sans doute pas le bon moment pour nous mettre à l'étude,
bible et crayon en main. Mais avant ou après la célébration,
rien ne nous empêche de lire ou de relire l'introduction que
nous donne notre édition de la Bible ou notre édition de l'Office
des lectures elle-même. Il est aussi possible de consulter les
notes en bas de page ou les références en marge dans notre
bible. Nous pouvons poursuivre en étudiant un Cahiers Évangile
(Paris, Cerf) sur le livre biblique que nous avons lu, ou nous
plonger résolument dans un ouvrage plus étoffé. Parfois, les
livres historiques nous embêtent. Pourquoi ne pas prendre la
peine de lire un ouvrage sur l'histoire d'Israël? (Voir par
exemple Damien Noël, Les origines d'Israël, Cahiers Évangile,
no 99, Paris, Cerf, 1997, 67 p.; Id. Au temps des
rois d'Israël et de Juda, Cahiers Évangile no
109, Paris, Cerf, 1999, 67 p.)
La même chose peut se faire à propos des
lectures tirées des oeuvres des Pères de l'Église ou des
auteurs spirituels. Saint Augustin est l'auteur le plus utilisé
par le lectionnaire patristique de la liturgie des Heures. Que
savons-nous de ce docteur de l'Église? Le livre de Peter
Brown, La vie de saint Augustin, (Paris, Seuil, 1971, 536
p.) peut être une très bonne introduction, de meme que celui
de Goulven Madec, Le Dieu d'Augustin (coll. «Philosophie
et théologie», Paris, Cerf, 1998, 214 p.). Avons-nous déjà
lu ses Confessions? Ou ses commentaires des psaumes (voir
A.-M. Besnard, Saint Augustin. Prier Dieu. Les Psaumes, coll.
«Chrétiens de tous les temps», no 3, Paris, Cerf,
1964, 208 p.)? Avons-nous déjà mis le nez dans une biographie
de saint Jérôme ou une étude des homélies de saint Grégoire
le Grand? Les Éditions du Cerf publient une excellente
collection des Pères de l'Églises, les «Sources chrétiennes».
Parfois, nous trouvons aride ou hermétique une page ou
l'autre d'un auteur ancien. Cette page restera aride ou hermétique
si nous ne prenons pas la peine d'aller plus loin qu'une
simple lecture du texte.
Quelques outils à consulter: Lectionnaire
monastique de l'Office divin à l'usage de l'Abbaye
Saint-Pierre de Solesmes, en six volumes, Solesmes/Paris,
Abbaye de Solesmes/Cerf; les fiches de lecture de l'Abbaye
d'Orval; la collection «Connaissance des Pères» chez Desclée
de Brouwer; la collection «Les Pères dans la foi», Paris,
Desclée de Brouwer; la collection «Foi vivante», Paris, Cerf;
Lectures pour chaque jour de l'année, Paris,
Cerf/Desclée/Desclée de Brouwer/Mame, 1977; Lectures pour
toutes circonstances, textes choisis et présentés sous la
direction de André Mandouze et Jean-Pierre Bagot, en six
volumes, coll. «Langages des Hommes/Parole de Dieu», Paris,
Cerf/Droguet et Ardant, 1977; Les 4 saisons. Prières
pour chaque jour de l'année, Paris, Desclée/Mame, 4
tomes, 1976-1977; Jean-René Bouchet, Lectionnaire pour les
dimanches et pour les fêtes. Lectionnaire patristique
dominicain. Paris, Éditions du Cerf, 1994, 574 p.; Auguste
Berz, Te rencontrer pour chaque jour..., 2 volumes; Paul-Émile
Vachon, À coeur de semaine l'Évangile, Sainte-Foy, Éditions
Anne Sigier, 4 tomes, 1982-1983-1984-1985; René Bernard, Cent
jours avec toi, Montréal, Éditions Paulines, 1988, 247 p.
Pouvons-nous faire davantage? Sans aucun
doute. Les livres officiels proposent un choix de lectures réparties
sur une année. À la fin des livres, on propose aussi une répartition
sur deux ans. Cela permet une lecture plus abondante des Sainte
Écritures. Rien ne nous interdit une répartition différente.
Certains «pratiquants» de l'Office des lectures suivent les
plans de lecture publiés par les sociétés bibliques; nous en
offrons un exemple dans le présent numéro de CÉLÉBRER LES
HEURES (no 29, printemps 2001). D'autres
prennent leur temps et lisent leur bible à petite dose, d'un
couvert à l'autre. Autant que faire ce peut, il est bon
cependant de respecter les temps liturgiques en lisant plutôt
les Actes des apôtres au temps pascal et Jérémie
durant le carême, et ainsi de suite.
Quant à la lecture spirituelle, ce serait
respecter l'esprit de l'Office des lectures que de lire en
lecture continue un bon ouvrage d'un auteur spirituel comme
Charles de Foucauld, Madeleine Delbrel, Henri Nouwen, André
Louf ou Maurice Zundel. La collection «L'Expérience de Dieu»
publiée chez Fides peut aussi être une bonne source de référence,
comme les collection «Les écrits des saints» (Namur, Éditions
du Soleil Levant), «Saints de tous les temps» (Paris,
Beauchesne) ou «Petite Vie» (Paris, Desclée de Brouwer). Le
livre de Jean-Pierre Foucher (dir.), Poésie liturgique.
Orient. Occident (Paris, Mame, 1963, 330 p.) offre
d'autres types de textes. En alternance avec la lecture
patristique, un extrait d'un de ces textes pourra donner une
couleur contemporaine à la célébration de l'Office des
lectures.
Tous ne célèbrent pas l'Office des
lectures. C'est dommage car plusieurs hymnes de cette Heure
sont d'une grande qualité poétique et théologique (par
exemple: Voici la nuit; En toute vie; Pour que l'homme
soit; Dieu que nul oeil). Elles pourraient trouver place
dans l'Office du matin ou l'Office du soir.
Voilà donc quelques propositions pour
profiter au maximum de l'Office de lectures. Peu importe les
choix, l'important est de favoriser la prière et la
croissance dans la foi. Dans ce lent travail de mûrissement, «le
Christ est toujours là auprès de son Église... présent dans sa parole, et c'est lui qui parle tandis
qu'on lit dans l'Église les Saintes Écritures.» (Vatican
II, Constitution sur la liturgie, no 7, Paris,
Cerf, 1966, tome I, p.133)
Célébrer les Heures, no 29, printemps 2001
La
revue Célébrer les Heures s'associe à Spiritualité
2000 pour vous proposer un article par mois. La revue
s'adresse aux personnes qui célèbrent la liturgie des Heures.
Depuis sept ans, elle paraît quatre fois l'an. On peut
communiquer avec la revue en écrivant à Célébrer les Heures,
2715, chemin de la Côte Ste-Catherine, Montréal (Québec) H3T
1B6 Canada.
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