Depuis
quelques années, des savants sont à construire une station
spatiale internationale dans le grand espace de l'univers Bientôt,
les voyageurs cosmonautes s'arrêteront à cet habitacle bien
particulier pour se reposer avant de poursuivre leur route parmi
les galaxies. Des touristes comme vous et moi pourront séjourner
dans cette auberge suspendue entre les planètes et les étoiles.
Jules Verne jubilerait à la pensée que son imagination n'était
pas aussi folle qu'on a pu le croire.
Pendant
ce temps, nous avons l'impression que la planète terre rétrécit.
Elle ne se ratatine pas comme une pomme oubliée sur un arbre en
hiver. Mais les distances raccourcissent de plus en plus. Nous
avons inventé des moyens de transport de plus en plus variés et
de plus en plus rapides. Les mass média se développent et se précisent
à une allure vertigineuse. Au point que nous prenons contact
presque instantanément avec quelqu'un qui se trouve à
l'autre bout de la planète.
Nous
avons accès à beaucoup d'informations sur tous les sujets.
Nous pouvons connaître tout ce qui se passe sur la terre. Pendant
que j'épluche mes patates bien au chaud dans une maison québécoise,
je vois un petit japonais sur l'écran de mon téléviseur. Le
garçon s'amuse dans un parc. Et je vois l'enfant au même
moment que les images me parviennent. En direct. Il n'y a donc
plus de distance et, du même coup, il n'y a presque plus de
secrets. Nous avons accès à tout ce qui se passe sur la terre.
Formidable avancée du génie humain!
Quelle
chance, me direz-vous! Les humains n'ont jamais été aussi près
les uns des autres. Jamais la fraternité n'a été aussi
possible entre tous les habitants de la planète. Nous pouvons
nous connaître et nous enrichir de nos cultures réciproques.
Nous pouvons créer des liens durables entre nous. Nous pouvons
nous aimer!
C'est
merveilleux! Et pourtant, nous sommes encore bien loin de la coupe
aux lèvres. En même temps que nous découvrons les grandeurs des
autres, nous rencontrons des êtres qui ne vivent pas comme nous.
Ils ont une échelle de valeurs différentes de la nôtre. Une
grande partie d'eux-mêmes demeure pour nous un mystère. Et
alors, pendant que les corps se rapprochent, la distance entre les
coeurs peut apparaître infranchissable.
On
aurait cru qu'en nous connaissant davantage, nous aurions pu
faire reculer les frontières du racisme et de la xénophobie.
Mais les préjugés sont tenaces. Souvent, ils se durcissent du
fait que nous nous côtoyons plus facilement. Les pas à faire
pour rejoindre l'autre deviennent plus pénibles quand nous
avons l'impression que sa différence peut menacer notre identité.
L'amour
ne va pas de soi même si l'amour nous est indispensable. Il
n'est jamais acquis une fois pour toutes. Il demande toujours
une sortie de nous-mêmes. Aimer suppose l'ouverture. Et qui dit
ouverture, dit aussi exposition. Aimer, c'est s'exposer. Et
s'exposer totalement jusqu'à ces zones de vulnérabilité qui
forment la faiblesse innée de chaque être. Aimer demande donc
une grande confiance en l'autre, un abandon, le don de soi.
Avant nous, quelqu'un a tracé la route du don de soi. Il s'appelle
Jésus. Il est originaire d'un petit patelin perdu du Moyen-Orient.
Mais il a le coeur aux dimensions de l'univers. Et la faiblesse
totalement exposée. Pour lui, donner veut dire livrer, se livrer.
Au risque de tout perdre.
Depuis deux mille ans, son témoignage ne cesse de nous
rappeler cet essentiel de l'amour. Et de nous dire, chaque fois,
que l'amour est le plus beau visage de Dieu.
- Radio Ville-Marie
- 1 novembre 2000
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