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Spiritualite2000.com
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14
novembre 2001
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L'au-delà
n'est pas le paradis!
par Denis Gagnon, o.p.
ans
le monde musulman, on souhaite ardemment le martyre. Et beaucoup
de disciples de Mahomet mettent en place les dispositifs de guerre
dans l'espérance de mourir. Ils sont prêts au sacrifice
de leur vie terrestre pour faire disparaître le mal dans
le monde, un mal qui, selon eux, vient surtout des états-Unis.
Leur sacrifice est d'autant plus recherchée qu'ils croient
à la vie éternelle. Et pour eux, le martyre est
une garantie, un laisser-passer assuré vers le paradis.
Ils croient _ et de plus en plus fermement _ à une vie
après la vie.
Pendant
ce temps, l'Occident délaisse progressivement la foi en
un au-delà de ce monde. On rencontre de plus en plus de
gens qui ne croient pas à la résurrection. Il y
a quelques années, une enquête révélait
que 50% des Français ne croient pas à l'au-delà.
Et, parmi eux, un bon pourcentage de chrétiens et de chrétiennes,
et même des chrétiens et des chrétiennes qui
fréquentent l'église le dimanche, jour de la résurrection.
De tels pourcentages se retrouvent dans d'autres pays. Nous connaissons
quelque chose de semblable chez nous.
Dernièrement,
un jeune papa dans la trentaine me disait: Si je croyais
au ciel comme les chrétiens le rêvent, je me suiciderais
pour y arriver le plus tôt possible. Dans une entrevue
au magazine français Panorama, le philosophe français
Luc Ferry a dit: Je trouve que ce que nous propose la religion
est trop beau pour être vrai. Que voulons-nous au plus profond
de nous-même? ne pas être séparé par
la mort des êtres que nous aimons. Tout cela la foi chrétienne
prétend nous l'offrir. Le fait que son message corresponde
si bien à ce que j'ai fondamentalement le désir
d'entendre, me paraît suspect. Je crains que la foi ne soit
qu'une magnifique construction humaine... (Juin 1998)
Les
Sadducéens ont donc de nombreux sympathisants parmi nos
contemporains. Je ne serais pas surpris que les Sadducéens
_ ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui _ rejettent la résurrection
à cause des images que nous nous faisons du paradis et
de l'au-delà. Un monde merveilleux! Tout est parfait! Le
bonheur total, la santé absolue, la paix entière!
Nous y retrouvons les gens que nous aimons pour partager avec
eux une vie sans anicroche, sans monotonie, dans l'harmonie éternelle!
Les vacances éternelles avec un perpétuel beau temps
et l'absence de toute catastrophe. Nous imaginons un au-delà
calqué sur notre monde terrestre, les difficultés
et les malheurs en moins, les bonheurs et les réussites
portés à leur maximum. Bref, le ciel serait un retour
au paradis, avant la chute d'Adam et Ève. Un retour à
l'harmonie primitive.
Peut-être
faut-il nous contenter de rêves plus sobres. L'au-delà
n'est peut-être pas le paradis! Jésus se montre plutôt
discret sur toute description de la vie après la vie. Il
évoque les anges pour dire que nous vivrons comme eux.
Mais attention, Jésus ne dit pas que nous perdrons notre
identité humaine. Il ne dit pas que nous serons de purs
esprits et que ceux que nous avons aimés sur terre vont
nous laisser indifférents. Il ne dit pas que nous allons
prendre nos distances, faire chambre à part et nous barricader
dans la solitude qu'aucun microbe ne pourra traverser.
Jésus dit: Ils sont semblables aux anges, ils sont
fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Jésus affirme que les morts vivent dans la proximité
de Dieu, qu'ils partagent la vie de Dieu. Ils sont en communion
avec lui. Ce qui ne les empêchent pas, bien au contraire,
de partager la vie des autres et d'être en communion avec
les êtres qui leur sont chers.
Car
Dieu est le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de
Jacob. Il n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants.
Dieu le vivant ne nous a pas créés pour nous laisser
périr, pour nous laisser disparaître. Dieu nous veut
vivants. Nous croyons que Dieu se fait proche de toute personne
qui traverse la mort: c'est l'essentiel.
Jour
après jour, nous enracinons notre foi dans l'événement
inouï de la résurrection de Jésus de Nazareth.
Nous considérons que c'est pour nous une garantie d'avenir,
un avant-goût de l'au-delà que Dieu nous offre. Oui,
il est grand le mystère de la foi. Comme nous l'exhorte
saint Paul: Laissez-vous réconforter par notre Seigneur
Jésus Christ lui-même et par Dieu notre Père,
lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous
a pour toujours donné réconfort et joyeuse espérance.
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
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