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11
mai 2001 |
«Ce
qui montrera...»
par Denis Gagnon, o.p.
Ces jours-cil, une petite palestinienne de
quatre ans a été tuée lors de tirs d'obus de la part
d'Israéliens. On a riposté en assassinant deux adolescents
juifs dans une caverne des environs de Bethléem. Trois
innocentes victimes de la guerre qui sévit violemment entre
juifs et palestiniens. Trois symboles.
Ces enfants sont sacrifiés à l'autel
des malentendus, des préjugés, de la haine et de la violence.
En ce coin du monde, la haine est bien ancrée. Elle se développe
en escalade continuelle. Elle paraît même indéracinable. Nous
sommes témoins de situations qui ne sont pas nouvelles. Depuis
toujours ou presque, les conflits habitent cette région.
C'est pourtant dans cette même région
qu'a été proclamé l'appel le plus retentissant que la
terre ait connu: «Je vous donne un commandement nouveau:
aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous
aussi, aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous
les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que
vous aurez les uns pour les autres. (Jean 13, 34-35)
Le coeur humain est capable d'aimer. Il
est fait pour cela. Il s'épanouit quand il aime. Au
contraire, la haine l'avilit, le détruit, le déshumanise.
L'amour est possible quand il y a des affinités, quand le bon
vouloir, l'empathie, la confiance sont au rendez-vous.
L'amour est facile quand l'autre nous plaît. Mais les gens
avec qui on ne sent pas d'atomes crochus, quand les
personnalités sont en opposition, l'amour devient alors un
difficile défi. Quand l'autre est l'ennemi, cela devient
impossible.
Jésus demandait d'aimer l'ennemi. Oui,
l'ennemi. Et il savait bien qu'il demandait quelque chose
d'exigeant. C'est d'ailleurs au moment où Judas trahit
qu'il lance son appel. Quelque chose d'exigeant, de très
exigeant même. Une situation limite, vers laquelle on tend sans
jamais l'atteindre définitivement. Pas surprenant que l'on
perçoive l'action de Dieu derrière l'amour qui unira les
disciples. Si ceux-ci parviennent à vivre dans l'unité et
l'harmonie au-delà de leurs divergences et de leurs
oppositions, cela deviendra un signe de la présence et de
l'action de Dieu. L'Esprit sera venu au secours de la
faiblesse humaine. «Ce qui montrera à tous les hommes que vous
êtes mes disciples...»
Dans le conflit au Moyen-Orient, le
religieux se mêle au politique et à l'ethnique. Pouvons-nous
espérer que cette dimension religieuse suscite l'accueil de
l'autre plutôt que le fanatisme? Pouvons-nous espérer que
l'appel de Jésus soit entendu? Pouvons-nous espérer que les
belligérants arrivent à se rejoindre au-delà des frontières
de leurs préjugés et de leurs haines? Et que Dieu puisse
inspirer les uns comme les autres?
Radio Ville-Marie 91.3 FM
« Rythme du matin »
11
mai 2001
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