Durant le temps des fêtes, j'ai reçu une carte de voux d'une
famille amie. La carte était accompagnée d'une photo des
jeunes parents entourés de leurs trois beaux garçons. Dans le
message, les parents m'annonçaient: «Les garçons vont avoir
une petite sour au printemps. Et toute la famille est déjà
heureuse de la bonne nouvelle.»
Un jeune couple qui a moins de dix ans de mariage et quatre enfants.
Situation rare, de plus en plus rare. Au Québec, à peine 18%
des familles ont trois enfants et plus. Nous sommes plutôt
habitués à des ménages sans enfant ou des familles à un
enfant. Depuis 1970, les statistiques révèlent que le nombre
moyen d'enfants par femme se limite à moins de deux. Nous
voyons de plus en plus d'enfants qui vivent avec un seul de
leurs parents. Depuis 1986, 20 000 couples se séparent chaque
année. On parle aussi de familles reconstituées ou recomposées
pour désigner une nouvelle alliance d'un parent avec un autre
conjoint que le père ou la mère des enfants. De plus en plus
d'enfants se voient assigner plusieurs papas ou plusieurs
mamans. Tout bouge dans le petit monde de la famille.
Petit monde et pourtant grande influence sur l'ensemble de la société.
La famille est la première société que connaissent les
enfants. C'est leur premier lieu d'apprentissage de la vie
en société. C'est donc dire toute l'influence que la
famille exerce sur les jeunes citoyens et les jeunes citoyennes
qui entrent ainsi progressivement dans l'univers des grandes
personnes.
La famille influence la société, mais elle-même est influencée par la
société. Les chambardements qu'elle connaît lui viennent en
grande partie des transformations profondes que connaît la
communauté humaine. Les valeurs mises de l'avant de nos jours
exercent un impact sur les options familiales. L'importance
qu'on accorde de plus en plus à l'individu fait en sorte
qu'un homme ou une femme va donner plus de poids à sa carrière
qu'on pouvait le faire autrefois. Et accorder plus de place à
la carrière, c'est souvent en mettre moins sur la famille et
sur les enfants dont on rêve.
Mais au-delà des transformations sociales qui amènent les changements
familiaux, il y a l'amour. C'est le fondement d'abord du
couple, puis de toute la famille. Sa quête reste la même. Son
impact sur la réalisation et l'épanouissement de chaque
membre de la famille demeure essentiel. Pour les chrétiennes et
les chrétiens, la foi donne au projet familial une orientation,
la même depuis Jésus et pourtant une orientation toujours
neuve.
À des noces à Cana en Galilée, Jésus révèle l'intention de Dieu
concernant la réalité familiale comme toute réalité humaine.
Les signes que relate le récit selon saint Jean font voir le
couple et la famille comme une alliance inscrite dans
l'alliance de Dieu avec l'humanité. Un homme et une femme
qui donnent la vie et se donnent la vie mutuellement expriment
de cette façon le don de vie que Dieu offre en son Fils. Les
membres d'une famille où règne l'amour disent quelque
chose de l'amour de Dieu pour l'humanité. À travers l'éducation
qu'ils reçoivent, des enfants accèdent à une liberté
enracinée dans la libération pascale du Christ. Éminente
dignité de l'amour conjugal et familial que Dieu choisit pour
se dire et communiquer avec nous.
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
- « Rythme du matin »
- 12 janvier 2001
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