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1
décembre
2000 |
Espérance, espérance, espérance
!
par Denis Gagnon, o.p.
Cette
semaine, j'ai rendu visite à Jacqueline, une étudiante
universitaire, originaire du Cameroun. Jacqueline me présenta son
enfant de dix mois, un beau garçon au nom délicieux.
Il s'appelle Loïc. L'enfant me regardait; il souriait
comme s'il me connaissait depuis toujours. Il était en
confiance. J'avais devant moi une image de l'espérance.
Loïc a un
tout petit passé de dix mois, mais nous espérons que de
nombreuses années d'avenir se trouvent devant lui. Son histoire
est courte, très courte, mais son avenir, nous le souhaitons très
grand. Cet enfant est tout entier promesse, rêve, aspiration, espérance.
Au théâtre
du monde, on joue souvent la carte de l'inquiétude et de la
morosité. Nos sociétés traversent des moments de grande
turbulence. Les découvertes scientifiques et les changements
technologiques amènent des bouleversements de toute sorte. Les
avancées de la biologie et de la médecine nous laissent deviner
les immenses potentialités de la nature. En même temps, nous
avons peur des dérives possibles, par exemple en matière de
manipulations génétiques. Le phénomène de la mondialisation
nous envahit. Il a sans doute de bons côtés, mais nous sommes
perplexes devant ses effets nocifs. Alors que nous produisons de
plus en plus de richesses, la pauvreté inonde nos sociétés
modernes et pas seulement les pays dont le développement est peu
avancé. La famille et le couple connaissent aussi l'épreuve.
Persévérer en amour n'a jamais été facile, mais actuellement
c'est un défi de taille. La terre subit donc un coup de vieux.
Elle attrape tous les virus qui passent. Elle faiblit. La crise
est forte. La nuit est longue. Comme dirait le marin ou le nageur,
la terre en boit une tasse!
Dans ce
tableau sombre et inquiétant, apparaît Loïc. Cet enfant vient
contester les vieillissements de notre monde. Il vient dire à nos
rides et à nos courbatures que la vie est forte, puissante. À
nos hésitations, à nos retenues, il parle d'audace, d'intrépidité.
C'est un peu naïf, de la naïveté qui habite tous les enfants.
Après tout, les enfants ont, de la vie, une trop courte expérience
pour jauger vraiment bien la réalité. Mais, par contre, ils
n'ont pas nos préjugés, nos idées toutes faites. Leur regard
est neuf, leur imagination inventive. Les enfants nous
interpellent. Ils nous donnent un témoignage de confiance. Ils
nous invitent à oser.
En cela, Loïc
et sa génération nous parlent à la manière de Jésus de
Nazareth. Un jour, Jésus évoquait les changements du monde. Il décrivait
les transformations radicales que doit subir l'univers. Au
milieu de son discours, il lança: «Quand ces événements
commenceront, redressez-vous et relevez la tête» (Luc 21,
28). Je comprends ces mots comme ceci: résistez, ne baissez pas
les bras, ne succombez pas à la tentation de la peur, ne vous
laissez pas abattre par les moments pénibles que vous traversez.
Au lieu de subir, prenez l'affaire en main. Ne fuyez pas. Osez.
Inventez des solutions neuves pour les situations inédites que
vous connaissez. N'oubliez pas la leçon que vous donnent les
enfants.
Espérance, espérance, espérance. D'autant plus
que nous avons été créés par un artisan de vie. Dieu donne la
vie et ne peut que donner la vie. Son souffle peut même
ressusciter les morts. Déjà, il a ressuscité Jésus de
Nazareth. C'est la promesse de bonheur que le créateur adresse
à toute l'humanité.
- Radio Ville-Marie
- « Rythme du matin »
- 1 décembre 2000
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