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Spiritualite2000.com
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8
septembre
2001
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Le
Très-Humble
par Denis Gagnon, o.p.
La
Bible et la liturgie nous ont habitués à donner
à Dieu des noms grandioses: le Tout-Puissant,
le Très-Haut, le Très-Grand,
le Seigneur! Et pourtant, l'histoire de la présence
de Dieu au sein de l'humanité dit souvent le contraire.
Dieu se présente très humble, discret, caché!
Le
livre le plus lu sur la terre, c'est la Bible. Dans ce gros livre,
nous croyons lire la Parole de Dieu. Chaque célébration
liturgique comprend une liturgie de la Parole de Dieu. Nous cherchons
constamment sa Parole dans les événements qui jalonnent
notre vie. Et pourtant, l'expérience spirituelle que nous
faisons nous révèle un Dieu discret. Nous faisons
l'expérience du silence de Dieu. Principalement aux jours
d'épreuves et d'angoisse. Depuis les tout premiers balbutiements
de la foi, Dieu se fait connaître dans l'humilité.
Dieu ne s'impose pas. Dieu ne se rend pas évident. C'est
un petit buisson qui brûle. C'est une brise légère.
C'est un souffle fragile. C'est une lumière qui souvent
vacille.
L'humilité
de Dieu s'est exprimée, dans tout son paradoxe, dans un
petit enfant, le fils d'une pauvre jeune femme qui a accouché
en plein voyage. Le récit dit qu'à sa naissance
le bébé eut pour berceau une mangeoire d'animaux.
Dieu a grandi dans un village qui n'avait pas la réputation
de produire de grands personnages. Il a parcouru les chemins d'un
pays sans renom, les sentiers de moutons comme les routes principales.
Il s'est assis à la margelle des puits pour se reposer
et de désaltérer, comme tout le monde. Il s'est
penché sur des malades avec bonté, sans allure hautaine.
Il a mangé avec de pauvres gens. Et il a poussé
l'humilité jusqu'à accepter d'être rejeté
et condamné afin que le désir de s'entendre
l'emporte sur la guerre, afin que la soif de vengeance
[fasse] place au pardon et que l'amour triomphe de
la haine (Prière eucharistique pour la réconciliation
II).
Les
premières pages de la Bible nous avaient dit que nous étions
créés à l'image de Dieu. Mais voilà
que nous découvrons que c'est plutôt Dieu qui se
fait à notre image et à notre ressemblance. Ou du
moins, à ce que nous pourrions être: des hommes et
des femmes de bonne entente, des hommes et des femmes de pardon.
L'humilité de Dieu nous a appris ou rappelé que
nous ne sommes pas faits pour nous dominer les uns les autres,
mais pour faire attention les uns aux autres. Notre bonheur n'est
pas fait de puissance et de conquête, mais plutôt
d'ouverture aux autres, de partage, de compassion, de don. Il
n'y a pas de plus grand amour (et de plus grand bonheur!) que
de donner sa vie pour ses amis.
Dans
toute son humilité, Dieu ne nous dit pas de nous mépriser
pour aimer les autres. Donner sa vie ne signifie pas s'écraser,
se détruire. Dieu, l'humble Dieu, nous dit qu'il n'y a
pas d'amour sans l'aveu de notre pauvreté, sans la reconnaissance
de la grandeur et de la richesse de l'autre. Ben Sirac dit: L'idéal
du sage, c'est une oreille qui écoute (Siracide 3,
29). L'idéal de tout être humain, c'est attendre
quelque chose de l'autre plutôt que de chercher à
se suffire à soi-même. Et Jésus d'ajouter
une invitation à vivre avec les autres dans la gratuité:
Tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre
(Luc 14, 14).
Depuis plus de deux mille ans, des hommes et des femmes se rassemblent
autour d'une table. Devant eux, un peu de pain, un peu de vin.
Presque rien, d'humbles choses. Et ils chantent les merveilles
de Dieu. Quand ils proclament: Dieu Tout-Puissant, le Très-Haut,
le Très-Saint, le Très-Grand, ils pourraient
ajouter en toute vérité: le Très-Humble!
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
- « Rythme du matin »
- 9 septembre
2001
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