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Spiritualite2000.com
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29
octobre 2002 |
L’amour
doit être aimé
par Denis Gagnon, o.p.
urant
trois longues semaines, la région de Washington aux états-Unis
a vécu dans l’inquiétude et l’angoisse
à cause de tireurs qu’il faut qualifier de «fous»!
À Moscou, un commando tchétchène a détenu
en otages entre 600 et 700 spectateurs qui assistaient à
un spectacle dans un théâtre de la capitale russe.
Alors que les guerres sont devenues absolument immorales à
cause du raffinement de leurs armes, le président des états-Unis,
le pays soi-disant le plus puissant au monde, veut attaquer Saddam
Hussein et l’Iraq dans une lutte sans merci. Au Moyen-Orient,
la violence monte en escalade entre Israël et la Palestine.
À côté de ces conflits à grande échelle,
il y a les assassinats à l’unité, les meurtres
conjugaux, les tentatives sadiques pour quelques dollars, le suicide.
Sur la planète, ça joue dur! La confrontation à
plein rendement!
Que faire? Les gouvernements des pays du monde réagissent.
Ils mettent en place des dispositifs de sécurité.
Ils renforcent la police. Ils établissent des lois pour protéger
les populations. Ils renforcent la surveillance à leurs frontières
respectives. Tout pour que les citoyens et citoyennes puissent vivre
et vaquer à leurs occupations en toute tranquillité.
Les efforts de paix donnent de bons résultats. Mais la haine
aussi parvient à ses fins. La violence est toujours là,
non seulement comme moyen de défense mais aussi pour faire
mal, pour satisfaire les sadiques. On aura beau mettre en place
des mécanismes de défense, le mal continuera de germer
et d’enfouir ses racines dans tous les jardins du monde. On
aura beau lutter pour plus de justice, inventer des moyens d’assurer
le respect de la dignité humaine, la haine n’arrêtera
pas ses ravages, elle continuera de frapper et de blesser.
Le Christ a proposé l’amour comme la meilleure arme
contre la haine et la guerre: «Tu aimeras ton prochain comme
toi-même». Mon prochain comme moi-même. Comme
un autre moi-même. Comme mon coeur, comme mon corps, comme
ma vie. Aimer l’autre comme une part de ce que je suis. Aimer
l’autre parce que je partage avec lui, avec elle une même
humanité.
Jésus n’est ni le seul ni le premier à prôner
l’amour. L’amour est un besoin fondamental de la nature
humaine. Chaque être humain est ouvert à la relation.
Chaque être humain a besoin de créer des alliances.
Chaque être humain a besoin d’être connu et reconnu.
Chaque être humain a besoin d’être entendu et
embrassé.
Pourquoi? Fondamentalement parce qu’il est l’image
de Dieu et que Dieu est amour. Nous sommes faits pour l’amour
et notre coeur ne peut vivre sans l’amour. Nous avons constamment
soif des autres, de les entourer de notre affection, de solliciter
leur attention. Même les pires haines sont des appels à
l’amour. Les pires déchéances, les plus grandes
violences sont le fruit d’une carence au niveau de l’amour.
Ainsi donc l’amour seul peut faire taire les armes. La violence
ne peut avoir le dernier mot si l’amour entre en scène.
Aucune justice ne peut triompher sans que l’amour la soutienne.
Aucune loi, aucune police ne peuvent assurer le respect mutuel si
elles ne suscitent pas en même temps l’accueil des autres
et l’amour du prochain.
Ces jours-ci, Statistiques Canada a publié son rapport pour
l’année 2001. On observe au Canada une diminution sensible
des engagements dans le mariage. Par contre, on y remarque une montée
de l’union libre. Je ne veux pas déprécier l’union
libre. Un homme et une femme peuvent s’aimer au point de choisir
de cohabiter, de vivre ensemble sans aller jusqu’au mariage.
Plusieurs de ces amours sont authentiques, de vraies amours.
Mais je ne peux que m’inquiéter que la société
perde l’institution du mariage. La société a
besoin que des couples s’engagent à réaliser
une forme de l’amour qui assure la vitalité de la société.
C’est à travers la vie des couples et de leur famille
que la société se construit, grandit et tend vers
sa maturité. La société compte sur des hommes
et des femmes qui non seulement accueillent le sentiment qu’ils
ont l’un pour l’autre, mais aussi mettent en oeuvre
tous les moyens possibles pour que leur union persévère
et devienne une famille, une société dans la société.
Je ne peux que m’inquiéter que de moins en moins de
chrétiens et de chrétiennes choisissent le mariage
comme sacrement de l’amour du Christ pour l’humanité
et pour son église. Le témoignage public et publicisé
des couples mariés est essentiel pour l’annonce de
l’évangile à nos contemporains. L’église
a besoin de couples qui traduisent dans leur coeur, dans leur tête
et dans leur corps qu’«il n’y a pas de plus grand
amour que de donner sa vie pour ses amis» (Jean .15, 13).
Il faut de ces alliances qui révèlent le Christ, lui
qui a fait même de sa mort une mort pour les autres, qui a
choisi que sa mort devienne un acte d’amour absolu et inconditionnel.
Le monde a aussi besoin d’amitiés. Il a besoin que
des êtres humains se lient les uns aux autres, partagent leurs
aspirations les uns aux autres, comptent sur leur solidarité
mutuelle, sur leur soutien mutuel. Le monde a besoin d’amitiés
fidèles et indéfectibles. Ce n’est pas tout
d’avoir un bon sentiment général. La paix dans
le monde ne dépend pas seulement de la sympathie ou de l’empathie
en général. Des liens véritables, des liens
solides sont nécessaires.
L’amour est grand. L’amour doit être aimé.
Le Christ en a même fait un culte: «Tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout esprit.
Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second,
qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu’il y a dans l’écriture _ dans la Loi
et les Prophètes _ dépend de ces deux commandements.»
(Matthieu 22, 37-40)
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