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Spiritualite2000.com
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13
octobre 2002 |
Changer,
c’est vivre
par Denis Gagnon, o.p.
es
jours-ci, les catholiques célèbrent le quarantième
anniversaire de l’ouverture du concile oecuménique
Vatican II. Déjà quarante ans, me direz-vous! Les
effets de ce grand événement nous sont tellement présents
que nous avons l’impression que la dernière session
conciliaire vient à peine de se terminer.
Avons-nous tout le recul nécessaire pour en faire une bonne
analyse? Les journaux et les revues publient la réflexion
de grands spécialistes. Des propos, pour la plupart, fort
pertinents. Ce billet veut ajouter son grain de sel.
La plupart des chrétiens _ qu’ils soient catholiques
ou non _ diront que la liturgie est la plus grande révolution
opérée par le concile. Il est vrai que le changement
a été retentissant. Le jour et la nuit. Les jeunes
générations ne peuvent imaginer l’écart
entre autrefois et maintenant. Il reste encore beaucoup de travail
à faire pour réaliser pleinement les attentes des
pères conciliaires. Peut-être surtout des conversions
intérieures, un changement de mentalité à opérer,
de vieux réflexes à abandonner.
Le concile a ouvert de nouveau la Bible. Depuis quelques siècles,
celle-ci dormait paisiblement au fond des tiroirs. On cherchait
et trouvait ailleurs la Parole de Dieu, négligeant ce lieu
principal où Dieu s’adresse à son peuple, à
nous. Le mouvement de retour à la Bible était lancé
depuis plusieurs années, notamment grâce à l’école
biblique de Jérusalem. Mais Vatican II a canalisé
la réflexion et dynamisé les efforts en ce domaine.
Au point que nous nous demandons maintenant: comment avons-nous
pu ignorer aussi longtemps ce qui est au coeur de notre foi, ce
qui la nourrit et en donne le sens?
Jean XXIII et, après lui, Paul VI ont soutenu le dialogue
oecuménique qui, jusque-là, se faisait plutôt
discret. De formidables rapprochements ont été opérés
dans le cadre du concile. Les déclarations, les décrets
et autres messages sur la question ont conduit à une meilleure
compréhension mutuelle. L’unité est possible,
nous y croyons même si les pas sont lents. Surtout peut-être
parce qu’ils sont lents, car les apprivoisements demandent
du temps. Nous connaissons aussi d’autres rapprochements grâce
au concile et dans son prolongement: avec les juifs, les musulmans,
les bouddhistes. Jean-Paul II a poursuivi la démarche, notamment
dans les rencontres d’Assise, rencontres qui ont suscité
d’autres initiatives semblables un peu partout à travers
le monde.
Le concile a bousculé les choses, les institutions, surtout
les personnes. Les changements sont énormes. Ils sont réalisés
rapidement, à la vitesse des transformations sociales. Certains
le regrettent. D’autres considèrent qu’il y a
là une grâce, la principale grâce du concile.
L’église est redevenue itinérante. Elle a repris
le bâton du pèlerin. Elle s’est engagée
sur la route de ses ancêtres pour un nouvel exode. À
la suite du Christ, elle veut résolument marcher vers Jérusalem,
vers une terre que Dieu continue de promettre, une terre toujours
en avant, une promesse qui garde constamment en marche.
Au pied du Sinaï, à attendre Moïse, les Hébreux
ont fini par réinventer des idoles. Une église qui
s’arrête de marcher risque facilement de créer
de nouveaux absolus et de perdre sa nature. Elle risque de ne plus
être en cheminement.
C’est dans la liberté que nous inspirent les béatitudes
que nous devons continuer de changer. Nous le ferons non seulement
pour être fidèles au concile Vatican II, mais aussi
parce que Dieu nous veut en marche, parce que le Christ nous entraîne
dans son propre pèlerinage, parce que l’église
ne peut continuer de vivre qu’en gardant son regard tournée
vers l’avenir, dans l’attente active de son Seigneur.
Changer, c’est vivre, comme dirait l’Esprit Saint!
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