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3
mars 2002
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Liberté
!
par Denis Gagnon, o.p.
'ancienne
présidente d'ATD-Quart-Monde, Geneviève de Gaule-Anthonioz
a dit: Nous avons connu deux totalitarismes dans ce siècle,
le nazisme et le communisme. On est en train d'installer celui de
l'argent. C'est vrai que l'argent prend de plus en plus de
place dans nos vies. L'argent que nous possédons et celui
qui nous manque. Pendant que la religion se retire dans la discrétion
du nid privé, l'économie s'avance et prend de plus
en plus de place dans l'espace public. Elle influence tout. Elle
s'impose et décide beaucoup, même dans les domaines
où elle n'est pas directement concernée.
Un
nouveau totalitarisme, un autre absolu. Une dépendance qui
rejoint la horde de tant d'autres comme la cigarette, l'alcool,
la drogue, comme l'internet, la loterie et le casino. Ou d'autres
moins radicales, mais tout aussi envoûtantes comme le chocolat
ou les croustilles. La liste peut s'allonger à l'infini et
former un catalogue dont les proportions dépassent l'entendement.
La
plupart des éléments de la liste constituent de bonnes
choses en soi. Inoffensives, ces choses se transforment en d'irrésistibles
tentations. Souvent sans nous en apercevoir, nous succombons sous
leur charme.
Nous
rêvons à la liberté, nous la recherchons constamment.
C'est l'oxygène du coeur. Malheureusement, c'est du bout
des doigts que nous finissons par l'attraper. Se trouve-t-elle déjà
dans notre coffre au trésor, elle se dissimule parmi d'autres
joyaux. À la moindre distraction de notre part, elle s'échappe.
Subtilement, nos dépendances nous ensorcellent. Nous les
chérissons jusqu'au jour où les chaînes deviennent
trop lourdes. Nous nous débattons alors pour retrouver l'air
frais et regagner notre autonomie.
Nous
vivons une culture de consommation. Nous ne pouvons l'éviter.
Comment trouver et garder sa liberté devant tant de sollicitations?
Une certaine distance est possible. Elle est même nécessaire.
Les anciens, plus que nous, connaissaient le jeûne et l'abstinence.
Ils les pratiquaient régulièrement. Histoire de reprendre
sa vie en main. Jeûner, c'est reconnaître que notre
domaine a ses frontières au delà desquelles la liberté
s'enfuit.
Le
jeûne a été longtemps considéré
comme un combat ambigu avec le corps. De nos jours, le jeûne
peut s'avérer signe de l'acceptation du manque, et explosion
du rapport compulsif à la dépendance caractérisant
notre temps. Il s'agit de découvrir qu'il nous manque, tout
en évitant de tomber dans le contrôle effréné
du corps typique de l'anorexie. Le chemin est étroit qui,
d'un côté, accueille la pesanteur corporelle de nos
vies, et , d'un autre côté, s'ouvre à la grâce,
allégeant parfois les plus lourds fardeaux. (Jacques
ARÈNES, La Vie, 21 février 2002, p. 55)
Chez
nous, certains ont lancé un mouvement en faveur de la simplicité
volontaire. Vivre en deçà de ses désirs et
de ses besoins pour ne pas se laisser envoûter par le charme
du gain et les tentations de la possession.
Sauver
la liberté en refusant les totalitarismes et les dépendances.
Atteindre l'autonomie comme une dimension importante de la maturité
humaine. Et une dimension de la foi aussi, car Dieu peut alors demeurer
Dieu et l'humain un humain.
- Radio Ville-Marie 91.3 FM
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