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Spiritualite2000.com
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14
janvier 2002
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Partez, mais restez !
par Denis
Gagnon, o.p.
'était
fête, hier soir, chez les Xavières de la Côte-Sainte-Catherine!
Virginie quitte le pays pour la mère-patrie. Fête
n'est sans doute pas le terme juste. Il faudrait dire que nous
avons souligné le départ de la nouvelle économe
générale. Mais tout avait les allures de la fête.
La maison était pleine, des adultes et surtout des jeunes,
des enfants.
C'était retour au passé, ces jours-ci, dans ma
tête. J'ai rencontré Donald de passage à Montréal.
Naguère, nous avons réalisé quelques projets.
Dans nos jeunes années! Donc, il y a déjà
assez longtemps!... Nous avons parlé de Jules et de Claude
qui ont changé leur parcours. Et du même coup, j'ai
pensé à Colette et à Gilles. Puis, à
Louisiane et à Claude... Et combien d'autres qui faisaient
partie du paysage à l'époque.
C'était encore retour au passé quand le journal
m'a appris le décès de Paulette que j'ai connue
il y a plus de vingt-cinq ans. Elle laisse Pierre, Louise, Mario,
Sylvie, et combien de souvenirs du bon temps de mes premiers essais
en pastorale.
Retour au passé, nostalgie, souvenirs: les mots du temps
_ les maux, peut-être? _ réveillent les émotions,
quelques joies, quelques tristesses. Il en est passé des
gens dans ma vie. Des milliers. À l'adolescence, à
l'époque des compilations, j'avais pensé dresser
la liste de toutes les personnes que je connais. Il me manquerait
du papier pour le faire aujourd'hui. J'aurais sans doute le disque
dur saturé!
Qu'ont-ils laissé en moi, ces proches, ces amis et ces
connaissances, et ces anonymes, ces occasionnels, ces inconnus?
Toutes ces personnes ont sculpté ma vie d'une manière
ou d'une autre, depuis mon père et ma mère qui ont
eu la bonne idée de me donner naissance. Mon histoire est
marquée par toutes ces rencontres.
Des proches ont eu beaucoup d'influence sur moi. Mais je suis
persuadé que certaines rencontres très éphémères
ont laissé des traces. Peut-être même des traces
plus profondes que les meilleurs colloques, que les relations
les plus intimes. Nous ne sommes pas toujours conscients de l'impact
de nos paroles et de nos attitudes. Un mot peut impressionner
pour toujours. Un silence peut parler et résonner longtemps
avec tout ce qu'il peut vouloir dire et laisser entendre. L'écho
ne meurt jamais totalement...
Nous sommes reliés les uns aux autres et, ainsi, nous
nous fabriquons mutuellement. Même l'ermite le plus retiré
ne peut pas dire qu'il n'a pas eu besoin des autres un jour, ni
n'a pas encore besoin d'eux maintenant. L'amour des autres nous
rend heureux. Mais l'amour n'est pas la seule source de notre
bonheur. La liberté ne germe en moi que si j'ai appris
des autres la joie de me sentir libre. Bref, je dois tout aux
autres, à tous ces autres qui traversent mon existence
de près ou de loin.
Et j'ai dû, je dois, moi aussi, avoir quelque impact sur
mes rencontres. Je dois, moi aussi, laisser quelques traces dans
les nombreuses vies qui croisent la mienne. Je donne, moi aussi.
Et probablement que je transmets beaucoup de richesses que j'ai
déjà reçues. Les trésors de l'humanité
vont de l'un à l'autre en passant par l'un et l'autre.
L'univers est le théâtre d'une immense course à
relais. C'est le vieux saint Paul qui disait quelque part: Qu'as-tu
que tu ne l'aies reçu?
Virginie rentre chez elle. Donald est retourné dans son
patelin. Paulette est décédée. Tout a l'air
fini. Mais le fini se multiplie à l'infini. Depuis sa naissance,
l'être humain s'étale et l'écho de ses paroles
et de ses gestes ne s'éteint jamais. Amis et connaissances,
je vous laisse partir car je sais très bien que vous restez!
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
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